La Bâtarde d'Istanbul suite

 

Elif SHAFAK est une écrivaine turque, née en 1971 à Strasbourg (France). Elle appartient à une élite moderniste. Elle a passé son enfance dans divers pays du moyen–orient avec une mère diplomate, et poursuivi des études supérieures aux USA. Mariée à un journalise, elle est mère de deux enfants.

En 2007, elle s’exile à Londres suite à la sortie de l’ouvrage dont nous traitons. Mise en examen, par l’état turc, il lui a été reproché de porter atteinte à l’intégrité nationale en évoquant le génocide arménien de 1915.

C’est l’écrivaine la plus lue en Turquie. De confession soufi, elle a reçu en 1998, le prix RUMI, pour son livre « PINHAM », qui récompense le meilleur ouvrage littéraire mystique turc.

Polyglotte, elle a écrit une trentaine de livres dont treize en langue turque, neuf en français, cinq en anglais et deux en allemand. Son dernier ouvrage en 2021 « l’ile aux arbres disparus », traite du statut politique de Chypre, ce qui lui vaut des critiques réprobatrices de nationalistes turcs.

Féministe, elle aborde « courageusement » dans ses écrits la condition féminine dans une société où la sexualité est taboue, qu’elle traite de manière romancée dans « la batarde d’Istanbul ». L’intrigue du roman se passe de part et d’autre de deux pays, la Turquie et les USA, dans deux univers culturels traditionnels, dans deux familles, turque et arménienne, séparées par la question du conflit turco-arménien de 1915.

De manière plus large, cet ouvrage montre « un va et vient » entre des traditions et des modernités, une transmission intergénérationnelle contradictoire et ambiguë faite de bricolages de valeurs et de comportements de soumission qui s’entrelacent avec des ressources modernes principalement la liberté des femmes. La place de l’homme est remise en question, des stratégies féminines se font jour, marquée par une forte solidarité féminine mais paradoxalement l’homme bien que inexistant ou parfois invisible, reste au centre des préoccupations de ces femmes.

Au delà, de cette ambiance apparemment touchante, au cœur d’inextricables liens entre ces deux familles, une transgression, celle de l’inceste, une pratique déshonorante qui touche à l’honneur  de la famille. La « batarde d’Istanbul » parle d’une naissance illégitime en dehors du mariage qui cache un tabou plus grave, celui de l’inceste, et celui qui le transgresse doit payer et laver son honneur.

On relève dans le roman, de manière transversale, la dénonciation d’une radicalité islamiste qui rapetisse la pensée intellectuelle moderniste et séculaire. La religiosité est hybride et sert de refuge culturel.

L’auteur ornemente ce roman d’une profusion de descriptifs gastronomiques, une façon de montrer les liens ancestraux entre ces deux familles, avec peut-être le souhait d’un dialogue interculturel entre les sociétés turque et arménienne.

Hamida

 

Les lectures de Janvier 2022


 Autour de : "La bâtarde d'Istanbul" de Elif Shafak

Nous avons commencé nos échanges autour du livre :

« la bâtarde d’Istanbul » de Elif SHAFAK,   

auteure turque, exilée depuis la sortie de ce livre. Elle est originaire de l’élite turque, sa mère était diplomate, elle est née à Strasbourg. Elle est passée en justice et vit à Londres où elle continue à écrire. Elle a publié une trentaine de livres, en turc, son dernier ouvrage est sur Chypre. C’est une féministe et militante LGBT, engagement qui lui est reproché.

Nos échanges autour de la batarde d’Istanbul sont difficiles à traduire ici. Cette histoire se situe dans le contexte du peuple turc et du peuple arménien. L’auteure y aborde la question des tabous, des secrets. On retrouve ce mélange de valeurs traditionnelles et de modernité, avec du religieux un peu hybride. On y retrouve aussi la vie des cafés où se mène la réflexion intellectuelle.

