Lectures de Juin

 LECTURES AU CHOIX DE CHACUN

 

Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier,  

polar rural, l'auteur se focalise sur un personnage au début du livre. On sent

que quelque chose va arriver, les informations sont distillées au compte

gouttes. Quelque chose finit par se passer mais on ne comprend pas qui est

<visé. On comprend que les intrus ne sont pas là pour rire. On est dans la tête du mari, un brave paysan, qui ne comprend rien à ce qui se passe.

Le rapport avec le titre ne saute pas aux yeux, pourquoi au pluriel ?

Livre glaçant, dommages collatéraux injustes, livre très prenant. 

Ingrid

 

 


   Pour un herbier de Colette

Passage en revue de fleurs, rose, lys, gardénia, camélia, arum, pavot et plein d'autres.

Odeurs, aspects, usages médicinaux et petites anecdotes.

Ouvrage très vivant, très gai. On les imagine, on les voit, on les sent, livre distrayant au possible.

Ingrid

 


BETTY de Tiffany Mc Daniel (prix du roman FNAC 2020 et prix America du meilleur roman 2020)  


"Betty est une "petite indienne" surnommée ainsi car son père est cherokee. Même si sa mère est blanche, la famille est en permanence en butte au racisme dans une petite ville rurale de l'Ohio où dans les années 60 l'ignorance et la violence règnent en maître.
Le contact avec la nature et les histoires magiques racontées par son père ne suffisent pas à atténuer la douleur de Betty qui s'évade par l'écriture d'un journal qu'elle enfouit sous terre au fil des années et qu'elle révèlera à l'âge adulte.
La plus grande partie de la famille ne survivra pas aux horreurs qui ne sont pas seulement le fait des "autres" mais Betty, elle, sera sauvée par le pouvoir des mots."


Annette


 VALÉRIE PERRIN - TROIS

Tout au long de ce livre nous ferons des allers/retours dans les dates des différents évènements.

Virginie la narratrice, est traductrice et journaliste. Elle n'a que trois amis (Adrien, Nina, Etienne) du même âge qu'elle. Elle raconte le trio inséparable :

- leur entrée en CM2 en septembre 1986

- leur adolescence, dans un petit village "La Comelle" en Saône et Loire qui perd peu à peu tous ses habitants

- leur évolution au cours des années de primaire, de collège et de lycée ; l’on fait également connaissance de leurs familles,

- leur choix de profession et leur parcours dans le métier

- leurs amours, leurs déceptions, leurs traumatismes

En 2017, Virginie (elle-même originaire de "La Comelle") est mandatée par son journal pour photographier une épave retirée du lac de Comelle avec des os à l'intérieur du véhicule volé en 8/1994 ; les souvenirs de sa propre jeunesse lui reviennent à l'esprit.

La découverte de l'auto et l'enquête qui en découle vont nous faire découvrir de façon encore plus approfondie les caractères et les motivations des trois amis.... ainsi que de nombreuses surprises.

Cécile


 

Chagall, Modigliani, Soutine.... Paris pour école 1905-1940


en rapport avec exposition du Musée d'art et d'Histoire du Judaïsme, actuellement au musée.

Excellent ouvrage sur artistes, peintres, sculpteurs, qui sont venus à Paris de 1905 à 1940. Livre émaillé de photos d'artistes, de tableaux, de brèves biographies ainsi que d'une chronologie qui démarre en 1900, qui fait des liens avec les autres artistes qui s'installent à Paris, et aussi liens avec événements historiques marquants.

Ce que j'ai aimé ds ce livre est qu'on parle des femmes artistes: Sonia Delaunay Terk, Marianne Breslauer, Alice Halicka, Chana Orloff, - - femme sculpteur, peintre.

Dans cet esprit de reconnaissance du rôle des femmes dans l'Art, voir l'excellente et exhaustive exposition à Beaubourg sur l'apport des femmes ds l'abstraction.

Bon à savoir, les femmes en Russie ont pu aller à l'académie des Beaux-arts en 1874 !

Autre exposition au musée du Luxembourg sur l'apport des femmes ds peinture de 1780 à 1830, la plus célèbre d'entre elles fut Elizabeth Vigee Le Brun, portraitiste officielle de Marie Antoinette.

Ingrid


 

ROSELLA POSTORINO - LA GOUTEUSE D'HITLER

Née en Calabre en 1978 - Essais, pièces de théâtre, Editrice, Journaliste, Ecrivaine.


L histoire se passe en 1943 en Allemagne. 10 femmes sont réquisitionnées par les sbires d'Hitler pour goûter ses plats car il craint d'être empoisonné. Quelques une d'entre elles en sont fières. Les autres trouvent le courage de se moquer de lui malgré la peur qui règne sur leur existence ce qui est décrit avec beaucoup d'humour.

