Lectures de Septembre 2021

 MODIANO


RUE DES BOUTIQUES OBSCURES


Déambulation d'un homme dans la rue à recherche de son identité. Homme devenu amnésique.

Comme toujours chez Modiano, personnages inaboutis, inachevés. Atmosphère qui se dégage est légère, floue, tout est ébauché. J’ai beaucoup aimé.


Ingrid.

 


     DANS LE CAFÉ DE LA JEUNESSE PERDUE 

C’est un récit à quatre voix :      Celle d’un jeune homme étudiant à l’École des Mines

Celle d’un détective privé

Celle de Louki (personnage principal du roman, jeune femme de 22 ans)

Celle de l’ami et amant de Louki (Roland)

Le jeune homme et Louki fréquentent le même café, un café où se retrouvent un certain nombre d’habitués (surtout des hommes, plus ou moins jeunes)

Le détective privé est engagé par le mari de Louki pour la retrouver ( subitement elle ne revient pas au domicile conjugal) mais il va arrêter ses recherches et ne pas en rendre compte après avoir vu la jeune femme dans le café

Le jeune homme et Roland sont des « doubles » de l’auteur.

Le jeune homme, Louki et Roland passent beaucoup de temps à marcher dans Paris, surtout la nuit. On devine que l’auteur connaît très bien Paris !

Roland écrit un livre sur « les zones neutres » : «  zones intermédiaires… où l’on était à la lisière de tout, en transit ou même en suspens ». Une partie des habitants de ces zones y vivent sous une fausse identité, comme lui.

Il parle aussi de « l’Éternel Retour » (revivre de la même façon les mêmes moments).

Constance

 

SOUVENIRS DORMANTS 

Le personnage à l'occasion de ses errances dans Paris, suivant les lieux ou le souvenir d'évènements lointains, retrouvent des bribes de sa mémoire.

Des images, des rencontres dans des soirées quelque peu interlopes, lui reviennent toujours dans un certain flou, ils pensent reconnaître d'anciennes amies.

Toutes activités d'une jeunesse un peu paumée qui reviennent à la surface, avec comme dans une peinture des morceaux de la toile effacés du fait de l’érosion du temps.

Claude

 

 


    ENCRE SYMPATHIQUE

Le narrateur se souvient d'une enquête dont l'avait chargé, il y a très longtemps l'agence de détectives où il travaillait.

Il s'agissait de retrouver une femme dont on n'avait plus aucune trace. La quête avait été infructueuse et dix ans plus tard, un indice avait relancé son enquête. Le narrateur finit par retrouver des témoins qui ne se rappellent plus de rien.

Tout est vague dans ce roman qui comme tous les romans de Modiano nous interroge sur les souvenirs qui encombrent notre mémoire avec la plus grande fantaisie : on se rappelle de certaines choses, pas d'autres.....Pourquoi ?

Patrick

 

LA PETITE BIJOU   



Un jour, voyant une femme en manteau jaune dans le métro, Thérèse, jeune fille un peu perdue, croit reconnaitre sa mère, alors qu’il lui avait été dit quand elle était toute petite que celle-ci était morte au Maroc.

De son enfance, il ne reste à Thérèse qu’une boite en fer contenant quelques photos, témoins de son enfance et de sa mère.

Thérèse cherche, suit cette femme, jusqu’à son domicile. Elle se cherche. Elle va rencontrer 2 personnes qui chacune va la soutenir dans cette quête de son identité, prêts à l’accueillir, prêts à l’écouter. Mais elle, trop perdue, ne peut se dire.

On avance par petites touches auprès de ce jeune femme mélancolique dans une écriture simple et poétique

Anne

 

J'ai passé l'été avec Modiano " serait un court résumé, mais exact

En effet j'ai décidé de plonger dans son univers que je connaissais un peu et que j'avais aimé ; alors j'ai voyagé, à bord d'un unique train ou taxi parisien à travers la ville et ses faubourgs sans lever la tête, bercée par le rythme des mots : c'est le même livre qui se déroule au long du voyage "des sortes de rêveries qui relèvent de l'imaginaire "dirait l'auteur

.

