Lectures de mars

 Nous nous sommes retrouvées le 8 mars; le thème ne pouvait qu'être autour des femmes : La femme et la religion, ou de façon plus large, la place de la femme dans la société.



 "Bakhita"  de Véronique Olmi   -   née en 1962 à Nice - Elle est également scénariste et comédienne

Jeune soudanaise née en 1869 au Darfour. A l'âge de 7 ans, alors qu'elle n'a connu que la douceur de sa mère (11 enfants : 4 morts et 2 enlevés) et a vécu entourée et protégée, elle est razziée par de hommes de son peuple, puis vendue.

1/3 du livre est consacrée à tout ce qu'elle va subir pendant sa vie d'esclave sans jamais perdre sa rage de vivre, en surmontant tous les chagrins et apporter son aide aux  malheureux qu'elle rencontre en particulier aux enfants.

Jusqu'au jour où elle est achetée par le Consul d'Italie au Soudan qui va l'emmener en Italie où elle subira encore l'esclavage, sans les coups de fouet, mais avec encore beaucoup de cruauté.

Un homme, très religieux, va enfin venir à son secours. Elle va refuser de suivre sa dernière maîtresse qui voulait la faire repartir au Darfour. Elle va devenir novice chez les sœurs (canossiennes : religieuses enseignantes et catéchistes de droit pontifical et les sœurs salésiennes, formatrices pour la jeunesse) après un procès retentissant qui la libère de sa position d'esclave. Peu à peu, elle va gravir les échelons dans la hiérarchie religieuse.

Constamment rejetée en raison de sa couleur peu habituelle en Italie, elle sera rejetée, montrée du doigt mais arrivera toujours à se faire aimer. Elle va connaître les deux guerres et la colonisation de l’Éthiopie par Mussolini de 1936 à 1941, pays dans lequel il fera de milliers de morts.

Bakhita meurt en 1947 à l'âge de 78 ans et sera béatifiée par Jean Paul 2 en 1991 ; en 2000 elle devient la première femme sainte soudanaise et la première femme africaine à être élevée à la gloire des autels par Jean Paul 2.

Cécile  

 
"Blanc autour" BD de Wilfrid Lupano pour le scénario 

et Stéphane Fert pour les dessins et couleurs.  

Reprend des faits réels .Près de Boston en Amérique,une petite école reçoit des jeunes  filles blanches qu'elle éduque. Pour avoir accepté qu'une jeune noire, curieuse de savoir, assiste au cours, Prudence Crandall, s'attire les foudres des familles blanches et voit son école se vider. Elle prend le parti de l'ouvrir alors aux jeunes filles noires. Cet établissement va cristalliser la violence et la haine des bons "bourgeois" qui s inscrivent dans la période bouleversée de la fin de l esclavage. 

 Monique                                                 

 

 


 TITUBA, sorcière noire de Salem
  roman de Maryse Condé

Maryse Condé, une grande romancière française contemporaines, a souhaité rétablir la mémoire de Tituba, seule personne de couleur, accusée de sorcellerie dans un procès retentissant en 1692 à Salem, dans le sud des États-Unis (colonie de l'Angleterre à cette époque)

Tituba, née à la Barbade, est une jeune femme aux croyances animistes, connaissant bien les plantes et faisant parfois office de guérisseuse. Par une suite d'évènements, elle se retrouve à Boston, puis à Salem, rachetée par un pasteur presbytérien rigoriste, Samuel Parris.

A la suite d'une dénonciation, elle est accusée de sorcellerie et avec elle des femmes et hommes de cette communauté puritaine prise d'une hystérie collective incontrôlable.

Du point de vue historique, ce procès a fait l'objet de beaucoup de recherches, mais on a oublié Tituba, du fait de son statut d'esclave noire.

Maryse Condé enrobe cet événement historique d'une fiction très agréable à lire et qui nous fait frémir quand on songe à l'emballement des dénonciations et rumeurs qui ont mené à ce procès inique.

Il a fait également l'objet d'une pièce de théâtre « Les sorcières de Salem » d'Arthur Miller en 1953, devenue un classique des pièces contemporaines.