La narration est toujours dans ce mélange de culture et la place accordée à la nourriture y est grande. Les hommes sont absents dans ce livre. C’est un monde de femme dans le contexte du patriarcat ; de très beaux portraits de ces femmes toutes si différentes et attachantes.

Sans être jamais critique de l'une ou l'autre culture l'auteure nous fait sentir la large faille existant, le tiraillement de la société turque entre le passé ottoman et le désir de modernité et d'Europe  Un fossé de part et d'autre du Bosphore, un fossé entre la modernité outre atlantique, la diaspora arménienne et le poids des traditions Stambouliotes

Sous le toit de ce gynécée  toutes les variantes sont présentes, sur quatre générations, toutes avec leurs contradictions et avec tolérance; dans le récit une famille de chaque origine est évoquée.

Zeliha  impétieuse ,délurée et transgressive au sein de cette famille   , elle même tiraillée à son insu par sa détermination à avorter et son "empêchement" dû à Allah ! elle entend l appel à la prière et interrompt l'action du médecin 


Ont suivi la présentation des livres de chacun et chacune


« La papeterie Tsubaki » Ito OGAWA

Hatoko a vingt-cinq ans, elle reprend la papeterie de sa grand-mère Mais surtout elle fait ses premiers pas comme écrivain public,

Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l'encre, l'enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre.

L’écriture verticale ou horizontale ?
Quel système d'écriture, les kanji, l'hiragana, le katakana ? Ces différentes écritures pour un même mot, peuvent avoir des significations. 

Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, des missives qui font sourire, une vieille femme qui désire une lettre de condoléance pour ses voisins pour la mort de leur singe ; pour une fillette un billet doux pour son instit ; pour un mari cocu un faire part de divorce des plus courtois ; pour un fils, une lettre écrite du paradis pour sa mère......

Elle participe ainsi au bonheur des gens.

Magie de l'écriture japonaise, raffinement extrême dans les détails, qui en même temps traite de sujet très sérieux
Ce récit tout en délicatesse est magnifique, surtout quand on pense qu'il se passe aujourd'hui, à l'ère Internet.

Une atmosphère très « zen ». On s’y détend

Anne


« Gabriële » de Claire et Anne Berest 

Biographie d'une partie de la vie de Gabriële Buffet épouse du peintre Francis Picabia (et arrière grand-mère de Claire et Anne Berest), notamment la période allant de 1910 à 1918. Une personnalité extraordinaire qui a cotoyé tous les artistes de cette époque : peintres, poètes.....Tous ces personnages qui ont amené les bouleversements de l'art du 20ème siècle : Picasso, Duchamp, Appolinaire, Breton, etc...., période du mouvement Dada avec Tristan Tzara. Femme complètement oubliée mais qui a été la muse de nombreux de ces artistes, il serait dommage qu'elle tombe complètement dans l'oubli. Les auteures ont une écriture claire, fluide, c'est très agréable à lire.

Claude


« Le portrait de Dorian Gray » d'Oscar Wilde  


Un classique que presque tout le monde a lu dans sa jeunesse et qu'il est bon de redécouvrir des années plus tard. Une description des caractères des personnages et notamment de ce Dorian d'une très grande finesse et de la société britannique de l'époque victorienne qu'Oscar Wilde n'épargne pas. C'est d'une justesse cruelle et assez diabolique à travers l'histoire du tableau de ce magnifique jeune homme dont le portrait devra veillir à sa place lui permettant de conserver outrageusement sa jeunesse et sa beauté. A relire sans modération.

Patrick



« 
La vérité sur la lumière » de Ava Ollafsdottir

Dijja appartient à une lignée de sage-femmes.

Elle est " mère de la lumière". A la mort de sa grand-tante, elle s installe dans son appartement, décide de mettre en ordre ses manuscrits et peut-être de les publier...

 

« La plus secrète mémoire des hommes »
de  Mohamed Mbongar San.
Prix Goncourt 2021

Un jeune écrivain sénégalais découvre un livre paru en 1938 : le labyrinthe de l inhumain. Son auteur n’a jamais publié d’autre ouvrage. 