Je suis passée par "DORA BRUDER"


et le thème de l'Occupation, "QUARTIER PERDU "  chasse à la mémoire perdue ; VOYAGE DE NOCES
une enquête qui n'aboutira pas mais qui cherche à sauvegarder quelques bribes du passé, mémoire du passé, d'une femme et du

Paris occupé ; j'ai collectionné comme P.Modiano tous ces détails, ces traces nostalgiques je les ai rangés dans mon "disque dur "

 

"
VESTIAIRE DE L'ENFANCE"…". La tache claire de son sac de paille " musique douce des mots ici le personnage a fui dans un lieu retiré du monde, et cherche à oublier sa jeunesse parisienne mais la mémoire est là impalpable et surgit, tapie dans l'ombre au détour d'un regard, d'une vague impression.

Le voyage modianesque s'est poursuivi avec "LA RUE DES BOUTIQUES OBSCURES" la quête de l'identité, la mémoire toujours et ici c'est la quête d'un homme qui l'a perdue. Qui étais-je ? Qui suis-je et quelle est l'importance de le savoir ? Voyage sous la forme   d'un roman policier, précision des lieux, fiches et archives de polices contre flou romanesque des bribes de mémoire qui semblent prêtes à émerger, voyage dans le Paris interlope et rencontre avec des personnages de la nuit, émigrés russes, pianiste de bar, autant de personnes auxquelles notre amnésique va tenter d'arracher les parcelles mémorielles d'un puzzle inachevé

Fin du voyage avec "LA PETITE BIJOU" "c'est le nom que l'on me donnait quand j'avais 6 ans " cette jeune femme croise dans le métro, et croit reconnaître, en cette femme "au manteau jaune" sa mère dont on lui a annoncé la mort douze ans plus tôt…la souffrance de l'enfance revient en force, recherche désespérée des repères et errance dans les rues de Paris …nouvelle quête d'identité

P.Modiano a écrit : "ce que j'aime dans l'écriture c'est plutôt la rêverie qui la précède" je pourrais lui répondre, ce que j'aime dans la lecture de ses textes, c'est la rêverie qui la prolonge.


Il m'a été difficile de terminer le voyage ! Merci Monsieur Modiano de m'envoûter à "Chevreuse"

Christiane


 

 


Lectures de Juin

 LECTURES AU CHOIX DE CHACUN

 

Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier,  

polar rural, l'auteur se focalise sur un personnage au début du livre. On sent

que quelque chose va arriver, les informations sont distillées au compte

gouttes. Quelque chose finit par se passer mais on ne comprend pas qui est

<visé. On comprend que les intrus ne sont pas là pour rire. On est dans la tête du mari, un brave paysan, qui ne comprend rien à ce qui se passe.

Le rapport avec le titre ne saute pas aux yeux, pourquoi au pluriel ?

Livre glaçant, dommages collatéraux injustes, livre très prenant. 

Ingrid

 

 


   Pour un herbier de Colette

Passage en revue de fleurs, rose, lys, gardénia, camélia, arum, pavot et plein d'autres.

Odeurs, aspects, usages médicinaux et petites anecdotes.

Ouvrage très vivant, très gai. On les imagine, on les voit, on les sent, livre distrayant au possible.

Ingrid

 


BETTY de Tiffany Mc Daniel (prix du roman FNAC 2020 et prix America du meilleur roman 2020)  


"Betty est une "petite indienne" surnommée ainsi car son père est cherokee. Même si sa mère est blanche, la famille est en permanence en butte au racisme dans une petite ville rurale de l'Ohio où dans les années 60 l'ignorance et la violence règnent en maître.
Le contact avec la nature et les histoires magiques racontées par son père ne suffisent pas à atténuer la douleur de Betty qui s'évade par l'écriture d'un journal qu'elle enfouit sous terre au fil des années et qu'elle révèlera à l'âge adulte.
La plus grande partie de la famille ne survivra pas aux horreurs qui ne sont pas seulement le fait des "autres" mais Betty, elle, sera sauvée par le pouvoir des mots."