La narratrice a 26 ans. Elle réside chez ses beaux-parents ; son mari est à la guerre. Elle raconte sa vie avant d'être goûteuse : enfance, guerre, bombardements, faim, mort de sa mère.

Elle nous décrit ses compagnes goûteuses et leurs conditions de survie au service du dictateur. Il finira par quitter cette cache ayant perdu la guerre.

Cécile

 

IMPOSSIBLE de Erri de Luca 


Un homme d'un certain âge part en randonnée dans les Dolomites.

Il voit un devant lui un randonneur, il ralentit pour profiter de sa randonnée en solitaire dans la montagne.

Arrivé à un passage escarpé, il aperçoit l'homme qui le précédait, au fond d'un ravin.

Il donne l'alerte et fait donc partie des témoins. Il découvre que la victime faisait partie du même groupe révolutionnaire que lui 40 ans plus tôt et que ce dernier l'avait livré, ainsi que tous ces anciens camarades, à la police.

De témoin il devient suspect pour le magistrat chargé de l'affaire qui trouve la rencontre improbable et la coïncidence impossible.

Il tente de lui faire avouer, par tous les moyens, que c'est un meurtre prémédité par vengeance.

Le juge découvre l'univers de la montagne.

Au début de l'instruction, les dialogues sont très tendus. Mais l'interrogatoire se transforme en un dialogue entre générations. Il se dessine une riche réflexion, presque philosophique, sur l'engagement, la justice, l'amitié, la trahison.

Patrick

 

 

  ARBRE DE L'OUBLI de NANCY HUSTON

3 personnages dominent ce roman. Shayna, jeune femme et ses parents Joël et Lili Rose.

Joël, professeur d'anthropologie, écrasé par le poids de son enfance face à un frère préféré et une mère traumatisée, est issu d'un couple juif de la vieille Europe émigré aux Etats-Unis pendant la guerre de 1939-45.

Lili Rose, fille unique adulée par ses parents de religion protestante, n'a eu de cesse de casser les codes de son milieu d'origine.

Shayna leur fille nous est présentée à travers son journal intime. En quête de son identité, elle nous apparaît en grande souffrance. Des sentiments de colère l'animent et elle ne cesse de s'interroger sur le féminisme, l'esclavage, le lien familial, la procréation.

Roman foisonnant qui évoque toutes les inquiétudes et les combats bien présents dans notre actualité pour une humanité solidaire, antiraciste, anti-genre, etc...

La construction de périodes non suivies pour chaque personnage (ex. 1945, 1979, 1958, 2001, 1970, 1969 etc...) obligent à un peu de concentration. Mais le style de Nancy Huston est clair, limpide, des phrases très agréables à lire qui ancrent dans l'histoire sans trop d'effort.

Claude

 

Le Turquetto Metin ARDITI 

né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), il est fils d'un employé du marché aux esclaves et d’une mère décédée à sa naissance. Tout jeune, il vit déjà une vie marginale passionné par le dessin et la peinture. Mais juif dans une ville musulmane, il ne peut y exercer son art lui qui sait si bien regarder les visages. A la mort de son père il s'exile à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. A Venise, il masque son identité, fréquente les ateliers du Titien, et connaît une carrière exceptionnelle. En se faisant passer pour chrétien, il peut vivre son amour de la peinture que sa religion lui interdit.

Art, religion, identité, mensonge, compassion, respect, manipulation, violence, le livre évoque tout cela, et plus encore... jusqu'à ce que le Turquetto « dévoile » : la Cène et que tout change, à nouveau.


On baigne dans des descriptions extraordinaires de la peinture. Intéressant et combien souvent désolant le rapport des religions à la peinture, aux représentations humaines.

Terrible la mise au ban des juifs, et en Turquie et surtout à Venise

Anne

 

 

Audur Ava OLAFSDTTIR « Le Rouge Vif de la Rhubarbe »

(Auteure de Rosa Candida plus connu)


Conçue dans un champ de rhubarbe sauvage, née à l'arrière d'une voiture, Agostina ne peut se déplacer qu'à l'aide de deux béquilles ; une mère ornithologue partie à l'autre bout du monde étudier les oiseaux migrateurs, peu de temps après sa naissance et un père marin au long court qui ignore son existence ! Il y a mieux pour démarrer dans la vie !

L'auteure nous entraîne dans l'histoire ordinaire d'une Agostina peu ordinaire sur une Ile noire aux paysages extraordinaires .Agostina est laissée aux bons soins de Nina experte en confiture de rhubarbe

Agostina personnage central, espiègle ,volontaire mais aussi rêveuse, songeuse, se nourrit de la lecture des lettres de sa mère, des défis qu'elle se donne et des moments de méditation passés sur la plage ou dans le champ de rhubarbe.

