8 Octobre visite au Musée Yves Saint Laurent
10 Décembre visite de l'Opéra Garnier
J’ai choisi deux poèmes de Jules Supervielle du recueil « le forçat innocent » :
« chambre d’hôtel » où il évoque les personnes qui ont dormi dans la même chambre que lui, comme des fantômes ; il a du mal à trouver le sommeilUn autre poème sans titre, qui fait suite à « visite de la nuit », où la nuit est décrite sous son aspect « réparateur », bienfaisant, apaisant
Puis un poème en prose de Baudelaire du recueil « le spleen de Paris » ; « le crépuscule du soir »
Il évoque deux aspects du crépuscule et de la nuit (l’aspect inquiétant et l’aspect rassurant) : il décrit l’effet négatif qu’ils ont sur deux personnes de sa connaissance ainsi que sur des personnes aliénées dans un asile, et l’effet positif qu’ils ont sur lui.
Enfin, la nuit est aussi le domaine de la sensualité : on peut le lire
Constance
Le Cid Georges Fourest
Va,
je ne te hais point.
Corneille
Le
palais de Gormaz, comte et gobernador,
est
en deuil : pour jamais dort couché sous la pierre
l’hidalgo
dont le sang a rougi la rapière
de
Rodrigue appelé le Cid Campeador.
Le
soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre
Chimène,
en voiles noirs, s’accoude au mirador
et
ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière
regardent,
sans rien voir, mourir le soleil d’or…
Mais
un éclair, soudain, fulgure en sa prunelle :
sur
la plaza Rodrigue est debout devant elle !
Impassible
et hautain, drapé dans sa capa,
le
héros meurtrier à pas lents se promène :
«
Dieu ! » soupire à part soi la plaintive Chimène,
«
qu’il est joli garçon l’assassin de Papa ! »
George Fourest, La Négresse Blonde, 1909.
De la part d'Ingrid
LES VIES DE JACOB de Christophe BOLTANSKI
L'auteur récupère un jour aux puces un vieil album de photos, plus de 300 clichés pris dans un photomaton. Sur chacune un même homme qui rit, qui semble triste, qui fait une grimace....habillé d'une chemise, d'une veste, d'un uniforme, etc...
Au dos de certains clichés un lieu, une adresse, en France et dans divers pays étrangers. A un endroit, il découvre le nom de celui à qui appartenait l'album et il lui prend l'envie de découvrir qui était cet homme et pourquoi toutes ces petites photos bien rangées dans ce volume.
Il se lance dans cette enquête avec une certaine passion et le roman se déroule comme une énigme policière qui nous tient en haleine.
Nous en apprendrons beaucoup sur ce Jacob au fur et à mesure du récit bien conduit et dans un style très agréable.
Il s'agit en fait d'une personne qui a réellement existé et dont l'auteur a rencontré la famille qui elle-même n'a pas toujours pu éclairer toutes les zones d'ombre qui entourent le personnage.
Claude
Dans ce roman, « La leçon de ténèbres », Leonor de Recondo retrace, accompagnée de son violon sa nuit passée au Musée Gréco à Tolède Amoureuse éblouie du peintre et de son œuvre, elle retrace son parcours qui le mène Crète, à Venise puis en Espagne. Son admiration se double d un désir intense, qu’elle manifeste en prose et en vers. Elle est la femme que Gréco n’a jamais oubliée, restée sur son île.
Monique
LA RIVIERE de Peter HELLER
Deux jeunes amis décident de descendre en canoë un fleuve dans le nord canadien, en pleine nature, dans une région magnifique quasi désertique. Ils n'en sont pas à leur première escapade et sont tout à fait préparés pour une telle expédition qui doit durer plusieurs jours.
Tout semble simple au départ, ils sont heureux, la nature est splendide, mais on perçoit à travers quelques situations que cette escapade ne va pas si bien se passer que ça.