Annette


 VALÉRIE PERRIN - TROIS

Tout au long de ce livre nous ferons des allers/retours dans les dates des différents évènements.

Virginie la narratrice, est traductrice et journaliste. Elle n'a que trois amis (Adrien, Nina, Etienne) du même âge qu'elle. Elle raconte le trio inséparable :

- leur entrée en CM2 en septembre 1986

- leur adolescence, dans un petit village "La Comelle" en Saône et Loire qui perd peu à peu tous ses habitants

- leur évolution au cours des années de primaire, de collège et de lycée ; l’on fait également connaissance de leurs familles,

- leur choix de profession et leur parcours dans le métier

- leurs amours, leurs déceptions, leurs traumatismes

En 2017, Virginie (elle-même originaire de "La Comelle") est mandatée par son journal pour photographier une épave retirée du lac de Comelle avec des os à l'intérieur du véhicule volé en 8/1994 ; les souvenirs de sa propre jeunesse lui reviennent à l'esprit.

La découverte de l'auto et l'enquête qui en découle vont nous faire découvrir de façon encore plus approfondie les caractères et les motivations des trois amis.... ainsi que de nombreuses surprises.

Cécile


 

Chagall, Modigliani, Soutine.... Paris pour école 1905-1940


en rapport avec exposition du Musée d'art et d'Histoire du Judaïsme, actuellement au musée.

Excellent ouvrage sur artistes, peintres, sculpteurs, qui sont venus à Paris de 1905 à 1940. Livre émaillé de photos d'artistes, de tableaux, de brèves biographies ainsi que d'une chronologie qui démarre en 1900, qui fait des liens avec les autres artistes qui s'installent à Paris, et aussi liens avec événements historiques marquants.

Ce que j'ai aimé ds ce livre est qu'on parle des femmes artistes: Sonia Delaunay Terk, Marianne Breslauer, Alice Halicka, Chana Orloff, - - femme sculpteur, peintre.

Dans cet esprit de reconnaissance du rôle des femmes dans l'Art, voir l'excellente et exhaustive exposition à Beaubourg sur l'apport des femmes ds l'abstraction.

Bon à savoir, les femmes en Russie ont pu aller à l'académie des Beaux-arts en 1874 !

Autre exposition au musée du Luxembourg sur l'apport des femmes ds peinture de 1780 à 1830, la plus célèbre d'entre elles fut Elizabeth Vigee Le Brun, portraitiste officielle de Marie Antoinette.

Ingrid


 

ROSELLA POSTORINO - LA GOUTEUSE D'HITLER

Née en Calabre en 1978 - Essais, pièces de théâtre, Editrice, Journaliste, Ecrivaine.


L histoire se passe en 1943 en Allemagne. 10 femmes sont réquisitionnées par les sbires d'Hitler pour goûter ses plats car il craint d'être empoisonné. Quelques une d'entre elles en sont fières. Les autres trouvent le courage de se moquer de lui malgré la peur qui règne sur leur existence ce qui est décrit avec beaucoup d'humour.

La narratrice a 26 ans. Elle réside chez ses beaux-parents ; son mari est à la guerre. Elle raconte sa vie avant d'être goûteuse : enfance, guerre, bombardements, faim, mort de sa mère.

Elle nous décrit ses compagnes goûteuses et leurs conditions de survie au service du dictateur. Il finira par quitter cette cache ayant perdu la guerre.

Cécile

 

IMPOSSIBLE de Erri de Luca 


Un homme d'un certain âge part en randonnée dans les Dolomites.