Son dernier défi termine ce petit livre court, premier roman de l'auteure ; à recommander à qui n'a pas besoin d'intrigue et d'action mais besoin de plonger dans un petit port de pêche Islandais où il ne se passe rien

Christiane

 

La vie en Relief de Philippe Delerm.(Janvier 2021) 

 

Ce livre n'est pas un roman, il n'y a pas d'histoire ou d'intrigue. Philippe Delerm évoque avec pudeur, son bonheur, son amour pour sa femme Martine, pour son fils Vincent, le chanteur, pour sa belle-fille et ses petits-enfants, ses peurs, ses craintes, ses souvenirs, ses émotions et sensations. Il parle du bonheur d’aimer et d’être inquiet pour ceux qu’on aime. Il parle aussi de la vie de famille éloignée mais non distendue par le coronavirus. Il trouve de la beauté dans l'ordinaire des choses.  Les chapitres sont courts, bien écrits, mêlant souvenirs et problèmes actuels.

C’est une réflexion sur le temps, le temps passé, le temps de l’enfance, le temps des souvenirs qui, tous sont inscrits dans le temps présent.
«  Le passé n’est pas un monde perdu, le vivre dans le présent n’est pas de la nostalgie. Ce qui est passé est possédé définitivement. » 


Emmanuelle

 

« Paroi de glace » de Yasushi INOUE

Tire d un fait réel 

 

Deux jeunes alpinistes Kosaka et Uozu, montent une expédition en montagne. Pendant cette ascension la corde qui relie les deux hommes se rompt et Kozaka meurt.

Tous deux étaient amoureux de Minako, jeune femme mariée à un homme âgé qui va participer aux tests réalisés sur la corde .

Uozu se sent soupçonné, Minako indifférente à

 l amour de Kosaka, se sent responsable, la sœur du défunt impliquée voit elle aussi sa vie bouleversée.

Dans un environnement spectaculaire Inoué mène une enquête policière qui révèle les doutes des personnages et leur douleur.

Monique

 

«  des petits riens au goût de citron » de Régine Detambel


un petit livre de nouvelles, acidulées, tendres, drôles ou tristes...beaucoup d’écrivains aiment bien la nouvelle, une forme en fait exigeante. Un livre plein de charme....


Et tant que nous sommes aux livres, un petit retour sur Réparer les vivants «  de Maylis de Kerangal, un livre humaniste et saisissant comme un

thriller.....l’auteur essaye de nous proposer la vision simultanée de toutes les scènes où se joue le drame, c’est passionnant.....


Mathilde

 

 


 

 

 


 

 

 

 


 

 


 



LECTURE DE MAI

LES AUTEURES ITALIENNES


Ecrivaine : Goliarda Sapienza

Goliarda est un dérivé de GOLIARD qui signifie : Clerc itinérant et contestataire. C'est un prénom très peu usité.

Goliarda est née à Rome en 1924 et décédée en 1996 (72 ans) ; elle est de parents socialistes, doctrine qu'elle va adopter.

Goliarda avait écrit entre 1967 et 1976 (9 ans) un livre "l'Art de la joie" qu'aucun éditeur n'avait voulu mettre sur le marché. Cela l'a profondément marquée ; elle était en dépression, sa vie sentimentale n'étant pas très brillante également. Son livre a eu beaucoup de succès bien plus tard.

Livre choisi : L'Université de Rebibbia.

En fait, il ne s'git pas d'une université mais d'une prison ; ce nom d'université est donné avec une certaine ironie par Goliarda car elle envisage cet endroit comme un univers d'apprentissage. Elle est emprisonnée en 1980 pour vol de bijoux.  (La période 1960/1980 est très troublée "les années de plomb" droite contre gauche en face d'un gouvernement affaibli et corrompu avec comme point culminant l'assassinat d'Aldo Moro, Président du conseil des ministres, démocrate chrétien, par les brigades rouges ; donc des conditions de détention très dures. il y aura une réforme carcérale par la suite).

Elle dépeint  son arrivée à Rebibbia dans la voiture des gendarmes, ses deux premières nuits dans le monde carcéral féminin, ses rencontres :

- avec les autres détenues : prostituées, voleuses récidivistes,  junkies, révolutionnaires, femmes cultivées qui ne se laissent pas aller)

- avec les gardiennes, les juges, les avocats.

Modifie son comportement pour ne pas être rejetée ou traitée de collabo.

Constate la solidarité entre détenues, l'amour entre femmes, le rapport aux hommes qui viennent contrôler les cellules, les suicides, la folie collective déclenchée par un évènement particulier, la sortie de prison difficile pour certaines qui préfèrent rester en prison.

Elle porte un regard aigu et ironique en faisant la comparaison de la vie à l'intérieur et à l'extérieur de la prison.