Un feu quelque part en amont les menace, la rencontre avec deux hommes pas très nets les inquiètent un peu, ils entendent un couple qui se dispute au loin. Tout cela va peut être mal tourner et tout au long du périple on pressent qu'il va arriver des événements graves.
Bref un vrai thriller dans un décor naturel et qui nous fait rêver. Le nez dedans on a du mal à s'en décoller avant de connaître la fin. Le style est percutant, dosé pour faire monter l'adrénaline, les paysages sont superbement décrits.
Patrick
Écrivains du sud des rives de la Méditerranée, de
l'Atlantique au canal de Suez
Paul
Bowles. 1910, décédé 1999.
Écrivain
américain qui a vécu au Maroc, à Tanger.
C'est Gertrude Stein, rencontrée à Paris au cours des années 30, qui le pousse à écrire et à s'installer à Tanger
Il
fait partie de la beat génération, Burroughs, Kerouac. La
pédérastie était dans les mœurs, ainsi que la pédophilie.
Le
livre est une série de nouvelles sur Tanger.
Belle
description de lieux que je situe parfaitement, le détroit de
Gibraltar, la mer, avec l'Espagne qu'on ne peut voir que par beau
temps. Séries d'histoires anecdotiques sur la ville et ses
habitants.
Il
y a aussi une nouvelle intitulée Un thé au Sahara dont Bernardo
Bertolucci a fait un film.
Pour
conclure, Bowles écrit comme on capture des instantanés.
Ingrid
L’art de perdre
L’Algérie dont est originaire sa famille ’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.
Hamida
Naguib MAHFOUZ
Gros roman dans l'Egypte des années 1917-1919 (paru en 1956).
Histoire d'une famille égyptienne : le père, commerçant important très autoritaire, sa femme entièrement soumise aux desiderata de son mari, les enfants.
Amina, dans un dévouement absolu pour son mari, vit confinée dans le palais et ce sera le drame le jour où son fils l'entraînera dehors pour une cause, à nos yeux de femmes occidentales, bien anodine tournée vers le religieux.
En toile de fond aussi la révolution qui se prépare, les égyptiens voulant se débarrasser des britanniques qui les oppriment notamment du fait de leurs intérêts liés au canal de Suez.
C'est une lecture qui demande de la disponibilité mais passionnante.
Claude
Zabor
ou les psaumes,
est une belle ode à l'écriture, aux mots, aux livres![]()
Kamel Daoud, né en1970 en Algérie, est un écrivain et journaliste algérien d'expression française, s'il écrit en français et non en arabe, c'est, dit-il, parce que « la langue arabe est piégée par le sacré, par les idéologies dominantes. On a fétichisé, politisé, idéologisé cette langue»
Un conte façon mille et une nuits, l'histoire d'un enfant banni, passionné par les livres, l'écriture et la langue française, Il a été mis à l’écart par son père qui a répudié sa mère alors qu’il était nouveau-né. Celle-ci meurt quand il est tout jeune et il va vivre avec sa tante toujours relégué par son père, boucher fortuné. Zabor, qui est sujet à des crises, des vertiges et des hallucinations, est pour lui et son prestige, une infamie.
Ismaël qui se renomme lui-même Zabor, est chétif, non circoncis, il a une voix de chèvre, enfant, il a des hallucinations qui font penser à la possession et qui lui feront quitter l’école. Il va inventer mille histoires et découvre le pouvoir infini des mots. Depuis toujours, il est convaincu d’avoir un don : s’il écrit, il repousse la mort; celui qu’il enferme dans les phrases de ses cahiers gagne du temps de vie. Telle une Shéhérazade sauvant ses semblables, il expérimente nuit après nuit la folle puissance de l’imaginaire. "Ecrire est la seule ruse efficace contre la mort. Les gens ont essayé la prière, les médicaments, la magie, les versets en boucle ou l'immobilité, mais je pense à être le seul à avoir trouvé la solution: écrire." Au fil du temps, la réputation de Zabor se propage; de plus en plus de gens viennent solliciter son pouvoir de s'opposer à la grande Faucheuse. Il découvre aussi la sexualité à partir de journaux français où sont étalés des corps de femmes. Zabor rêve d'épouser Djemila, qui ne sait ni lire, ni écrire, une femme répudiée avec deux enfants, afin de lui rendre son corps.