Il voit un devant lui un randonneur, il ralentit pour profiter de sa randonnée en solitaire dans la montagne.

Arrivé à un passage escarpé, il aperçoit l'homme qui le précédait, au fond d'un ravin.

Il donne l'alerte et fait donc partie des témoins. Il découvre que la victime faisait partie du même groupe révolutionnaire que lui 40 ans plus tôt et que ce dernier l'avait livré, ainsi que tous ces anciens camarades, à la police.

De témoin il devient suspect pour le magistrat chargé de l'affaire qui trouve la rencontre improbable et la coïncidence impossible.

Il tente de lui faire avouer, par tous les moyens, que c'est un meurtre prémédité par vengeance.

Le juge découvre l'univers de la montagne.

Au début de l'instruction, les dialogues sont très tendus. Mais l'interrogatoire se transforme en un dialogue entre générations. Il se dessine une riche réflexion, presque philosophique, sur l'engagement, la justice, l'amitié, la trahison.

Patrick

 

 

  ARBRE DE L'OUBLI de NANCY HUSTON

3 personnages dominent ce roman. Shayna, jeune femme et ses parents Joël et Lili Rose.

Joël, professeur d'anthropologie, écrasé par le poids de son enfance face à un frère préféré et une mère traumatisée, est issu d'un couple juif de la vieille Europe émigré aux Etats-Unis pendant la guerre de 1939-45.

Lili Rose, fille unique adulée par ses parents de religion protestante, n'a eu de cesse de casser les codes de son milieu d'origine.

Shayna leur fille nous est présentée à travers son journal intime. En quête de son identité, elle nous apparaît en grande souffrance. Des sentiments de colère l'animent et elle ne cesse de s'interroger sur le féminisme, l'esclavage, le lien familial, la procréation.

Roman foisonnant qui évoque toutes les inquiétudes et les combats bien présents dans notre actualité pour une humanité solidaire, antiraciste, anti-genre, etc...

La construction de périodes non suivies pour chaque personnage (ex. 1945, 1979, 1958, 2001, 1970, 1969 etc...) obligent à un peu de concentration. Mais le style de Nancy Huston est clair, limpide, des phrases très agréables à lire qui ancrent dans l'histoire sans trop d'effort.

Claude

 

Le Turquetto Metin ARDITI 

né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), il est fils d'un employé du marché aux esclaves et d’une mère décédée à sa naissance. Tout jeune, il vit déjà une vie marginale passionné par le dessin et la peinture. Mais juif dans une ville musulmane, il ne peut y exercer son art lui qui sait si bien regarder les visages. A la mort de son père il s'exile à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. A Venise, il masque son identité, fréquente les ateliers du Titien, et connaît une carrière exceptionnelle. En se faisant passer pour chrétien, il peut vivre son amour de la peinture que sa religion lui interdit.

Art, religion, identité, mensonge, compassion, respect, manipulation, violence, le livre évoque tout cela, et plus encore... jusqu'à ce que le Turquetto « dévoile » : la Cène et que tout change, à nouveau.


On baigne dans des descriptions extraordinaires de la peinture. Intéressant et combien souvent désolant le rapport des religions à la peinture, aux représentations humaines.

Terrible la mise au ban des juifs, et en Turquie et surtout à Venise

Anne

 

 

Audur Ava OLAFSDTTIR « Le Rouge Vif de la Rhubarbe »

(Auteure de Rosa Candida plus connu)


Conçue dans un champ de rhubarbe sauvage, née à l'arrière d'une voiture, Agostina ne peut se déplacer qu'à l'aide de deux béquilles ; une mère ornithologue partie à l'autre bout du monde étudier les oiseaux migrateurs, peu de temps après sa naissance et un père marin au long court qui ignore son existence ! Il y a mieux pour démarrer dans la vie !