Diegane Faye s’engage sur la piste du mystérieux écrivain, découvrant ainsi les tragédies du colonialisme et de la Shoah.

Christine


« la chance de leur vie » Agnès Desarthe

Cette écrivaine est agrégée d'anglais, traductrice. Elle a écrit des livres pour la jeunesse dont « Dans la nuit brune » qui a obtenu le prix Renaudot des lycéens en 2010.

Dans la chance de leur vie, une famille française part s'installer en Caroline du Nord. Lui va travailler dans une université, et faire des conquêtes. Elle peine à s'adapter, leur fils traverse une crise spirituelle.

Très bien écrit, très agréable à lire.

Ingrid

 

Pour terminer, Ingrid nous a fait la lecture du poème d'Aristide Bruant "le chat noir"

La lune était sereine
Quand sur le boulevard,
Je vis poindre Sosthène
Qui me dit : Cher Oscar !
D’ou viens-tu, vieille branche ?
Moi, je lui répondis :
C’est aujourd’hui dimanche,
Et c’est demain lundi...

Je cherche fortune,
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre !
Je cherche fortune ;
Autour du Chat Noir,
Au clair de la lune,
À Montmartre, le soir.

La lune était moins claire,
Lorsque je rencontrai
Mademoiselle Claire
À qui je murmurai :
Comment vas-tu, la belle ?
– Et Vous ? – Très bien, merci.
– À propos, me dit-elle,
Que cherchez-vous, ici ?

La lune était plus sombre,
En haut les chats braillaient,
Quand j’aperçus, dans l’ombre,
Deux grands yeux qui brillaient.
Une voix de rogomme
Me cria : Nom d’un chien !
Je vous y prends, jeune homme,
Que faites-vous ? – Moi... rien...

La lune était obscure,
Quand on me transborda
Dans une préfecture,
Où l’on me demanda :
Êtes-vous journaliste,
Peintre, sculpteur, rentier,
Poète ou pianiste ?...
Quel est votre métier ?




 


LE BIJOU DESSINE

 

 Samedi 14 Janvier 2022

 


 

 

 

 

 

 

Direction : "école des arts joailliers"                           



 

Le dessin, à l’échelle va guider le fondeur, le ciseleur, le sertisseur, l'émailleur ... dans les différentes phases de la fabrication

Ce dessin reflète une incroyable diversité de supports, de materiaux et de procédés. papiers blanc ou colorés, papier calque, crayon, encre, aquarelle, gouache

                                                                    





Pendentif de le maison cartier 

or, argent et diamants

pendentif présenté au sein de l'exposition "Cartier et les arts de l'Islam. Aux sources de la modernité"      

 

 

 

    


Dessin pendentif avec chaine

gouache sur papier cartonné préparé.

 

 


 

 

 

Les dessins de bijoux sont généralement non datés et non signés. 

Ce sont des œuvres anonymes qui s'effacent derrière le nom 

prestigieux de la maison joaillière et participent à l’œuvre 

collective à laquelle plusieurs corps de métier travaillent. 

Différents types d'écritures et d'annotations sur un même dessin 

attestent des multiples mains qui collaborent à sa composition et au

processus de création du bijou

 

Alexande Brédillard

Dessin d'une chatelaine 

crayon, encre et gouache sur papier cartonné 

 

 

Ce dessin est un véritable outil technique
 transmis à l'atelier. René Lalique y donne de nombreuses instructions. Il précise la taille suiffée du cristal et le serti des diamants dans les feuilles, puis ajoute des consignes sur la composition de la pièce : "les feuilles des extrémités sont du premier plan", "2ème plan : les feuilles sont entières et fortement embouties en creux" ainsi que les matériaux à employer "or + corne, cristal, diamants" "1er plan les noisettes en or, y compris les tiges". Ces derniers seront modifiés sur le diadème finalement réalisé

 

 

 

Motif du cygne chez Lalique                                         


René Lalique puise son inspiration à Clairefontaine

où il photographie la nature et les cygnes de l'étang.