Son père, Hadj Brahim est mourant et ses 1/2 frères l'appellent pour sauver celui qui n'a jamais su l'aimer, mais il est un devenu un homme libre...a t'il encore envie de sauver son géniteur et aider les siens qui commencent à se distribuer les terres, les moutons ? Veut-il enfin se faire reconnaitre par lui ?
Appelé au chevet de son père, Zabor voit son don s'essouffler, insensible incapable d'amour ou de tendresse envers ce vieillard qui l'a rejeté.
Le texte est construit au fil de la pensée de Zabor, le narrateur. Il nous livre son histoire, ses doutes, ses projets et ses réflexions sur son don. Construit à la manière des Milles et une nuit, texte régulièrement cité dans le roman, le récit se livre par petit bout. On y pénètre par allers-retours dans le temps et par association d’idées. Les pensées de Zabor se mêlent, parfois introspection et parfois description de l’instant.
Anne
Hélène
Une
anthologie de contes, proverbes, poèmes
Kabyles collectés par une grande dame de l Algérie qui fut aussi chanteuse.
Le conte du chêne de l’ogre, proche de notre petit chaperon rouge inspira Idir pour sa célèbre chanson Avava Inouva.
Christine
Ecrite en français par Cédric Liano né en 1984 à Creil,comme moi, et dessinée par Mohamed Arejdal né en 1984 aussi dans le Sud marocain ,artiste multiformes ,considéré comme un électron libre talentueux .
En 2007,ce dernier est sélectionné par la Biennale de Bari puis par l Institut du monde arabe en 2014 pour l' exposition :Le Maroc contemporain.
C'est à Tétouan qu'ils se rencontrent où Liano vient enseigner quand Mohamed y étudie
Amazigh retrace le parcours vécu par Mohamed qui à 17 ans tente une traversée clandestine aux Canaries ,persuadé que l,Europe est promesse de bonheur et de richesse procurés par son talent.
Parti avec un ami ,il connaîtra le terrible sort des clandestins que l'on vole ,maltraite,méprise.
Son expulsion sur sa terre natale lui réservera une bienheureuse surprise qui lui permettra de faire évoluer son talent .
Le dessin sans fioritures est soutenu par un texte plein d émotions souvent bouleversantes.
Les hommes construisent des murs alors qu'ils devraient construire des ponts ... pourrait être la morale de cette BD.
Monique
Prochaines rencontres du groupe lecture :
Lundi 22 Novembre 19h à la maison de quartier du Petit Pantin
Le thème sera : "l'obscurité dans la poésie ou dans dans un roman".
Ainsi que des échanges autour de nos dernières lectures.
Lundi 10 janvier 2022 nous nous proposons de lire :
"la bâtarde d'Istanbul" d'Elif Shafak. Nous échangerons aussi autour
de nos dernières lectures.
MODIANO
RUE DES BOUTIQUES OBSCURES
Déambulation d'un homme dans la rue à recherche de son identité. Homme devenu amnésique.
Comme toujours chez Modiano, personnages inaboutis, inachevés. Atmosphère qui se dégage est légère, floue, tout est ébauché. J’ai beaucoup aimé.
C’est un récit à quatre voix : Celle d’un jeune homme étudiant à l’École des Mines
Celle d’un détective privé
Celle de Louki (personnage principal du roman, jeune femme de 22 ans)
Celle de l’ami et amant de Louki (Roland)
Le jeune homme et Louki fréquentent le même café, un café où se retrouvent un certain nombre d’habitués (surtout des hommes, plus ou moins jeunes)
Le détective privé est engagé par le mari de Louki pour la retrouver ( subitement elle ne revient pas au domicile conjugal) mais il va arrêter ses recherches et ne pas en rendre compte après avoir vu la jeune femme dans le café
Le jeune homme et Roland sont des « doubles » de l’auteur.