L'auteure nous entraîne dans l'histoire ordinaire d'une Agostina peu ordinaire sur une Ile noire aux paysages extraordinaires .Agostina est laissée aux bons soins de Nina experte en confiture de rhubarbe

Agostina personnage central, espiègle ,volontaire mais aussi rêveuse, songeuse, se nourrit de la lecture des lettres de sa mère, des défis qu'elle se donne et des moments de méditation passés sur la plage ou dans le champ de rhubarbe.

Son dernier défi termine ce petit livre court, premier roman de l'auteure ; à recommander à qui n'a pas besoin d'intrigue et d'action mais besoin de plonger dans un petit port de pêche Islandais où il ne se passe rien

Christiane

 

La vie en Relief de Philippe Delerm.(Janvier 2021) 

 

Ce livre n'est pas un roman, il n'y a pas d'histoire ou d'intrigue. Philippe Delerm évoque avec pudeur, son bonheur, son amour pour sa femme Martine, pour son fils Vincent, le chanteur, pour sa belle-fille et ses petits-enfants, ses peurs, ses craintes, ses souvenirs, ses émotions et sensations. Il parle du bonheur d’aimer et d’être inquiet pour ceux qu’on aime. Il parle aussi de la vie de famille éloignée mais non distendue par le coronavirus. Il trouve de la beauté dans l'ordinaire des choses.  Les chapitres sont courts, bien écrits, mêlant souvenirs et problèmes actuels.

C’est une réflexion sur le temps, le temps passé, le temps de l’enfance, le temps des souvenirs qui, tous sont inscrits dans le temps présent.
«  Le passé n’est pas un monde perdu, le vivre dans le présent n’est pas de la nostalgie. Ce qui est passé est possédé définitivement. » 


Emmanuelle

 

« Paroi de glace » de Yasushi INOUE

Tire d un fait réel 

 

Deux jeunes alpinistes Kosaka et Uozu, montent une expédition en montagne. Pendant cette ascension la corde qui relie les deux hommes se rompt et Kozaka meurt.

Tous deux étaient amoureux de Minako, jeune femme mariée à un homme âgé qui va participer aux tests réalisés sur la corde .

Uozu se sent soupçonné, Minako indifférente à

 l amour de Kosaka, se sent responsable, la sœur du défunt impliquée voit elle aussi sa vie bouleversée.

Dans un environnement spectaculaire Inoué mène une enquête policière qui révèle les doutes des personnages et leur douleur.

Monique

 

«  des petits riens au goût de citron » de Régine Detambel


un petit livre de nouvelles, acidulées, tendres, drôles ou tristes...beaucoup d’écrivains aiment bien la nouvelle, une forme en fait exigeante. Un livre plein de charme....


Et tant que nous sommes aux livres, un petit retour sur Réparer les vivants «  de Maylis de Kerangal, un livre humaniste et saisissant comme un

thriller.....l’auteur essaye de nous proposer la vision simultanée de toutes les scènes où se joue le drame, c’est passionnant.....


Mathilde

 

 


 

 

 


 

 

 

 


 

 


 



LECTURE DE MAI

LES AUTEURES ITALIENNES


Ecrivaine : Goliarda Sapienza

Goliarda est un dérivé de GOLIARD qui signifie : Clerc itinérant et contestataire. C'est un prénom très peu usité.

Goliarda est née à Rome en 1924 et décédée en 1996 (72 ans) ; elle est de parents socialistes, doctrine qu'elle va adopter.

Goliarda avait écrit entre 1967 et 1976 (9 ans) un livre "l'Art de la joie" qu'aucun éditeur n'avait voulu mettre sur le marché. Cela l'a profondément marquée ; elle était en dépression, sa vie sentimentale n'étant pas très brillante également. Son livre a eu beaucoup de succès bien plus tard.

Livre choisi : L'Université de Rebibbia.