Cécile

 

"Marina Bellazza" de Silvia Avallone

Andrea et Marina, deux jeunes qui ont eu une relation amoureuse alors qu’ils étaient adolescents, se retrouvent par hasard, quelques années plus tard. Ils se sont séparés après un incident dramatique. Andrea, jeune homme sensible, fils de petit bourgeois est considéré comme un raté par son père .De son côté, Marina est aussi en manque de   tendresse. Son père est défaillant, sa mère alcoolique. L amour qui les a unis ,est encore bien présent .Pourra t il s épanouir alors que l un voudrait s établir dans une ferme et que l autre ne pense. Qu’à devenir une célèbre chanteuse?

La romancière situe l action dans la vallée où elle a ses attaches. Vallée encaissée, angoissante  qui se désertifie laissant les maisons à l’abandon et les commerces ne remplissant plus leur fonction.

Ce roman retient grâce à ses héros attachants, décidés à réaliser leur rêve.

Monique
 

« Quand le requin dort » Milena AGUS

En Sardaigne, la jeune narratrice, lycéenne de 18 ans sur sa vespa, nous met au cœur de sa famille fantasque où l’on parle de l’amour et de Dieu sans tabou, mais sans jamais trouver ni l’un ni l’autre.

L’auteure nous décrit les personnages de cette famille aux traits bien prononcés : le bienfaiteur, la femme mélancolique, la grand-mère autoritaire et pourtant  pleine de générosité, le musicien dans son monde, mais chacun plein d’humanité, l’amant sado-maso. On navigue entre ces interrogations sur la fragilité de l’amour, du couple, de la famille, des relations sexuelles.

Au milieu de scènes pourtant plus que scabreuses, on navigue entre indifférence, tristesse, douceur et humour et toujours en quête de l’amour sans oublier de s’interroger à chaque fois sur l’existence de Dieu.

Anne

 

 Silvia Avallone. : D’ ACIER

Le roman se situe en Toscane à Piombino au bord de la mer. La seule activité de la ville est l’aciérie avec ses conditions de travail pénibles. Les enfants n’ont que les bares d’immeubles et la plage d’où ils aperçoivent l’île d’Elbe, île riche touristique, qui les fait rêver.

C’est le récit d’une amitié entre 2 filles de 13 ans qui s’aiment d’un amour profond et sincère. Elles sont très jolies, tous les hommes se retournent sur elles, et elles s’amusent de cette agitation. L’une veut devenir romancière, l’autre veut passer à la télé et ne pense pas à l’avenir, d’ailleurs à quel avenir? Elles vivent dans une cité HLM. C’est à travers l’histoire de leurs familles que l’auteure nous décrit l’Italie de Berlusconi et de la sous culture. Une Italie pauvre où les valeurs fichent le camp, seuls comptent l’argent et la célébrité ; les pères et les frères travaillent à l’aciérie, ou s’ils n’y travaillent plus, font du trafic de cuivre, de cocaïne, d’œuvres d’art, les femmes font ce qu’elles peuvent.

C’est un beau roman plutôt noir. C’est le premier roman de Silvia Avallone qui l’a propulsée en tête des meilleures ventes en Italie en 2010.

Je me suis attachée à ces personnages, à la façon dont l’auteure réussit à se transposer dans leurs pensées et leurs émotions et à nous les transmettre.

Emmanuelle

 


 L’île d’Arturo – Elsa Morante

L’île, c’est Provida dans le golfe de Naples, un lieu sauvage et préservé en cette fin des années 30.

L’écriture poétique d’Elsa Morante nous y emporte dans les pas d’Arturo dont l’enfance solitaire, attristée par la mort de sa mère et les fréquentes absences de son père, oscille entre drame et comédie, mais est toujours magnifiée par la beauté de nature, la liberté et les mythes familiaux. En même temps que son univers s’écroule après une cruelle révélation, les premières rumeurs de guerre se font entendre et le départ d’Arturo c’est aussi la fin d’une époque pour l’île.

Elsa Morante (Rome – 1912 1985) est l’auteure de nouvelles, poésies et romans, dont La Storia qui lui a valu un succès mondial. L’île d’Arturo, sous-titrée. Mémoires d’un adolescent, écrite en 1957, a reçu le prix Strega, l’un des plus importants d’Italie.

Annette

 

 

Milena Agus : sens dessus dessous 

L’auteure est née en 1959 à Cagliari en Sardaigne ; elle est professeur d’italien et d’histoire dans un

institut technique de Cagliari. En 2005, elle publie son premier roman, « quand le requin dort » et

C’est en 2006 avec « Mal de pierres » qu’elle est révélée en France.