Le jeune homme, Louki et Roland passent beaucoup de temps à marcher dans Paris, surtout la nuit. On devine que l’auteur connaît très bien Paris !
Roland écrit un livre sur « les zones neutres » : « zones intermédiaires… où l’on était à la lisière de tout, en transit ou même en suspens ». Une partie des habitants de ces zones y vivent sous une fausse identité, comme lui.
Il parle aussi de « l’Éternel Retour » (revivre de la même façon les mêmes moments).
Constance
SOUVENIRS DORMANTS
Le personnage à l'occasion de ses errances dans Paris, suivant les lieux ou le souvenir d'évènements lointains, retrouvent des bribes de sa mémoire.
Des images, des rencontres dans des soirées quelque peu interlopes, lui reviennent toujours dans un certain flou, ils pensent reconnaître d'anciennes amies.
Toutes activités d'une jeunesse un peu paumée qui reviennent à la surface, avec comme dans une peinture des morceaux de la toile effacés du fait de l’érosion du temps.
Claude
Le narrateur se souvient d'une enquête dont l'avait chargé, il y a très longtemps l'agence de détectives où il travaillait.
Il s'agissait de retrouver une femme dont on n'avait plus aucune trace. La quête avait été infructueuse et dix ans plus tard, un indice avait relancé son enquête. Le narrateur finit par retrouver des témoins qui ne se rappellent plus de rien.
Tout est vague dans ce roman qui comme tous les romans de Modiano nous interroge sur les souvenirs qui encombrent notre mémoire avec la plus grande fantaisie : on se rappelle de certaines choses, pas d'autres.....Pourquoi ?
Patrick
LA PETITE BIJOU
Un jour, voyant une femme en manteau jaune dans le métro, Thérèse, jeune fille un peu perdue, croit reconnaitre sa mère, alors qu’il lui avait été dit quand elle était toute petite que celle-ci était morte au Maroc.
De son enfance, il ne reste à Thérèse qu’une boite en fer contenant quelques photos, témoins de son enfance et de sa mère.
Thérèse cherche, suit cette femme, jusqu’à son domicile. Elle se cherche. Elle va rencontrer 2 personnes qui chacune va la soutenir dans cette quête de son identité, prêts à l’accueillir, prêts à l’écouter. Mais elle, trop perdue, ne peut se dire.
On avance par petites touches auprès de ce jeune femme mélancolique dans une écriture simple et poétique
Anne
J'ai passé l'été avec Modiano " serait un court résumé, mais exact
En effet j'ai décidé de plonger dans son univers que je connaissais un peu et que j'avais aimé ; alors j'ai voyagé, à bord d'un unique train ou taxi parisien à travers la ville et ses faubourgs sans lever la tête, bercée par le rythme des mots : c'est le même livre qui se déroule au long du voyage "des sortes de rêveries qui relèvent de l'imaginaire "dirait l'auteur
.
Je suis passée par "DORA BRUDER"
Le voyage modianesque s'est poursuivi avec "LA RUE DES BOUTIQUES OBSCURES" la quête de l'identité, la mémoire toujours et ici c'est la quête d'un homme qui l'a perdue. Qui étais-je ? Qui suis-je et quelle est l'importance de le savoir ? Voyage sous la forme d'un roman policier, précision des lieux, fiches et archives de polices contre flou romanesque des bribes de mémoire qui semblent prêtes à émerger, voyage dans le Paris interlope et rencontre avec des personnages de la nuit, émigrés russes, pianiste de bar, autant de personnes auxquelles notre amnésique va tenter d'arracher les parcelles mémorielles d'un puzzle inachevé
Fin du voyage avec "LA PETITE BIJOU" "c'est le nom que l'on me donnait quand j'avais 6 ans " cette jeune femme croise dans le métro, et croit reconnaître, en cette femme "au manteau jaune" sa mère dont on lui a annoncé la mort douze ans plus tôt…la souffrance de l'enfance revient en force, recherche désespérée des repères et errance dans les rues de Paris …nouvelle quête d'identité
P.Modiano a écrit : "ce que j'aime dans l'écriture c'est plutôt la rêverie qui la précède" je pourrais lui répondre, ce que j'aime dans la lecture de ses textes, c'est la rêverie qui la prolonge.