En fait, il ne s'git pas d'une université mais d'une prison ; ce nom d'université est donné avec une certaine ironie par Goliarda car elle envisage cet endroit comme un univers d'apprentissage. Elle est emprisonnée en 1980 pour vol de bijoux.  (La période 1960/1980 est très troublée "les années de plomb" droite contre gauche en face d'un gouvernement affaibli et corrompu avec comme point culminant l'assassinat d'Aldo Moro, Président du conseil des ministres, démocrate chrétien, par les brigades rouges ; donc des conditions de détention très dures. il y aura une réforme carcérale par la suite).

Elle dépeint  son arrivée à Rebibbia dans la voiture des gendarmes, ses deux premières nuits dans le monde carcéral féminin, ses rencontres :

- avec les autres détenues : prostituées, voleuses récidivistes,  junkies, révolutionnaires, femmes cultivées qui ne se laissent pas aller)

- avec les gardiennes, les juges, les avocats.

Modifie son comportement pour ne pas être rejetée ou traitée de collabo.

Constate la solidarité entre détenues, l'amour entre femmes, le rapport aux hommes qui viennent contrôler les cellules, les suicides, la folie collective déclenchée par un évènement particulier, la sortie de prison difficile pour certaines qui préfèrent rester en prison.

Elle porte un regard aigu et ironique en faisant la comparaison de la vie à l'intérieur et à l'extérieur de la prison.

Cécile

 

"Marina Bellazza" de Silvia Avallone

Andrea et Marina, deux jeunes qui ont eu une relation amoureuse alors qu’ils étaient adolescents, se retrouvent par hasard, quelques années plus tard. Ils se sont séparés après un incident dramatique. Andrea, jeune homme sensible, fils de petit bourgeois est considéré comme un raté par son père .De son côté, Marina est aussi en manque de   tendresse. Son père est défaillant, sa mère alcoolique. L amour qui les a unis ,est encore bien présent .Pourra t il s épanouir alors que l un voudrait s établir dans une ferme et que l autre ne pense. Qu’à devenir une célèbre chanteuse?

La romancière situe l action dans la vallée où elle a ses attaches. Vallée encaissée, angoissante  qui se désertifie laissant les maisons à l’abandon et les commerces ne remplissant plus leur fonction.

Ce roman retient grâce à ses héros attachants, décidés à réaliser leur rêve.

Monique
 

« Quand le requin dort » Milena AGUS

En Sardaigne, la jeune narratrice, lycéenne de 18 ans sur sa vespa, nous met au cœur de sa famille fantasque où l’on parle de l’amour et de Dieu sans tabou, mais sans jamais trouver ni l’un ni l’autre.

L’auteure nous décrit les personnages de cette famille aux traits bien prononcés : le bienfaiteur, la femme mélancolique, la grand-mère autoritaire et pourtant  pleine de générosité, le musicien dans son monde, mais chacun plein d’humanité, l’amant sado-maso. On navigue entre ces interrogations sur la fragilité de l’amour, du couple, de la famille, des relations sexuelles.

Au milieu de scènes pourtant plus que scabreuses, on navigue entre indifférence, tristesse, douceur et humour et toujours en quête de l’amour sans oublier de s’interroger à chaque fois sur l’existence de Dieu.

Anne

 

 Silvia Avallone. : D’ ACIER

Le roman se situe en Toscane à Piombino au bord de la mer. La seule activité de la ville est l’aciérie avec ses conditions de travail pénibles. Les enfants n’ont que les bares d’immeubles et la plage d’où ils aperçoivent l’île d’Elbe, île riche touristique, qui les fait rêver.

C’est le récit d’une amitié entre 2 filles de 13 ans qui s’aiment d’un amour profond et sincère. Elles sont très jolies, tous les hommes se retournent sur elles, et elles s’amusent de cette agitation. L’une veut devenir romancière, l’autre veut passer à la télé et ne pense pas à l’avenir, d’ailleurs à quel avenir? Elles vivent dans une cité HLM. C’est à travers l’histoire de leurs familles que l’auteure nous décrit l’Italie de Berlusconi et de la sous culture. Une Italie pauvre où les valeurs fichent le camp, seuls comptent l’argent et la célébrité ; les pères et les frères travaillent à l’aciérie, ou s’ils n’y travaillent plus, font du trafic de cuivre, de cocaïne, d’œuvres d’art, les femmes font ce qu’elles peuvent.