Claude    

 

"Les impatientes" de Djaïli Amadou Amal 

L’auteure est née en 1975 à Maroua au en 1975. Elle est donc une écrivaine camerounaise et elle a choisi de s’exprimer en français. 

Elle est militante féministe : son mouvement : l’association Femmes du Sahel. Ses romans sont inspirés par sa vie. Elle a été mariée à 17 ans dans le cadre d’un mariage forcé où le mari avait plus de 50 ans. En 1988 elle parvient à quitter son mari après 5 ans de vie commune. Au bout de 10 ans, elle quitte son second époux violent pour s’installer à Yaoundé. Au moment de la rupture, son mari kidnappe ses deux filles par vengeance. Djaïli trouve un travail grâce à son BTS de gestion et à la vente de ses bijoux en or. Elle se met à écrire parallèlement . Dès son premier roman, Walaande, l’art de partager un mari paru en 2010, elle dénonce les pesanteurs sociales liées aux traditions et aux religions. Après plusieurs romans, paraît les impatientes, réécriture de son 3ème roman, Munyal. Ce livre atteint la finale du prix Goncourt 2020. Finalement, le livre obtient le prix Goncourt des lycéens.

Le roman : c’est l’histoire de 3 femmes vivant à l’extrême nord du Cameroun qui luttent contre la violence exercée à leur encontre : le mariage forcé, le viol conjugal, la polygamie et à qui l’on répète sans cesse : Munyal (patience en peul). Chaque partie du roman montre une forme de violence subie par les femmes, dans le mariage. C’est un roman, universel, facile à lire mais très difficilement supportable dont on ne ressort pas indemne. 

Martine L. 

 


 "La Sorcière"
de Jules Michelet

édité en 1862, cet ouvrage  relate les persécutions du moyen âge à la Révolution, dont ont été victimes les femmes guérisseuses. Et comment en les faisant passer

pour des sorcières malfaisantes, la religion et la médecine sont devenus des institutions régies par les hommes.

 

Numéro LA VIE  HorsSérie HISTOIRE   la Bible et les femmes

Des chercheuses et écrivaines issues du judaïsme du protestantisme et du catholicisme

interrogent la bible sur la place de la femme, balaient les clichés et nous renvoient à des questions essentielles.

Christine  

 

"La tresse" Laetitia Colombani

Ce livre présenté comme féministe raconte le combat quotidien de 3 femmes. 

La première femme, Smita est indienne. Intouchable. Et comme tous les intouchables elle accomplit les tâches les plus avilissantes. En ce qui la concerne, nettoyer les toilettes des gens. Elle n’arrive jamais complètement à se débarrasser de cette odeur qui lui colle à la peau, imprègne chaque centimètre de son corps, mais pour elle une chose est certaine, sa fille doit se sortie de sa condition en suivant des études.

La deuxième est italienne. Sa famille possède un atelier de perruques. Une affaire dont elle découvre qu’elle est au bord de la ruine. Il faut trouver une solution pour la sortir du rouge…

La troisième enfin, Sarah est canadienne. Une avocate à succès dont le salaire mensuel aligne les zéros. Mais elle évolue dans un monde dans lequel le moindre signe de faiblesse signe votre arrêt de mort. Elle a beau vouloir cacher son cancer à son patron et continuer à gagner ses procès comme si elle n’était pas épuisée par les chimios, le secret finira par s’éventer….

Les 3 héroïnes ne se retrouvent liées car Smita se rend dans le temps de Vishnou pour faire offrande de ses cheveux pour avoir l’aide de son dieu pour continuer son voyage

. « si les italiens ne gardent plus leurs cheveux, les indiens eux les donnent »

Giula va donc récupérer ces mèches de cheveux afin de fabriquer une perruque et Sarah après son traitement contre le cancer, n’a plus de cheveux

Les héroïnes de ce roman doivent être des guerrières, avoir la force et la combativité qui sont habituellement des traits de caractères assignés aux hommes. A l’inverse, elles doivent effacer toute qualité souvent pensée comme féminine, l’empathie, la bienveillance et l’indulgence. Ce roman est l’histoire de 3 individus, ce n’est jamais un combat collectif avec une réflexion sociale aboutie. Smita par exemple refuse que sa fille nettoie les latrines des autres comme elle, et se bat pour retrouver sa dignité. Elle organise sa fuite mais son histoire reste une trame individuelle, celle d’une maman qui tente de se débattre dans un monde difficile, tandis que pour Giula, la réussite passera par le sauvetage de l’entreprise de son père. Et pour ce faire, la matière première des cheveux italiens venant à manquer, il faut aller la chercher en Inde « importer c’est la seule façon de sauver l’atelier ».

