Écrivains
du sud des rives de la Méditerranée, de
l'Atlantique au canal de
Suez
Un
thé sur la montagne
Paul
Bowles. 1910, décédé 1999.
Écrivain
américain qui a vécu au Maroc, à Tanger.
C'est
Gertrude Stein, rencontrée à Paris au cours des années 30, qui le
pousse à écrire et à s'installer à Tanger
Il
fait partie de la beat génération, Burroughs, Kerouac. La
pédérastie était dans les mœurs, ainsi que la pédophilie.
Le
livre est une série de nouvelles sur Tanger.
Belle
description de lieux que je situe parfaitement, le détroit de
Gibraltar, la mer, avec l'Espagne qu'on ne peut voir que par beau
temps. Séries d'histoires anecdotiques sur la ville et ses
habitants.
Il
y a aussi une nouvelle intitulée Un thé au Sahara dont Bernardo
Bertolucci a fait un film.
Pour
conclure, Bowles écrit comme on capture des instantanés.
Ingrid
L’art
de perdre
Alice
Zeniter
L’Algérie
dont est originaire sa famille ’a longtemps été pour Naïma
qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une
société française traversée par les questions identitaires, tout
semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien
pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a
été racontée ?Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort
avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait
de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être
répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à
Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps
de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie
de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans
une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte
le destin, entre la France et l’Algérie, des générations
successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais
ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi,
au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.
Hamida
L'IMPASSE
DES DEUX PALAIS
Naguib MAHFOUZ
Gros roman dans l'Egypte des années
1917-1919 (paru en 1956).
Histoire d'une famille égyptienne :
le père, commerçant important très autoritaire, sa femme entièrement soumise
aux desiderata de son mari, les enfants.
Amina, dans un dévouement absolu pour son
mari, vit confinée dans le palais et ce sera le drame le jour où son fils
l'entraînera dehors pour une cause, à nos yeux de femmes occidentales, bien
anodine tournée vers le religieux.
En toile de fond aussi la révolution qui
se prépare, les égyptiens voulant se débarrasser des britanniques qui les
oppriment notamment du fait de leurs intérêts liés au canal de Suez.
C'est une lecture qui demande de la
disponibilité mais passionnante.
Claude
Zabor
ou les psaumes,
est une belle ode à l'écriture, aux mots, aux livres
Kamel
Daoud, né en1970
en Algérie,
est un écrivain
et journaliste
algérien
d'expression française, s'il écrit en français et non en arabe,
c'est, dit-il, parce que « la langue arabe est piégée par le
sacré, par les idéologies dominantes. On a fétichisé, politisé,
idéologisé cette langue»
Un
conte façon mille et une nuits, l'histoire d'un enfant banni,
passionné par les livres, l'écriture et la langue française, Il a
été mis à l’écart par son père qui a répudié sa mère alors
qu’il était nouveau-né. Celle-ci meurt quand il est tout jeune et
il va vivre avec sa tante toujours relégué par son père, boucher
fortuné. Zabor, qui est sujet à des crises, des vertiges et des
hallucinations, est pour lui et son prestige, une infamie.
Ismaël
qui se renomme lui-même Zabor, est chétif, non circoncis, il a une
voix de chèvre, enfant, il a des hallucinations qui font penser à
la possession et qui lui feront quitter l’école. Il va inventer
mille histoires et découvre le pouvoir infini des mots. Depuis
toujours, il est convaincu d’avoir un don : s’il écrit, il
repousse la mort; celui qu’il enferme dans les phrases de ses
cahiers gagne du temps de vie. Telle une Shéhérazade sauvant ses
semblables, il expérimente nuit après nuit la folle puissance de
l’imaginaire. "Ecrire est la seule ruse efficace contre la
mort. Les gens ont essayé la prière, les médicaments, la magie,
les versets en boucle ou l'immobilité, mais je pense à être le
seul à avoir trouvé la solution: écrire." Au fil du temps, la
réputation de Zabor
se propage; de plus en plus de gens viennent solliciter son pouvoir
de s'opposer à la grande Faucheuse. Il découvre aussi la sexualité
à partir de journaux français où sont étalés des corps de
femmes. Zabor rêve d'épouser Djemila, qui ne sait ni lire, ni
écrire, une femme répudiée avec deux enfants, afin de lui rendre
son corps.