Il a dessiné des dizaines de bijoux représentant cet

animal gracieux

Lalique insère des commentaires sur le dessin pour 

préciser les techniques joiallières à mettre en œuvre 

"eau en joiaillerie" signifie que l'eau était représentée

par un serti de diamant.

"Lémail noir du bec sera posé, la gravure finie", 

"feuilles ramolayées et champlevées, cygnes champlevés 

en plein" sont des instructions qui concernent l'émail





Le Paon 

 une source d'inspiration intemporelle


Prédominant dans les arts décoratifs tout au long du 

XIX° siècel. 

En collaboration avec Alphonse Mucha, Georges Fouquet en fait 

l'animal fétiche de son incroyable boutique Art nouveau, rue royale

Programme 1er trimestre 2022

 


Notre commission « allons ensemble au théâtre » garde son dynamisme et son entrain pour continuer à nous proposer des spectacles.

Si vous souhaitez vous inscrire à un ou plusieurs spectacles, veuillez contacter méli-mélo par mail : melimelopantin@gmail.com

Il vous faudra :

  • Donner les spectacles auxquels vous souhaitez assister ainsi que le nombre de places sur le mail de Méli-mélo avant le 8 Janvier pour les 2 premières propositions

et avant le 1 février pour les suivantes.

  • En même temps envoyer un chèque à l’ordre de méli-mélo (un chèque par spectacle), sans oublier de noter au dos le nom du spectacle et l’envoyer à :

Nicole DUBOIS 6 rue de Balzac 93500 PANTIN



- Que viennent les barbares de Myriam Marzouki 

vendredi 14 janvier, 20h00 - Théâtre du Fil de l'eau Pantin - MC93 - 12 euros

https://www.mc93.com/saison/que-viennent-les-barbares-0




  Kap O Mond ! Cie Moukden

vendredi 21 janvier + Rencontre sur Haïti, 20h30 - 6 Euros

https://lechangeur.org/programmation/spectacles/kap-o-mond


 

 

- Bal masqué de Mikhail Lermontov 


Jeudi 17 février  19H30 - Théâtre de la Commune Aubervilliers - 7 euros

https://www.lacommune-aubervilliers.fr/saison/21-22-bal-masque/




 


-
Mauvaise de Debbie Tucker Green - Sébastien Derrey

Samedi 12 mars - 18h30 - MC 93 Bobigny - 12 euros

https://www.mc93.com/saison/mauvaise-0




- Les femmes de Barbe-Bleue de Lisa Guez  


Vendredi 25 mars à 19h - Théâtre Paris Villette - 75019 - 8 Euros

https://hub-tpv.shop.secutix.com/selection/event/date?productId=10228459844865


En espérant que l'on pourra profiter en présentiel de ces spectacles ...

Les visites guidées de fin d'année

 

8 Octobre visite au Musée Yves Saint Laurent 

 

 

                        
 


 












10 Décembre visite de l'Opéra Garnier











Lectures de Novembre 2021

 

  Thème : la nuit, l’obscurité 

 

J’ai choisi deux poèmes de Jules Supervielle du recueil « le forçat innocent » : 

« chambre d’hôtel » où il évoque les personnes qui ont dormi dans la même chambre que lui, comme des fantômes ; il a du mal à trouver le sommeil

Un autre poème sans titre, qui fait suite à « visite de la nuit », où la nuit est décrite sous son aspect « réparateur », bienfaisant, apaisant


Puis un poème en prose de Baudelaire du recueil « le spleen de Paris » ; « le crépuscule du soir »

 Il évoque deux aspects du crépuscule et de la nuit  (l’aspect inquiétant et l’aspect rassurant) : il décrit l’effet négatif qu’ils ont sur deux personnes de sa connaissance ainsi que sur des personnes aliénées dans un asile, et l’effet positif qu’ils ont sur lui.