Quant à Sarah, working girl qui refuse de vieillir, s’enferme dans le carcan de la haine de soi, puisqu’elle est une femme et dépasse la quarantaine.

Ce roman à mon avis fait preuve de sexisme notamment par un éloge de la beauté, validée par le regard des hommes. Si le roman dépeint le destin de femmes fortes, celles-ci sont pourtant construites et grandies par des hommes.

« Giulia est belle, on le lui a souvent dit » Sarah plaisait … peu d’hommes lui résistaient. La validation des corps des deux femmes passent par le regard des hommes.

En conclusion, j’ai trouvé que ce roman ne révélait pas une pensée féministe aboutie. 

L’auteur a essayé de faire un portrait de cette société mais a oublié les multiples formes de domination qui s’entremêlent, les injonctions que les femmes perpétuent elles même et surtout la domination des femmes blanches, des pays occidentaux, de leurs richesses et de leurs privilèges. 

Martine B 

 

 

"de la laïcité"  de Caroline FOUREST : 




  Ce livre répond aux attaques de la laïcité française par les intégristes et les  partisans du modèle américain.
  Il retrace l'histoire de la loi de 1905 et de l'école laïque associées à la constitution de notre république.
  Ce livre défend une vision combative et équilibrée du modèle français.

 Hélène  

 

 

 

 


"La folle allure"
de Christian Bobin.

Il s'agit d'un récit-portrait à la première personne, d'une femme farouchement libre, depuis sa plus tendre enfance.

Son évolution au cours du livre est de finir par faire assumer ses propres choix, ses projets dans l'avenir, au lieu de se contenter d'assumer les hasards de la vie, en comprenant d'où et de qui                                                 elle vient...

Une écriture simple en apparence mais raffinée et élaborée ...

Mathilde 



Quelques notes sur l’analyse de Laure MISTRAL dans « Et Dieu créa les femmes » qui nous donne un certain regard



Le Dieu unique est apparu au moyen orient balayant prêtresses et déesses.

Les religions monothéistes plongent dans la culture éminemment patriarcale du Moyen Orient. La femme est épouse et mère, elle doit obéir et on transforme les coutumes en loi.

Dieu est toujours représenté sous des traits masculins.

Pourtant au début Dieu crée l’être humain, l’Adam, mâle et femelle, ce n’est que plus tard qu’il opère la séparation (la côte d’Adam) femelle et mâle.

Il existe des milliers d’interprétations de la bible, qui représentent toujours la femme comme irresponsable et inférieure, mais qui émanent toute d’hommes.

On connait les prophètes masculins ainsi que les anges quand ils sont sexués. Mais on connait moins le terme de sekhina, nom féminin pour exprimer la présence divine dans le Talmud, ou Sakina dans le coran

Les religions sont un mélange des traditions qui deviennent un diktat religieux. Effrayées par la société moderne, la religion veut revenir aux sources, mais bien difficile de déterminer quelles sont les sources.

Marie arrive comme intermédiaire entre Dieu et les hommes mais elle est présentée comme un modèle de soumission.

Seul Jésus pourrait peut-être être considéré comme féministe. Il s’adresse à des femmes rejetées, la prostituée, la femme adultère ;

C n’est qu’en 1841 qu’arrive la bat-mitzvah

Dans la religion musulmane, comme catholique, une femme ne peut être imam ou prêtre

Il y a sans doute plus de nuance dans l’hindouisme qui reconnait l’amour réciproque, même comme un devoir, mais la femme demeure inférieure. Son mariage donne lieu à une dot

Pendant les guerres, la polygamie a été instaurée comme une protection des femmes, mais elle est demeurée par la suite.

A l’époque où ont été écrites les prescriptions sur le voile, au Moyen Orient, seules les prostituées découvraient leurs cheveux.