Le roman : 3 protagonistes habitent un immeuble de la vieille ville de Cagliari face à la mer, ils sont reliés par l’escalier. Au dernier étage M. Johnson, un violoniste âgé. Sous ses fenêtres, la Méditerranée. Il est aidé par Anna un sexagénaire qui habite à l’entresol et qui lui sert de dame de compagnie, voire plus. M. Johnson s’est clochardisé depuis que sa femme est partie. Anna ne

tarde pas à repérer des revues porno cachées dans l’appartement de M. Jonhson, elle se met à porter des dessous chics et rêve d’une nouvelle vie avec le grand artiste du dernier étage.

A l’étage intermédiaire vit Alice une romancière qui tombe amoureuse du fils de M. Johnson.

Chaque habitant de cet immeuble a son grain de folie et pour affronter les turbulences de la vie, ils montent et descendent l’escalier et se réfugient les uns chez les autres pour rêver d’une autre vie.

Livre très optimiste, plein d’humour et d’humanité. Un joli roman qui remonte le moral.

Martine L

 

 

Mal de pierres de Milena Agus

La romancière est sarde et situe son roman dans son pays. Elle y restitue une atmosphère de la fin de la guerre, dans un pays encore pauvre, où une jeune fille qui se trouve laide, et pas très bien dans sa peau, commet quelques actes de folie. On la marie avec un homme qu'elle n'aime pas mais qui, sans l'aimer lui non plus, saura lui montrer une grande affection. Elle aura un fils d'un soldat "rescapé" de la guerre comme elle le nomme, relation très brève qui illuminera toute sa vie, et dont elle aura un enfant grand musicien. Lui à son tour engendra une fille, la narratrice de cette histoire. Roman un peu triste, quelques moments de folie, une certaine âpreté, et pour racheter le tout l'amour profond de cette petite-fille pour sa grand mère un peu folle.

 

Claude

 

 

 

 

 

 

LECTURES D'AVRIL

 

 


MAYELIS DE KERANGAL
née le 16/06/1967 à Toulon

Descendante de la noblesse de Bretagne

Le nom KERANGAL signifie en "gallo" la maison de celui qui parle Français

La mer joue un rôle important dans sa vie ; son père était pilote de navire et son grand père capitaine au long cours.

A obtenu de nombreux prix.

 

 


TANGENTE VERS L'EST

Une invitation, dans le Transsibérien, avec d'autres écrivains, lors de l'année France-Russie en juin 2010, lui a inspiré cet ouvrage. Le Transsibérien traverse toute la Russie (de Moscou à Vladivostock ou Moscou Baïkal lac très cher au coeur des russes,  ce lac représente la plus grande réserve d'eau douce d'Europe) , puis se nomme le Transmongolien pour aller d'Oulan-Bator à Pékin.

L'histoire se déroule entièrement dans le train (wagons à 3 classes : cabines de luxe,  compartimentés, et 3ème classe où  s'entassent les voyageurs de tout bord ; odeurs de nourriture,  transpiration, cris, pleurs, chahuts des enfants trop longtemps enfermés ; et parmi eux une centaine de soldats qui vont faire leur service militaire.

Aliocha est  un conscrit de 20 ans qui refuse de servir et ne pense qu'à déserter. Il n'a pas pu se faire exempter avec les méthodes habituelles (argent pour soudoyer ou une jeune femme enceinte, utilisées par les fils de familles opulentes). Il a peur de la Sibérie, du bizutage par les soldats déjà en place qu'il considère très brutaux.

On est happé, dès le début du livre, par ce huis clos, dans une sorte de course monotone de ce train qui avance à 60km/h, par la description des paysages traversés d'Ouest en Est de la Russie, mais surtout par l'élaboration des plans d'Aliocha pour s'enfuir.

Entre en scène une voyageuse étrangère (une Française) Hélène 30/35 ans ; elle ne parle pas le russe.

Hélène fuit la Russie. Elle avait rencontré son amant russe (Anton) à Paris, ils sont très amoureux l'un de l'autre mais elle ne partage pas la passion de son amant pour son pays et pensait revenir en France après un court séjour entrepris pour le travail d'Anton.

Hélène et Aliocha font connaissance. Leur désarroi devant les circonstances actuelles de leur vie les  lie, toutefois avec une certaine méfiance, tout au moins au début de leur rencontre. Hélène va se lasser de lui venir en aide, elle en a un peu honte car elle sent bien que pour Aliocha s'échapper du train et de son régiment  est une question de survie.

Regard de Cécile

 

DANS LES RAPIDES 

3 adolescentes en quête d’identification. Elles sont amatrices de rock et vont trouver leur modèle en la personne d’une chanteuse de rock Blonde très féminine et tout à fait libre, les poings sur les hanches, sûre d’elle sur la pochette du disque à l’allure bien trempée et féministe. . Elles écoutent sa musique en boucle. Elles rêvent de partir à New York et font des plans. Union parfaite entre ces 3 là jusqu’à ce que …

Une écriture foisonnante qui donne le tournis et qui rend bien compte de cette adolescence éruptive.