Enfin, la nuit est aussi le domaine de la sensualité : on peut le lire 


dans certains contes des « mille et une nuits » ; j’ai choisi une des histoires racontées dans « le bossu récalcitrant ». Un jeune négociant en tissus vient au Caire pour y faire fortune et fait la rencontre d’une jeune femme qui vient faire un achat ; ils s’éprennent l’un de l’autre dès le premier jour. C’est la jeune femme qui fait les avances ! Ils se rencontrent toutes les nuits, chez elle, et à chaque fois, il lui laisse des pièces d’or ; dans la journée il commande le dîner pour le soir suivant. Il va finir ruiné.

Constance

 


  

Le Cid   Georges Fourest

Va, je ne te hais point.
Corneille

Le palais de Gormaz, comte et gobernador,
est en deuil : pour jamais dort couché sous la pierre
l’hidalgo dont le sang a rougi la rapière
de Rodrigue appelé le Cid Campeador.

Le soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre
Chimène, en voiles noirs, s’accoude au mirador
et ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière
regardent, sans rien voir, mourir le soleil d’or…

Mais un éclair, soudain, fulgure en sa prunelle :
sur la plaza Rodrigue est debout devant elle !
Impassible et hautain, drapé dans sa capa,

le héros meurtrier à pas lents se promène :
« Dieu ! » soupire à part soi la plaintive Chimène,
« qu’il est joli garçon l’assassin de Papa ! »

George Fourest, La Négresse Blonde, 1909.

De la part d'Ingrid


LES VIES DE JACOB de Christophe BOLTANSKI 

L'auteur récupère un jour aux puces un vieil album de photos, plus de 300 clichés pris dans un photomaton. Sur chacune un même homme qui rit, qui semble triste, qui fait une grimace....habillé d'une chemise, d'une veste, d'un uniforme, etc...

Au dos de certains clichés un lieu, une adresse, en France et dans divers pays étrangers. A un endroit, il découvre le nom de celui à qui appartenait l'album et il lui prend l'envie de découvrir qui était cet homme et pourquoi toutes ces petites photos bien rangées dans ce volume.

Il se lance dans cette enquête avec une certaine passion et le roman se déroule comme une énigme policière qui nous tient en haleine.

Nous en apprendrons beaucoup sur ce Jacob au fur et à mesure du récit bien conduit et dans un style très agréable.

Il s'agit en fait d'une personne qui a réellement existé et dont l'auteur a rencontré la famille qui elle-même n'a pas toujours pu éclairer toutes les zones d'ombre qui entourent le personnage.

 Claude 

 

 

 Dans ce  roman, « La leçon de ténèbres », Leonor de Recondo retrace, accompagnée de son violon  sa nuit passée au Musée Gréco à Tolède Amoureuse éblouie du peintre et de son œuvre, elle retrace son parcours qui le mène Crète, à Venise puis   en Espagne. Son admiration se double d un désir intense, qu’elle manifeste en prose et en vers. Elle est  la femme que Gréco n’a jamais oubliée, restée  sur son île.

J ai lu aussi de Laurent Gaude.: « Paris, mille vies ». 
L auteur déambule de nuit, en été, dans un Paris désert précédé par une ombre. Les personnages aussi différents que Villon ou Artaud se manifestent à lui .Ce récit où fantastique et poésie se mêlent est aussi un hommage à Paris.


Monique

 

 
LA RIVIERE
de Peter HELLER

Deux jeunes amis décident de descendre en canoë un fleuve dans le nord canadien, en pleine nature, dans une région magnifique quasi désertique. Ils n'en sont pas à leur première escapade et sont tout à fait préparés pour une telle expédition qui doit durer plusieurs jours.

Tout semble simple au départ, ils sont heureux, la nature est splendide, mais on perçoit à travers quelques situations que cette escapade ne va pas si bien se passer que ça.

Un feu quelque part en amont les menace, la rencontre avec deux hommes pas très nets les inquiètent un peu, ils entendent un couple qui se dispute au loin. Tout cela va peut être mal tourner et tout au long du périple on pressent qu'il va arriver des événements graves.