Transmission du judaïsme par la mère trouve son origine dans une époque où les pères absents, seules les femmes transmettaient la religion, les prières, les gestes traditionnels, la morale etc…

Traditions locales et d’époques qui sont devenues lois

Anne  

 

 

 " Les femmes et le Pouvoir " May BEARD 

Dans ce manifeste l'autrice pose la question de la place des femmes dans les structures du pouvoir ; si cette question est d'une actualité quotidienne elle tend à rappeler que la misogynie a des racines anciennes 

Mary Beard rappelle que notre culture occidentale doit beaucoup aux grands textes de l'Antiquité et que depuis  l'Odyssée d'Homère et le passage où Télémaque demande à sa mère Pénélope" de se taire, et de retourner à ses travaux, sa toile et sa quenouille ,la parole publique étant une affaire d'hommes," jusqu'à notre monde politique actuel exhibant les caricatures d'Angela Merkel ou d'Hillary Clinton sous les traits de Méduse, la voix publique des Femmes a rencontré de très grands obstacles pour être entendue

Mary BEARD rappelle qu'une femme qui exprime sa colère est facilement traitée de harpie ou de furie et qu'elle a alors très peu de chances d'être prise au sérieux ; et enfin en évoquant le moment historique ouvert par le mouvement " Me Too", elle souligne que " lorsque des femmes parviennent à exprimer une colère légitime, la Révolution n'est pas loin !"

Christiane  

 

 

Prochaines rencontres :

Lundi 19 Avril : "autour de Maylis de Kerangal"

Lundi 17 Mai : "autour des auteures italiennes"

 

 

 

 

 

Lectures de Février

 

 

En ce mois pluvieux nos lectures nous ont menées de Paris à Prague, en passant par Londres et Berlin. Nous avons aussi voyagé en pays latin Barcelone, Naples, Rome et Venise. Nous nous sommes transportés à Savannat en Georgie au sud des Etats-Unis. Nous sommes revenues en passant par Reims

 


     "Le Noël du commissaire Ricciardi" - Roman policier

Maurizio de Giovanni né à Naples en 1958 -

Ecrivain, banquier, journaliste, sportif

Naples décembre 1931. Dans un quartier côtier de Naples, appelé Mergellina, a eu lieu un double meurtres. Il s'agit d'un couple, le mari fait partie de la milice fasciste. Ils ont une petite fille dont la tante, bonne soeur, s'occupe principalement. Le commissaire et son adjoint vont mener l'enquête. Noël et fascisme tiennent une place importante pour l'enquête.

Le commissaire est un homme taciturne, secret, hanté par tous les êtres qui ont perdu la vie soit par accidents ou meurtres qu' il a été chargé d'élucider.  Cela l'empêche de créer des liens amicaux ou amoureux. Il n'apprécie que son adjoint qui a lui-même des problèmes familiaux à régler.

Toute la ville de Naples, la pauvreté (des pêcheurs en particulier), la beauté de certains paysages, son port avec le trafic incessant des marchandises et des passagers, sont décrits avec beaucoup de détails ainsi que tous les préparatifs de Noël,  toutes les traditions locales : marchés, parfums, crèches (beaucoup d'explications sur la signification de tous les personnages et animaux), repas typiques, chants.

Cette enquête se déroule au moment où le fascisme se développe avec tous ses partisans et réfractaires, jeunes et adultes recrutés plus ou moins de force ce qui va compliquer l'enquête du commissaire.

Beaucoup d'expressions italiennes utilisées sont traduites en français en bas de page.

Cécile

 

« La ville des prodiges » Edouardo Mendoza    


Dans ce roman, la ville de Barcelone est un personnage aussi important que ne l’est Onofre Bouvila jeune garçon de 13 ans qui quitte sa campagne pour cette  ville  où  il espère pouvoir manger à sa faim. On est en 1888, Barcelone va accueillir L’Exposition universelle, ce qui génère maints travaux et démolitions. La ville  présente encore des constructions insalubres, des rues coupe-gorge où  vivotent des individus très souvent louches. Onofre va très vite être impliqué dans des milieux anarchistes puis grâce à son esprit inventif ,qu' aucune conscience ne limite, il va grimper tous les échelons de la société jusqu'à tutoyer les puissants du monde entier. Un roman foisonnant, regorgeant de détails historiques, de personnages réels, écrit avec le style et la verve d'un roman picaresque.