Contraste entre la ville terne et grise, reconstruite « au carré » et ces jeunes filles pleines de vie, de joie, de spontanéité, soudées jusque dans l’aviron.

Anne

 


 CORNICHE KENNEDY  
a été publié en 2008, puis adapté au cinéma en 2016.

Le roman se passe à Marseille sur la corniche Kennedy où tous les soirs se retrouve un groupe d’adolescents de 13 à 17 ans. Les jeunes plongent depuis 3 promontoires de plus en plus hauts. Avec Eddy à la tête du groupe, la sécurité et la bonne entente règnent. Un jour, Suzanne, une jeune fille de milieu aisé apparait, elle réussit à s’intégrer au groupe.

Le maire de Marseille décide de lutter contre ces jeunes de la corniche et c’est Sylvestre Opéra, un policier qui se retrouve chargé de lutter contre ces jeunes de la corniche. Les forces de l’ordre emploient de plus en plus de moyens pour arrêter ces adolescents sous prétexte de désordre à l’ordre public. Les jeunes s’amusent à les provoquer et une nuit, Suzanne et Eddy trouvent un paquet de drogue tombé d’un bateau que les forces de l’ordre n’ont pas réussi à intercepter.

Livre très frais : on plonge du haut des promontoires avec eux et c’est bien agréable.

Martine L

 

UN MONDE A PORTÉE DE MAIN 


Paula, jeune étudiante en peinture de décor fait son apprentissage dans une école où elle y acquiert toutes les techniques indispensables avec une rigueur implacable. Elle y fait connaissance de Jonas, jeune garçon également très doué, avec qui elle partagera un logement pendant cette année de labeur de galérien, qui l'épuisera mais l'amènera à maîtriser avec brio sa technique de peintre de trompe l'oeil.

Elle sera embauchée plus tard pour différents travaux de décor notamment dans des ateliers cinématographiques italiens et pour finir trouvera sa plénitude dans la copie des peintures de la grotte de Lascaux.

Des chapitres du livre sont passionnants mais dans un style souvent trop travaillé, beaucoup d'adjectifs, de noms techniques pompeux, qui alourdissent le plaisir de pénétrer dans cet univers.

Les relations entre les personnages sont intéressantes mais mineures par rapport à celui de Paula, sa passion et sa sensibilité pour son art dominant tout le roman.

Sujet assez original, bien traité par l'auteur, mais qui pourrait être moins long et dans une écriture plus dépouillée.

Claude

 


NAISSANCE D'UN PONT  

Construction d'un pont à l'instigation d'un maire désirant amener sa ville à la modernité. Œuvre gigantesque qui nécessite un grand nombre d'acteurs : ouvriers, cadres du BTP, ingénieurs....

Déroulement de la construction du pont avec diverses péripéties et plusieurs personnages à découvrir au fil de la lecture.

Agression de l'ingénieur en chef, des grèves, des accidents.

Un combat pour l'écologie sous-tend le roman. Un écolo du coin agressant au couteau l'Ingénieur en Chef qui ne sera pas tué et qui continuera son travail, retrouvant à la fin du roman son agresseur.

Roman avec des passages trop techniques, des phrases alambiquées et une fin trop peu crédible.

Patrick

 

 

A CE STADE DE LA NUIT

. Dans la nuit du 3/10/2013 l'auteur apprend, en écoutant la radio, le naufrage d'un bateau de migrants au large de l'ile de Lampedusa.
. Des centaines de morts.
. Elle divague alors sur des souvenirs, des livres et surtout sur le film "LE GUEPARD" adapté du livre de Giuseppe di Lampedusa.
. L'analyse d'un monde qui meurt dans ce film est très intéressante. Le reste est plus décousu.

Regard d’Hélène

 

 


  TANGENTE VERS L’EST 

Court roman, haletant, ou l’on suit la fuite vers l’extrême Est de la Sibérie, et le passage devant le mythique lac Baīkal, d’une
jeune femme, française, qui s’enfuit de son couple amoureux sur un coup de tête. Elle rencontre dans le train un autre fuyard, un jeune appelé, qui décide
de déserter et de se cacher pour échapper à l’armée, représentée par un officier violent et féroce. Elle le cache, certains les protègent, d’autres sont des
dangers....pourquoi lient ils leurs fuite? Par instinct peut-être. Unité de temps, de lieu, d’action, c’est une forme de tragédie classique qui questionne sans
apporter de réponses sur la vie, les actes, la compassion, la solidarité, la violence et décrit en ceux la société russe.....

Regard de Mathilde

 

 

A CE STADE DE LA NUIT



Texte court qui répond à une demande de la fondation FACIM (Fondation Interculturelle Internationale en Montagne) : écrit en 2014 l’autrice considère ce texte comme « une expérience intime du paysage ».