Il m'a été difficile de terminer le voyage ! Merci Monsieur Modiano de m'envoûter à "Chevreuse"
Christiane
LECTURES AU CHOIX DE CHACUN
Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier,
polar rural, l'auteur se focalise sur un personnage au début du livre. On sentque quelque chose va arriver, les informations sont distillées au compte
gouttes. Quelque chose finit par se passer mais on ne comprend pas qui est
<visé. On comprend que les intrus ne sont pas là pour rire. On est dans la tête du mari, un brave paysan, qui ne comprend rien à ce qui se passe.
Le rapport avec le titre ne saute pas aux yeux, pourquoi au pluriel ?
Livre glaçant, dommages collatéraux injustes, livre très prenant.
Ingrid
Passage en revue de fleurs, rose, lys, gardénia, camélia, arum, pavot et plein d'autres.
Odeurs, aspects, usages médicinaux et petites anecdotes.
Ouvrage très vivant, très gai. On les imagine, on les voit, on les sent, livre distrayant au possible.
Ingrid
BETTY de Tiffany Mc Daniel (prix du roman FNAC 2020 et prix America du meilleur roman 2020)
Annette
VALÉRIE PERRIN - TROIS
Tout au long de ce livre nous ferons des allers/retours dans les dates des différents évènements.
Virginie la narratrice, est traductrice et journaliste. Elle n'a que trois amis (Adrien, Nina, Etienne) du même âge qu'elle. Elle raconte le trio inséparable :
- leur entrée en CM2 en septembre 1986
- leur adolescence, dans un petit village "La Comelle" en Saône et Loire qui perd peu à peu tous ses habitants
- leur évolution au cours des années de primaire, de collège et de lycée ; l’on fait également connaissance de leurs familles,
- leur choix de profession et leur parcours dans le métier
- leurs amours, leurs déceptions, leurs traumatismes
En 2017, Virginie (elle-même originaire de "La Comelle") est mandatée par son journal pour photographier une épave retirée du lac de Comelle avec des os à l'intérieur du véhicule volé en 8/1994 ; les souvenirs de sa propre jeunesse lui reviennent à l'esprit.
La découverte de l'auto et l'enquête qui en découle vont nous faire découvrir de façon encore plus approfondie les caractères et les motivations des trois amis.... ainsi que de nombreuses surprises.
Cécile
Chagall, Modigliani, Soutine.... Paris pour école 1905-1940,
en rapport avec exposition du Musée d'art et d'Histoire du Judaïsme, actuellement au musée.
Excellent ouvrage sur artistes, peintres, sculpteurs, qui sont venus à Paris de 1905 à 1940. Livre émaillé de photos d'artistes, de tableaux, de brèves biographies ainsi que d'une chronologie qui démarre en 1900, qui fait des liens avec les autres artistes qui s'installent à Paris, et aussi liens avec événements historiques marquants.
Ce que j'ai aimé ds ce livre est qu'on parle des femmes artistes: Sonia Delaunay Terk, Marianne Breslauer, Alice Halicka, Chana Orloff, - - femme sculpteur, peintre.
Dans cet esprit de reconnaissance du rôle des femmes dans l'Art, voir l'excellente et exhaustive exposition à Beaubourg sur l'apport des femmes ds l'abstraction.
Bon à savoir, les femmes en Russie ont pu aller à l'académie des Beaux-arts en 1874 !