 

"BERLIN, la Cité des Pierres" Jason Lutes

BERLIN, roman graphique historique dont la cité des pierres est un premier volume. Deux autres suivront sur une période de 10 ans.

 Rencontre d'un journaliste pacifiste Kurt et d'une jeune artiste peintre Marthe dans Berlin pour la période de 1928 au 1er mai 1929. Pendant ses heures sombres de la République de Weimar, Jason Lutes a méticuleusement reconstitué les ambiances différentes de la vie berlinoise : le milieu intellectuel, artistique, festif, la grande pauvreté pour beaucoup, les combats politiques, les juifs. Le récit se termine par la grande manifestation du 1er mai 1929 qui sera réprimée dans le sang. La lecture des dialogues couplée au graphisme percutant en fait un roman oh combien passionnant à parcourir.

La BD c'est aussi de la littérature !!

Claude

 

"La pleurante des rues de Prague"Sylvie Germain  

 

Une inconnue se glisse furtivement dans les rues de Prague, sa ville. Elle n’a ni nom, ni âge, ni visage.

Son corps est majestueux, une géante. Elle boite. Ses vêtements sont simples en tissu grossier et de mauvaise coupe.

12 apparitions au rythme des saisons, dans les différents quartiers, comme des évocations de l’histoire souffrante de Prague.

Un essai poétique à l’écoute de l’âme d’une ville.

Christine
 


  "Le bourreau de Gaudi" Aro Sainz de la Maza.

L'auteur est né à Barcelone en 1952, il est éditeur et traducteur. .

Le livre : 600 pages palpitantes. Deux hommes importants de Barcelone sont torturés puis brûlés vifs et retrouvés dans un monument conçu par Gaudi à Barcelone. C'est un meurtrier sadique, cruel et insaisissable qui est l'auteur de ces crimes épouvantables. Milo Malart et sa sous inspectrice sont chargés de l'enquête. Milo est un homme irascible, instable qui ne se remet pas de la mort de son neveu . Ce livre est un thriller puissant qui nous emmène dans les méandres  d'une Barcelone rongée par la corruption, les magouilles politiques, la misère sociale qui découlent des profondes mutations urbaines qui ont fait de Barcelone une ville dédiée au tourisme de masse. 

Un grand hommage est rendu à Gaudi dans ce livre palpitant qui permet au lecteur de voir la face cachée de la ville.

Martine L

 

« Mrs Dalloway » Virginia Woolf  

Une journée dans la vie de Clarissa Dalloway. Une journée dans la vie de cette femme au foyer qui prépare une réception pour son mari. . Le matin même, Peter l’amour de sa jeunesse, est revenu la voir lui annoncer son mariage prochain avec une indienne.

Lors de sa déambulation dans Londres, Clarissa s’interroge sur le sens de sa vie, sur le choix qu’elle a fait d’épouser Richard Dalloway, homme bon, intègre honnête mais sans fantaisie aucune plutôt que Peter Walsh auquel elle songe avec nostalgie

Tout au long de cette journée, nous faisons connaissance avec plusieurs londoniens et Septimus en particulier, ancien militaire marqué par la guerre, qui ne ressent plus rien et qui va finir pas se suicider et que l’on retrouvera tout au long de cette journée.

Nous passons d’un personnage à  un autre sans transition, souvent dans le même paragraphe présentant leurs sentiments, leurs pensées.

Différents thèmes sont explorés :

La société britanique, « very british » dans l’entre 2 guerres.

La mort est très présente, à travers la guerre, le suicide de Septimus.

L’amour bien sûr, celui de Clarissa envers Peter, Lucy envers Septimus Clarissa envers Sally.

Une journée très londonienne au son de Big Ben et qui nous fait traverser la capitale et son ambiance britannique.

Difficile à lire, il ne se passe rien, et parfois à s’y retrouver dans tous ces personnages amenés sans transition. Mais l’écriture est si belle qu’on a envie de continuer.