Réflexion intime déclenchée par l’actualité et qui convoque le souvenir d’un film : « à ce stade de la nuit ». Chaque chapitre débute par ces mots, à ce stade de la nuit donc, en pleine nuit, dans la solitude de la cuisine, la radio : Lampedusa, naufrage au large de l’ile … embarcation de 500 migrants venus de Lybie 350 morts femmes, enfants …

« A ce stade de la nuit » café, solitude, impuissance face à l’horreur des descriptions … et de la voix qui poursuit … Lampedusa, Lampedusa

« A ce stade de la nuit, ce mot résonne comme l’écho d’une bien autre histoire : les images sont convoquées en flot continu : Burt Lancaster, le Prince Salina du guépard de Visconti adapté du roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa ; elle revoit la scène du bal, reflet de la décadence de l’aristocratie sicillienne « filmée exactement comme un naufrage » dit l’autrice qui remarque que Burt Lancaster, né à New York dans une famille anglo-irlandaise est tout à la fois l »e Prince et le Migrant ».

Elle revoit l’île de Stromboli, les iles volcaniques de la Méditerranée … Face à cette impuissance, l’intolérable et l’incompréhension, surgissent des souvenirs, des divagations autour de ce nom, images intimes vers lesquelles on s’échappe inexorablement.

Les paysage que traverse la narratrice lui sont personnels, mais nous la rejoignons avec son imaginaire description du naufrage.

Au petit jour, admettre que parfois l’humanité touche le fond … . Lampedusa

En conclusion provisoire, elle nous dit « Lampedusa était pour moi le nom de Burt Lancaster, celui d’un prince, celui d’un monde qui sombre » ; c’es maintenant un nom « concentrant en lui seul la honte et la révolte, le chagrin, désignant un état du monde, un tout autre récit ».

Regard de Christiane

 

Beaucoup d'échanges aussi autour de "réparer les vivants"

 

Le 17 mai ce seront les autrices italiennes qui seront à l'honneur 

et pour le mois de juin "fais ce qui te plait"

 

 



 

 

 

 

 

Pedro Almodovar et la Movida

 

 

Pedro Almodovar Caballero et la Movida madrilène

Le 20 Novembre, Francisco Franco s’éteint après une longue agonie retardée par de multiples hospitalisations et opérations. Juan Carlos de Borbón lui succède, suivant ses vœux, en tant que Roi, mais dans un processus de monarchie démocratique.

            Le terme de Movida tiré de l’expression : « hacer una movida » signifie quitter Madrid pour aller se procurer drogues et haschich, en province. La jeunesse madrilène s’engouffre dans cette soudaine liberté pour faire la fête. Madrid nunca duerme devient le slogan de la capitale. Les mœurs si entravées se libèrent du carcan de l’église acquise à Franco. Les tabous sexuels, les excentricités vestimentaires, l’homosexualité mieux acceptée envahissent l’espace commun. Les revues porno sont au premier plan dans les kiosques. Les étals au parc du Retro scandalisent les parents venus promener leurs enfants.


  Le mouvement libérateur s’accompagne d’une explosion culturelle dans tous les domaines : cinéma, photos (Ouka Leele 
 


– Miguel Trillo), B.D.(El Vibora) musique (Alaska chanteuse et son groupe : Les Pegamoides

Les influences musicales viennent du hard rock, du punk, du glam rock dont le chef de file est David Bowie. Les cabarets se multiplient, de confidentiels, ils sont alors fréquentés(Almodovar s’y produit en tant que chanteur punk rock, jupe en cuir, bas résille, maquillé et boucles aux oreilles). Le quartier Malasaña est le centre du mouvement de la Movida.Toute la culture underground est alors récupérée par les artistes espagnols

Notre nouvelle vague en France : 1978/1981

 

 

Pedro Almodovar Caballero nait en 1949 en Castille. Sa famille est pauvre, famille de muletiers, son père est comptable. Il a 2 sœurs et un frère qui le secondera dans son activité.

La région étant ravagée par la guerre d’Espagne, la famille part s’installer en Extremadura alors qu’il n’a que 8 ans. Il fait ses études dans un établissement religieux, l’éducation y est stricte. Très doué, il ne pense qu’à fuir cet environnement qu’il dépeindra dans la « Mauvaise éducation ». Il y aura ses premières amours avec un compagnon de classe et subira les actes pédophiles du père Manolo, leur professeur de littérature.

Dès qu’il peut il s’échappera pour aller au cinéma. Alfred Hitchcock est un de ses cinéastes préférés (il apparait comme lui dans les film « la loi du désir » en 1980.

A sa majorité, il part seul à Madrid pour étudier le 7ème art. A son arrivée, l’école officielle du cinéma est fermée selon les ordres de Franco.