Son
père, Hadj Brahim est mourant et ses 1/2 frères l'appellent pour
sauver celui qui n'a jamais su l'aimer, mais il est un devenu un
homme libre...a t'il encore envie de sauver son géniteur et aider
les siens qui commencent à se distribuer les terres, les moutons ?
Veut-il enfin se faire reconnaitre par lui ?
Appelé
au chevet de son père, Zabor voit son don s'essouffler, insensible
incapable d'amour ou de tendresse envers ce vieillard qui l'a rejeté.
Le
texte est construit au fil de la pensée de Zabor, le narrateur. Il
nous livre son histoire, ses doutes, ses projets et ses réflexions
sur son don. Construit à la manière des Milles et une nuit, texte
régulièrement cité dans le roman, le récit se livre par petit
bout. On y pénètre par allers-retours dans le temps et par
association d’idées. Les pensées de Zabor se mêlent, parfois
introspection et parfois description de l’instant.
Anne
« Nulle part
dans la maison de mon père»:
Assia Djebar
Elle
évoque son enfance et son adolescence à Alger avec un père,
instituteur indigène, qui reste attaché à une rigueur
musulmane.
Il
s'offusque que sa fillette montre ses jambes en tentant
d'apprendre à faire du vélo.
Plus
tard, il déchirera la lettre anodine que lui a adressée un jeune
homme.
Mais
ce même père l'a libérée de l'enfermement en lui faisant faire
des études.
A
l'heure du bilan, Assia constate que l'empreinte du père l'a
beaucoup marquée, elle est restée entre deux, à la fois libre et
entravée.
Hélène
« Le
Grain Magique »
par Marguerite Taos Amrouche.
Une
anthologie de contes, proverbes, poèmes
Kabyles
collectés par une grande dame de l Algérie qui fut aussi chanteuse.
Le
conte du chêne de l’ogre, proche de notre petit chaperon rouge
inspira Idir pour sa célèbre chanson Avava Inouva.
Christine
BD
:Amazigh (cela signifie Homme libre en berbère )
Ecrite en
français par Cédric Liano né en 1984 à Creil,comme moi, et
dessinée par Mohamed Arejdal né en 1984 aussi dans le Sud marocain
,artiste multiformes ,considéré comme un électron libre talentueux
.
En
2007,ce dernier est sélectionné par la Biennale de Bari puis par l
Institut du monde arabe en 2014 pour l' exposition :Le Maroc
contemporain.
C'est
à Tétouan qu'ils se rencontrent où Liano vient enseigner
quand Mohamed y étudie
Amazigh
retrace le parcours vécu par Mohamed qui à 17 ans tente une
traversée clandestine aux Canaries ,persuadé que l,Europe est
promesse de bonheur et de richesse procurés par son talent.
Parti
avec un ami ,il connaîtra le terrible sort des clandestins que l'on
vole ,maltraite,méprise.
Son
expulsion sur sa terre natale lui réservera une bienheureuse
surprise qui lui permettra de faire évoluer son talent .
Le
dessin sans fioritures est soutenu par un texte plein d
émotions souvent bouleversantes.
Les
hommes construisent des murs alors qu'ils devraient construire des
ponts ... pourrait être la morale de cette BD.
Monique
Prochaines rencontres du groupe lecture :
Lundi 22 Novembre 19h à la maison de quartier du Petit Pantin
Le thème sera : "l'obscurité dans la poésie ou dans dans un roman".
Ainsi que des échanges autour de nos dernières lectures.
Lundi 10 janvier 2022 nous nous proposons de lire :
"la bâtarde d'Istanbul" d'Elif Shafak. Nous échangerons aussi autour
de nos dernières lectures.