C’est un beau roman plutôt noir. C’est le premier roman de Silvia Avallone qui l’a propulsée en tête des meilleures ventes en Italie en 2010.

Je me suis attachée à ces personnages, à la façon dont l’auteure réussit à se transposer dans leurs pensées et leurs émotions et à nous les transmettre.

Emmanuelle

 


 L’île d’Arturo – Elsa Morante

L’île, c’est Provida dans le golfe de Naples, un lieu sauvage et préservé en cette fin des années 30.

L’écriture poétique d’Elsa Morante nous y emporte dans les pas d’Arturo dont l’enfance solitaire, attristée par la mort de sa mère et les fréquentes absences de son père, oscille entre drame et comédie, mais est toujours magnifiée par la beauté de nature, la liberté et les mythes familiaux. En même temps que son univers s’écroule après une cruelle révélation, les premières rumeurs de guerre se font entendre et le départ d’Arturo c’est aussi la fin d’une époque pour l’île.

Elsa Morante (Rome – 1912 1985) est l’auteure de nouvelles, poésies et romans, dont La Storia qui lui a valu un succès mondial. L’île d’Arturo, sous-titrée. Mémoires d’un adolescent, écrite en 1957, a reçu le prix Strega, l’un des plus importants d’Italie.

Annette

 

 

Milena Agus : sens dessus dessous 

L’auteure est née en 1959 à Cagliari en Sardaigne ; elle est professeur d’italien et d’histoire dans un

institut technique de Cagliari. En 2005, elle publie son premier roman, « quand le requin dort » et

C’est en 2006 avec « Mal de pierres » qu’elle est révélée en France.

Le roman : 3 protagonistes habitent un immeuble de la vieille ville de Cagliari face à la mer, ils sont reliés par l’escalier. Au dernier étage M. Johnson, un violoniste âgé. Sous ses fenêtres, la Méditerranée. Il est aidé par Anna un sexagénaire qui habite à l’entresol et qui lui sert de dame de compagnie, voire plus. M. Johnson s’est clochardisé depuis que sa femme est partie. Anna ne

tarde pas à repérer des revues porno cachées dans l’appartement de M. Jonhson, elle se met à porter des dessous chics et rêve d’une nouvelle vie avec le grand artiste du dernier étage.

A l’étage intermédiaire vit Alice une romancière qui tombe amoureuse du fils de M. Johnson.

Chaque habitant de cet immeuble a son grain de folie et pour affronter les turbulences de la vie, ils montent et descendent l’escalier et se réfugient les uns chez les autres pour rêver d’une autre vie.

Livre très optimiste, plein d’humour et d’humanité. Un joli roman qui remonte le moral.

Martine L

 

 

Mal de pierres de Milena Agus

La romancière est sarde et situe son roman dans son pays. Elle y restitue une atmosphère de la fin de la guerre, dans un pays encore pauvre, où une jeune fille qui se trouve laide, et pas très bien dans sa peau, commet quelques actes de folie. On la marie avec un homme qu'elle n'aime pas mais qui, sans l'aimer lui non plus, saura lui montrer une grande affection. Elle aura un fils d'un soldat "rescapé" de la guerre comme elle le nomme, relation très brève qui illuminera toute sa vie, et dont elle aura un enfant grand musicien. Lui à son tour engendra une fille, la narratrice de cette histoire. Roman un peu triste, quelques moments de folie, une certaine âpreté, et pour racheter le tout l'amour profond de cette petite-fille pour sa grand mère un peu folle.

 

Claude