Anne

 

 


 « Rome noir » d Chiara Stangalino et Maxim Jakubowski


 A travers 16 nouvelles policières ce livre évoque le passé de Rome (les combats de gladiateurs dans le Colisée, Pasolini assassiné à Ostie,la villa Borghèse),
mais aussi les difficultés de la vie actuelle (pauvreté, saleté, délinquance, immigration sauvage, racisme).   

Hélène

 

"Minuit dans le jardin du bien et du mal" John Berendt 


Une ambiance très particulière et un personnage tout autant dans une ville intemporelle avec une vie comme lui très originale, le temps est comme suspendu dans une époque disparue que l'on aurait vivre...Une histoire vraie !!

                                     Annette

 

 


 «Paris est une fête», Ernest Hemingway

en 1957 alors qu'il est déjà prix Nobel de littérature et fortuné. Il a utilisé des souvenirs de  sa jeunesse insouciante et bohème à Paris où il était arrivé en 1921 comme reporter de 22 ans, avec sa première femme Hadley. Il a adoré la vie parisienne à une époque où l'on pouvait habiter rue du Cardinal Lemoine et aller au Dôme de Montparnasse ou à la « Closerie des Lilas » pour trois fois rien. Il y a fait son apprentissage d'écrivain en côtoyant d'autres Américains expatriés comme lui : Francis Scott Fitzgerald, Gertrude Stein, Ezra Pound, ainsi que l'Irlandais James Joyce. Dans ce livre Hemingway retrace des tranches de vie en les idéalisant. Il les appelle « vignettes parisiennes » Nous restons nostalgique avec lui devant ce Paris bon marché, plein de cafés chaleureux, où les apprentis écrivains pouvaient intégrer les salons des stars littéraires de l'époque. L’auteur adorait Paris et décrit passionnément la ville et son amour pour Hadley. Le livre se termine sur la rupture des époux Hemingway : ils ont quitté Paris en août 1924 pour le Canada. Paris est une fête est finalement paru en 1964, trois ans après le suicide de l'écrivain.

Emmanuelle

« Retour à Reims » Didier Eribon.


Ce dernier, après la mort de son père, peut revenir dans sa ville, voir sa mère, revenir sur sa trajectoire personnelle. Il prend la mesure de la domination de classe que sa famille et lui même ont subi et rééquilibre sa vision de la rupture qu'il a du opérer avec son milieu d'origine pour construire sa vie d'intellectuel et homosexuel.

Mathilde

 

 

 


« La tentation du pardon »  Donna Leon

Née dans le New Jersey, l’auteur vit depuis plus de trente ans à Venise, ville où se situent toutes les intrigues : les enquêtes du Commissaire Brunetti.

La découverte des deux visages de la Sérénissime, celui qu’elle offre aux touristes et celui qu’elle réserve aux intimes. C’est peut-être une vision stéréotypée de la Péninsule italienne, mais les intrigues tournent autour des thèmes de sociétés contemporains et progressistes.

-          La place de la femme,

-          Les atteintes à l’environnement,

-          Les passe-droits que détiennent les classes aisées et que n’ont pas les classes fragiles par rapport aux nombreuses tracasseries administratives (Des amis haut placés).

L’intrigue de cet ouvrage mêle les problèmes de drogue et l’arnaque aux médicaments, mais ce qui donne la saveur à l’ouvrage sont les déambulations du Commissaire Brunetti dans sa ville.

«Brunetti estima qu’il en avait assez fait pour la journée et qu’il pouvait partir plus tôt. Sans rien dire à personne, il prit à droite en sortant de la questure, puis franchit le premier pont à gauche et s’éloigna du centre-ville, laissant à ses pieds le soin de décider du chemin, il finit par se retrouver au bacino d’où il pénétra dans Castillo. Il emprunta la via Garibaldi (une des rares rues de Venise à porter le nom de via comme dans les autres villes italiennes. Il fut rassuré de constater que presque tous les gens autour de lui étaient vénitiens. Il n’avait pas besoin de les entendre parler le dialecte, leur manière de s’habiller et leur allure si naturelle lui prouvait bien qu’il s’agissait de locaux.