Bref un vrai thriller dans un décor naturel et qui nous fait rêver. Le nez dedans on a du mal à s'en décoller avant de connaître la fin. Le style est percutant, dosé pour faire monter l'adrénaline, les paysages sont superbement décrits.

Patrick



Lu par Anne
 
 
Prochains Groupes lecture :
Lundi 10 Janvier 2022 :   "La bâtarde d'Istanbul" de Elif Shafak et 
                            nos lectures récentes 

Lundi 31 Janvier 2022 : Les auteur(e)s russes

 



Lectures d'octobre 2021

 

Écrivains du sud des rives de la Méditerranée, de 

l'Atlantique au canal de Suez



Un thé sur la montagne

Paul Bowles. 1910, décédé 1999.
Écrivain américain qui a vécu au Maroc, à Tanger.

C'est Gertrude Stein, rencontrée à Paris au cours des années 30, qui le pousse à écrire et à s'installer à Tanger

Il fait partie de la beat génération, Burroughs, Kerouac. La pédérastie était dans les mœurs, ainsi que la pédophilie.
Le livre est une série de nouvelles sur Tanger.
Belle description de lieux que je situe parfaitement, le détroit de Gibraltar, la mer, avec l'Espagne qu'on ne peut voir que par beau temps. Séries d'histoires anecdotiques sur la ville et ses habitants.
Il y a aussi une nouvelle intitulée Un thé au Sahara dont Bernardo Bertolucci a fait un film.
Pour conclure, Bowles écrit comme on capture des instantanés.

  Ingrid

  

L’art de perdre

Alice Zeniter

L’Algérie dont est originaire sa famille ’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?

Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

Hamida


 

L'IMPASSE DES DEUX PALAIS

Naguib MAHFOUZ

Gros roman dans l'Egypte des années 1917-1919 (paru en 1956).

Histoire d'une famille égyptienne : le père, commerçant important très autoritaire, sa femme entièrement soumise aux desiderata de son mari, les enfants.

Amina, dans un dévouement absolu pour son mari, vit confinée dans le palais et ce sera le drame le jour où son fils l'entraînera dehors pour une cause, à nos yeux de femmes occidentales, bien anodine tournée vers le religieux.

En toile de fond aussi la révolution qui se prépare, les égyptiens voulant se débarrasser des britanniques qui les oppriment notamment du fait de leurs intérêts liés au canal de Suez.

C'est une lecture qui demande de la disponibilité mais passionnante.

Claude

 

Zabor ou les psaumes, est une belle ode à l'écriture, aux mots, aux livres

Kamel Daoud, né en1970 en Algérie, est un écrivain et journaliste algérien d'expression française, s'il écrit en français et non en arabe, c'est, dit-il, parce que « la langue arabe est piégée par le sacré, par les idéologies dominantes. On a fétichisé, politisé, idéologisé cette langue»

Un conte façon mille et une nuits, l'histoire d'un enfant banni, passionné par les livres, l'écriture et la langue française, Il a été mis à l’écart par son père qui a répudié sa mère alors qu’il était nouveau-né. Celle-ci meurt quand il est tout jeune et il va vivre avec sa tante toujours relégué par son père, boucher fortuné. Zabor, qui est sujet à des crises, des vertiges et des hallucinations, est pour lui et son prestige, une infamie.

Ismaël qui se renomme lui-même Zabor, est chétif, non circoncis, il a une voix de chèvre, enfant, il a des hallucinations qui font penser à la possession et qui lui feront quitter l’école. Il va inventer mille histoires et découvre le pouvoir infini des mots. Depuis toujours, il est convaincu d’avoir un don : s’il écrit, il repousse la mort; celui qu’il enferme dans les phrases de ses cahiers gagne du temps de vie. Telle une Shéhérazade sauvant ses semblables, il expérimente nuit après nuit la folle puissance de l’imaginaire. "Ecrire est la seule ruse efficace contre la mort. Les gens ont essayé la prière, les médicaments, la magie, les versets en boucle ou l'immobilité, mais je pense à être le seul à avoir trouvé la solution: écrire." Au fil du temps, la réputation de Zabor se propage; de plus en plus de gens viennent solliciter son pouvoir de s'opposer à la grande Faucheuse. Il découvre aussi la sexualité à partir de journaux français où sont étalés des corps de femmes. Zabor rêve d'épouser Djemila, qui ne sait ni lire, ni écrire, une femme répudiée avec deux enfants, afin de lui rendre son corps.