Autre exposition au musée du Luxembourg sur l'apport des femmes ds peinture de 1780 à 1830, la plus célèbre d'entre elles fut Elizabeth Vigee Le Brun, portraitiste officielle de Marie Antoinette.
Ingrid
ROSELLA POSTORINO - LA GOUTEUSE D'HITLER
Née en Calabre en 1978 - Essais, pièces de théâtre, Editrice, Journaliste, Ecrivaine.
L histoire se passe en 1943 en Allemagne. 10 femmes sont réquisitionnées par les sbires d'Hitler pour goûter ses plats car il craint d'être empoisonné. Quelques une d'entre elles en sont fières. Les autres trouvent le courage de se moquer de lui malgré la peur qui règne sur leur existence ce qui est décrit avec beaucoup d'humour.
La narratrice a 26 ans. Elle réside chez ses beaux-parents ; son mari est à la guerre. Elle raconte sa vie avant d'être goûteuse : enfance, guerre, bombardements, faim, mort de sa mère.
Elle nous décrit ses compagnes goûteuses et leurs conditions de survie au service du dictateur. Il finira par quitter cette cache ayant perdu la guerre.
Cécile
IMPOSSIBLE de Erri de Luca
Il voit un devant lui un randonneur, il ralentit pour profiter de sa randonnée en solitaire dans la montagne.
Arrivé à un passage escarpé, il aperçoit l'homme qui le précédait, au fond d'un ravin.
Il donne l'alerte et fait donc partie des témoins. Il découvre que la victime faisait partie du même groupe révolutionnaire que lui 40 ans plus tôt et que ce dernier l'avait livré, ainsi que tous ces anciens camarades, à la police.
De témoin il devient suspect pour le magistrat chargé de l'affaire qui trouve la rencontre improbable et la coïncidence impossible.
Il tente de lui faire avouer, par tous les moyens, que c'est un meurtre prémédité par vengeance.
Le juge découvre l'univers de la montagne.
Au début de l'instruction, les dialogues sont très tendus. Mais l'interrogatoire se transforme en un dialogue entre générations. Il se dessine une riche réflexion, presque philosophique, sur l'engagement, la justice, l'amitié, la trahison.
Patrick
ARBRE DE L'OUBLI de NANCY HUSTON
3 personnages dominent ce roman. Shayna, jeune femme et ses parents Joël et Lili Rose.
Joël, professeur d'anthropologie, écrasé par le poids de son enfance face à un frère préféré et une mère traumatisée, est issu d'un couple juif de la vieille Europe émigré aux Etats-Unis pendant la guerre de 1939-45.
Lili Rose, fille unique adulée par ses parents de religion protestante, n'a eu de cesse de casser les codes de son milieu d'origine.
Shayna leur fille nous est présentée à travers son journal intime. En quête de son identité, elle nous apparaît en grande souffrance. Des sentiments de colère l'animent et elle ne cesse de s'interroger sur le féminisme, l'esclavage, le lien familial, la procréation.
Roman foisonnant qui évoque toutes les inquiétudes et les combats bien présents dans notre actualité pour une humanité solidaire, antiraciste, anti-genre, etc...
La construction de périodes non suivies pour chaque personnage (ex. 1945, 1979, 1958, 2001, 1970, 1969 etc...) obligent à un peu de concentration. Mais le style de Nancy Huston est clair, limpide, des phrases très agréables à lire qui ancrent dans l'histoire sans trop d'effort.
Claude
Le Turquetto Metin ARDITI
né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), il est fils d'un employé du marché aux esclaves et d’une mère décédée à sa naissance. Tout jeune, il vit déjà une vie marginale passionné par le dessin et la peinture. Mais juif dans une ville musulmane, il ne peut y exercer son art lui qui sait si bien regarder les visages. A la mort de son père il s'exile à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. A Venise, il masque son identité, fréquente les ateliers du Titien, et connaît une carrière exceptionnelle. En se faisant passer pour chrétien, il peut vivre son amour de la peinture que sa religion lui interdit.Art, religion, identité, mensonge, compassion, respect, manipulation, violence, le livre évoque tout cela, et plus encore... jusqu'à ce que le Turquetto « dévoile » : la Cène et que tout change, à nouveau.