Il rentra il avait poussé jusqu’à l’Eglise San Pietro di Castillo ou il avait allumé une bougie en souvenir de sa mère. »

«La nuit était submergée de caigo cette humidité toute vénitienne qui noie les poumons, brouille la vue et recouvre le sol d’une pellicule visqueuse et glissante. Brunetti marchait vers le Rialto savourant la sensation subtile d’être dans une ville abandonnée, drapée d’une substance à mi-chemin entre la brume et le brouillard. Il s’arrêta et tendit l’oreille, sans entendre un seul bruit de pas. Il reprit sa route vers le camp Sant Aponal. Il était en chemin vers les vestiges d’une grande violence, mais n’en concevait aucune détresse, rien que le calme engendré par le fait de se retrouver dans sa ville d’autrefois ; une ville de province endormie, aux rues souvent vides, où il ne se passait pas grand-chose. »

On retrouve également ce chauvinisme vénitien :

« A l’instar d’un trilobite du Cambrien, Parra avait faire son trou à la questure de Venise et y était devenu une sorte de fossile vivant. Avec lui, pétrifié dans la même strate, comme lui, un natif de Palerme lui ayant préféré ces nouveaux pâturages. Les commissaires allaient et venaient, 3 différents questeurs s’étaient succédé depuis que Patta était en poste à Venise, même les ordinateurs avaient été remplacés, mais Patta restait, telle une moule accrochée à son rocher, indifférent aux vagues qui le laissaient intact et bien en place avec son fidèle lieutenant à ses côtés.

Et pourtant ni Patta ni Scarpa n’avaient jamais témoigné le moindre enthousiasme ou affection quelconque envers Venise. Si quelqu’un disait que Venise était belle ou se risquait même à la qualifier de plus belle ville du monde, ils échangeaient un regard empli d’une désapprobation tacite, peut être semblaient ils penser tous deux, mais avez-vous déjà vu Palerme ? »

« Elle était napolitaine la vengeance pouvait prendre du temps mais elle serait consommée » 

On retrouve également la place de la femme :

« Quand je suis rentrée dans la police personne n’imaginait interroger une femme. Nos professeurs les pensaient sans doute au foyer, en train de s’occuper des enfants »

« Une tragédie a frappé ma famille … mon fils se marie en juillet, son père est Policier ? oh c’est bien plus grave, elle est Ecossaise !!! »

La nostalgie du passé, comme dans toutes les villes européennes et mondiales :

« Vous vous rappelez le magasin de jouets il avait disparu comme les autres boutiques du même genre remplacées par de la pacotille pour touristes des jouets inutiles pour adultes tous fabriqués en chine et passant pour vénitiens »

« On n’y vend rien pour les vénitiens … »

Martine B

 

 

"Paris ne finit jamais " Enrique Vila Matas 



Enrique Vila Matas est né en 1948 à Barcelone, il écrit "Paris ne finit jamais " en 2003

Un écrivain, à l'occasion d'une conférence sur l'ironie qu'il doit donner à Barcelone, revient sur ses jeunes années bohèmes passées à Paris.
il était alors logé dans une chambre mansardée louée par Marguerite Duras
Il fait alors des études de littérature et est obsédé par l'ombre tutélaire d'E. Hemingway ; il s'inscrit en négatif par rapport à Hemingway et raconte ses déambulations, les circonvolutions dans les rues de la capitale, le doute, l'abîme.
Dans cette période de disette et de déconvenues, l'écrivain n'a pour seule arme que son regard tendre et malicieux
Il s'invente et se réinvente un monde magnifique et met à mal ses convictions, et tente une construction d'un "être soi"
EV Matas interroge la création, la difficulté à inventer encore lorsque tout a été dit ; il décortique l'ambition qui fabrique un artiste ,dans une grande leçon de littérature offerte au détour d'une ruelle
Matas nous raconte avoir voulu imiter et réincarner E. Hemingway pour qui " Paris est une Fête "et pour qui, Paris représentait une période de sa vie, de sa jeunesse où il avait été pauvre et heureux alors que Enrique Vila Matas tout aussi pauvre se vivait malheureux ; Enrique Vila Matas ne s'en sort que grâce à l'ironie et l'autodérision
Mélange subtil d'ironie, de mal de vivre et de références littéraires . 

Christiane