Son père, Hadj Brahim est mourant et ses 1/2 frères l'appellent pour sauver celui qui n'a jamais su l'aimer, mais il est un devenu un homme libre...a t'il encore envie de sauver son géniteur et aider les siens qui commencent à se distribuer les terres, les moutons ? Veut-il enfin se faire reconnaitre par lui ?

Appelé au chevet de son père, Zabor voit son don s'essouffler, insensible incapable d'amour ou de tendresse envers ce vieillard qui l'a rejeté.

Le texte est construit au fil de la pensée de Zabor, le narrateur. Il nous livre son histoire, ses doutes, ses projets et ses réflexions sur son don. Construit à la manière des Milles et une nuit, texte régulièrement cité dans le roman, le récit se livre par petit bout. On y pénètre par allers-retours dans le temps et par association d’idées. Les pensées de Zabor se mêlent, parfois introspection et parfois description de l’instant.

Anne


  « Nulle part dans la maison de mon père»: Assia Djebar 
Elle évoque son enfance et son adolescence à Alger avec un père, instituteur indigène, qui reste attaché à une rigueur musulmane.
Il s'offusque que sa fillette montre ses jambes en tentant  d'apprendre à faire du vélo.
Plus tard, il déchirera la lettre anodine que lui a adressée un jeune homme.
Mais ce même père l'a libérée de l'enfermement en lui faisant faire des études.
A l'heure du bilan, Assia constate que l'empreinte du père l'a beaucoup marquée, elle est restée entre deux, à la fois libre et entravée.

Hélène


  

« Le Grain Magique » par Marguerite Taos Amrouche.

Une anthologie de contes, proverbes, poèmes 

Kabyles collectés par une grande dame de l Algérie qui fut aussi chanteuse.

Le conte du chêne de l’ogre, proche de notre petit chaperon rouge inspira Idir pour sa célèbre chanson Avava Inouva.

Christine


 


  BD :Amazigh (cela signifie Homme libre en berbère )

 Ecrite en français par Cédric Liano né en 1984 à Creil,comme moi, et dessinée par Mohamed Arejdal né en 1984 aussi dans le Sud marocain ,artiste multiformes ,considéré comme un électron libre talentueux .

En 2007,ce dernier est sélectionné par la Biennale de Bari puis par l Institut du monde arabe en 2014 pour l' exposition :Le Maroc contemporain.

C'est à Tétouan qu'ils se rencontrent où Liano vient enseigner quand Mohamed y étudie

Amazigh retrace le parcours vécu par Mohamed  qui à 17 ans tente une traversée clandestine aux Canaries ,persuadé que l,Europe est promesse de bonheur et de richesse procurés par son talent.

Parti avec un ami ,il connaîtra le terrible sort des clandestins que l'on vole ,maltraite,méprise.

Son expulsion sur sa terre natale lui réservera une bienheureuse surprise qui lui permettra de faire évoluer son talent .

Le dessin sans fioritures  est soutenu par un texte plein d émotions souvent bouleversantes.

 Les hommes construisent des murs alors qu'ils devraient construire des ponts ... pourrait être la morale de cette BD.

Monique



Prochaines rencontres du groupe lecture :

Lundi 22 Novembre 19h à la maison de quartier du Petit Pantin

Le thème sera : "l'obscurité dans la poésie ou dans dans un roman". 

Ainsi que des échanges autour de nos dernières lectures.

 

Lundi 10 janvier 2022 nous nous proposons de lire : 

"la bâtarde d'Istanbul" d'Elif Shafak. Nous échangerons aussi autour 

de nos dernières lectures.