On baigne dans des descriptions extraordinaires de la peinture. Intéressant et combien souvent désolant le rapport des religions à la peinture, aux représentations humaines.
Terrible la mise au ban des juifs, et en Turquie et surtout à Venise
Anne
Audur Ava OLAFSDTTIR « Le Rouge Vif de la Rhubarbe »
(Auteure de Rosa Candida plus connu)
Conçue dans un champ de rhubarbe sauvage, née à l'arrière d'une voiture, Agostina ne peut se déplacer qu'à l'aide de deux béquilles ; une mère ornithologue partie à l'autre bout du monde étudier les oiseaux migrateurs, peu de temps après sa naissance et un père marin au long court qui ignore son existence ! Il y a mieux pour démarrer dans la vie !
L'auteure nous entraîne dans l'histoire ordinaire d'une Agostina peu ordinaire sur une Ile noire aux paysages extraordinaires .Agostina est laissée aux bons soins de Nina experte en confiture de rhubarbe
Agostina personnage central, espiègle ,volontaire mais aussi rêveuse, songeuse, se nourrit de la lecture des lettres de sa mère, des défis qu'elle se donne et des moments de méditation passés sur la plage ou dans le champ de rhubarbe.
Son dernier défi termine ce petit livre court, premier roman de l'auteure ; à recommander à qui n'a pas besoin d'intrigue et d'action mais besoin de plonger dans un petit port de pêche Islandais où il ne se passe rien
Christiane
La vie en Relief de Philippe Delerm.(Janvier 2021)
Ce livre n'est pas un roman, il n'y a pas d'histoire ou d'intrigue. Philippe Delerm évoque avec pudeur, son bonheur, son amour pour sa femme Martine, pour son fils Vincent, le chanteur, pour sa belle-fille et ses petits-enfants, ses peurs, ses craintes, ses souvenirs, ses émotions et sensations. Il parle du bonheur d’aimer et d’être inquiet pour ceux qu’on aime. Il parle aussi de la vie de famille éloignée mais non distendue par le coronavirus. Il trouve de la beauté dans l'ordinaire des choses. Les chapitres sont courts, bien écrits, mêlant souvenirs et problèmes actuels.
C’est
une réflexion sur le temps, le temps passé, le temps de l’enfance,
le temps des souvenirs qui, tous sont inscrits dans le temps présent.
«
Le passé n’est pas un monde perdu, le vivre dans le présent n’est
pas de la nostalgie. Ce qui est passé est possédé
définitivement. »
Emmanuelle
« Paroi de glace » de Yasushi INOUE
Tire d un fait réel
Deux jeunes alpinistes Kosaka et Uozu, montent une expédition en montagne. Pendant cette ascension la corde qui relie les deux hommes se rompt et Kozaka meurt.
Tous deux étaient amoureux de Minako, jeune femme mariée à un homme âgé qui va participer aux tests réalisés sur la corde .
Uozu se sent soupçonné, Minako indifférente à
l amour de Kosaka, se sent responsable, la sœur du défunt impliquée voit elle aussi sa vie bouleversée.
Dans un environnement spectaculaire Inoué mène une enquête policière qui révèle les doutes des personnages et leur douleur.
Monique
« des petits riens au goût de citron » de Régine Detambel,
un petit livre de nouvelles, acidulées, tendres, drôles ou tristes...beaucoup d’écrivains aiment bien la nouvelle, une forme en fait exigeante. Un livre plein de charme....
Et tant que nous sommes aux livres, un petit retour sur Réparer les vivants « de Maylis de Kerangal, un livre humaniste et saisissant comme un
thriller.....l’auteur essaye de nous proposer la vision simultanée de toutes les scènes où se joue le drame, c’est passionnant.....
Mathilde