Il se résout à se former seul, fait des  petits boulots pour survivre et trouve un poste stable à la Compagnie nationale de téléphonie. Cela lui permet d’acheter sa première caméra super 8.

Il commence alors à tourner des petits films aux titres évocateurs : « baise, baise moi » ; il écrit des nouvelles, réalise des romans-photos pour des revues, se produit dans un groupe punk-rock.

Il fait la connaissance de Carmen Maura qui le pousse à intégrer le théâtre indépendant : « los Goliardos ».
Il a 25 ans quand ses courts-métrages sont repérés et 29 ans quand il tourne son premier film : « Pépi, Luci, Bom et les autres filles du quartier en 1980 grâce à ses amis qui lui avancent les fonds. C’est en 1988, avec « Femmes au bord de la crise de nerfs » qu’il est reconnu au niveau international.

Elevé et entouré de femmes aimantes, celles-ci seront le plus souvent le fil conducteur de ses films.

Il fait partie des réalisateurs qui révèlent les talents féminins en faisant même des muses dans le cas de :

 


Pénélope Cruz, dont il dit qu’il aurait pu l’épouser tant il la désirait et était amoureux.

 

 

 

Carmen Maura, 

son pygmalion. Il en sera proche jusqu’en 1988 (le tournage de femmes au bord de la crise de nerfs l’ayant profondément blessée), elle ne reparaitra qu’en 2006 dans « Volver ».

 

 


Victoria Abril,  actrice porno dans « la loi du désir » 1987 est choisie pour son exubérance.

 

 

 

Rosy de Palma
qu’il impose dans sa singularité dans la « loi du désir ». 

 


Marisa Paredes, qu’il engage en 1983, égérie « dans les ténèbres » et que l’on retrouve tout au long de ses films.

 

 

Il reste aussi fidèle à Antonio Banderas que l’on voit pour la première fois dans le


film « le labyrinthe des passions » en 1982.
Il lui fait interpréter son personnage en 2019 dans le superbe film « douleur et gloire » -Almodovar s’y représente au bout de ses désirs- cet interprète n’a jamais été reconnu à son juste talent en Espagne. Lui a-t-on fait payer son départ aux USA en 1992 ? et son mariage avec une américaine, Mélanie Griffith ?

 

Les thèmes que traite Almodovar sont le plus souvent ceux des rapports mère/fils. Les femmes sont fortes, belles, combattantes. La mort de sa mère, femme qu’il adorait et qui lui inspirera le film : »tout sur ma mère » en 1999, marque une fin de cycle.

Almodovar, homosexuel, lui-même, donne une large place aux êtres qui ne rentrent pas dans les cadres reconnus et estimés convenables : transgenres, travestis, prostitués, drogués, fascistes, obsédés sexuels. Le sexe est omniprésent dans son œuvre : libéré, désirant, porté à ses limites. MATADOR en 1985 où la femme est comme une mante religieuse.

 

« La loi du désir »en 1986 commence par une scène d’amour entre 2 hommes, (Pas accoutumée à ce spectacle, ce n’est que de l’émotion que j’ai ressentie) allant jusqu’à l’extrême, un homme se transforme en femme pour vivre avec son père.

Almodovar se veut réalisateur total.


S’il est imprégné du cinéma des grands réalisateurs Bergman, Fellini, Visconte, Buñuel, Cassavetes, il reste espagnol. Dans les premiers films, les couleurs sont saturées, claquantes avec des références aux dessins de Picasso qui l’inspire dans son mode cubiste. Les couleurs sont en rupture avec celles utilisées pendant la période franquiste, éteintes et le plus souvent, noires.

Les contrastes sont forts : bleu/rouge ou noir/rouge comme dans le sublime film : « Matador ».

Le rouge peut avoir plusieurs significations : église, violence, sang, volupté, féminité/ rouge à lèvres.

Le bleu : républicain, affirmation du personnage.

Le jaune drapeau espagnol, or, joie, soleil

Les contrastes s’adoucissent au fur et à mesure pour aboutir aux décors raffinés de « Douleur et Gloire ».

Son goût de la musique se retrouve dans « Piensa en mi », interprété par Luz Casals dans Talons aiguilles » en 1991

 

 

 

Récompensé de nombreux prix :         les Goya en Espagne

                                                                       César en France

                                                                       Oscar aux USA

Il rafle tout et ses interprètes sont également primés

Assagi, à 71 ans, il vient de tourner un film tiré de la pièce de théâtre : « la voix humaine » de Cocteau, où, une femme abandonnée par son amant se morfond en l’attendant. Il a choisi Tilda Swinton comme interprète. La couleur reprend se droits et y explose

 

Monique

 

Pour le plaisir des oreilles vous pouvez écouter « Piensa mi »

https://www.youtube.com/watch?v=LS04M9Mz26E&list=RDLS04M9Mz26E&start_radio=1