Lectures de Février

 

 

En ce mois pluvieux nos lectures nous ont menées de Paris à Prague, en passant par Londres et Berlin. Nous avons aussi voyagé en pays latin Barcelone, Naples, Rome et Venise. Nous nous sommes transportés à Savannat en Georgie au sud des Etats-Unis. Nous sommes revenues en passant par Reims

 


     "Le Noël du commissaire Ricciardi" - Roman policier

Maurizio de Giovanni né à Naples en 1958 -

Ecrivain, banquier, journaliste, sportif

Naples décembre 1931. Dans un quartier côtier de Naples, appelé Mergellina, a eu lieu un double meurtres. Il s'agit d'un couple, le mari fait partie de la milice fasciste. Ils ont une petite fille dont la tante, bonne soeur, s'occupe principalement. Le commissaire et son adjoint vont mener l'enquête. Noël et fascisme tiennent une place importante pour l'enquête.

Le commissaire est un homme taciturne, secret, hanté par tous les êtres qui ont perdu la vie soit par accidents ou meurtres qu' il a été chargé d'élucider.  Cela l'empêche de créer des liens amicaux ou amoureux. Il n'apprécie que son adjoint qui a lui-même des problèmes familiaux à régler.

Toute la ville de Naples, la pauvreté (des pêcheurs en particulier), la beauté de certains paysages, son port avec le trafic incessant des marchandises et des passagers, sont décrits avec beaucoup de détails ainsi que tous les préparatifs de Noël,  toutes les traditions locales : marchés, parfums, crèches (beaucoup d'explications sur la signification de tous les personnages et animaux), repas typiques, chants.

Cette enquête se déroule au moment où le fascisme se développe avec tous ses partisans et réfractaires, jeunes et adultes recrutés plus ou moins de force ce qui va compliquer l'enquête du commissaire.

Beaucoup d'expressions italiennes utilisées sont traduites en français en bas de page.

Cécile

 

« La ville des prodiges » Edouardo Mendoza    


Dans ce roman, la ville de Barcelone est un personnage aussi important que ne l’est Onofre Bouvila jeune garçon de 13 ans qui quitte sa campagne pour cette  ville  où  il espère pouvoir manger à sa faim. On est en 1888, Barcelone va accueillir L’Exposition universelle, ce qui génère maints travaux et démolitions. La ville  présente encore des constructions insalubres, des rues coupe-gorge où  vivotent des individus très souvent louches. Onofre va très vite être impliqué dans des milieux anarchistes puis grâce à son esprit inventif ,qu' aucune conscience ne limite, il va grimper tous les échelons de la société jusqu'à tutoyer les puissants du monde entier. Un roman foisonnant, regorgeant de détails historiques, de personnages réels, écrit avec le style et la verve d'un roman picaresque.



 

"BERLIN, la Cité des Pierres" Jason Lutes

BERLIN, roman graphique historique dont la cité des pierres est un premier volume. Deux autres suivront sur une période de 10 ans.

 Rencontre d'un journaliste pacifiste Kurt et d'une jeune artiste peintre Marthe dans Berlin pour la période de 1928 au 1er mai 1929. Pendant ses heures sombres de la République de Weimar, Jason Lutes a méticuleusement reconstitué les ambiances différentes de la vie berlinoise : le milieu intellectuel, artistique, festif, la grande pauvreté pour beaucoup, les combats politiques, les juifs. Le récit se termine par la grande manifestation du 1er mai 1929 qui sera réprimée dans le sang. La lecture des dialogues couplée au graphisme percutant en fait un roman oh combien passionnant à parcourir.

La BD c'est aussi de la littérature !!

Claude

 

"La pleurante des rues de Prague"Sylvie Germain  

 

Une inconnue se glisse furtivement dans les rues de Prague, sa ville. Elle n’a ni nom, ni âge, ni visage.

Son corps est majestueux, une géante. Elle boite. Ses vêtements sont simples en tissu grossier et de mauvaise coupe.

12 apparitions au rythme des saisons, dans les différents quartiers, comme des évocations de l’histoire souffrante de Prague.

Un essai poétique à l’écoute de l’âme d’une ville.

Christine
 


  "Le bourreau de Gaudi" Aro Sainz de la Maza.

L'auteur est né à Barcelone en 1952, il est éditeur et traducteur. .

Le livre : 600 pages palpitantes. Deux hommes importants de Barcelone sont torturés puis brûlés vifs et retrouvés dans un monument conçu par Gaudi à Barcelone. C'est un meurtrier sadique, cruel et insaisissable qui est l'auteur de ces crimes épouvantables. Milo Malart et sa sous inspectrice sont chargés de l'enquête. Milo est un homme irascible, instable qui ne se remet pas de la mort de son neveu . Ce livre est un thriller puissant qui nous emmène dans les méandres  d'une Barcelone rongée par la corruption, les magouilles politiques, la misère sociale qui découlent des profondes mutations urbaines qui ont fait de Barcelone une ville dédiée au tourisme de masse. 

Un grand hommage est rendu à Gaudi dans ce livre palpitant qui permet au lecteur de voir la face cachée de la ville.

Martine L

 

« Mrs Dalloway » Virginia Woolf  

Une journée dans la vie de Clarissa Dalloway. Une journée dans la vie de cette femme au foyer qui prépare une réception pour son mari. . Le matin même, Peter l’amour de sa jeunesse, est revenu la voir lui annoncer son mariage prochain avec une indienne.

Lors de sa déambulation dans Londres, Clarissa s’interroge sur le sens de sa vie, sur le choix qu’elle a fait d’épouser Richard Dalloway, homme bon, intègre honnête mais sans fantaisie aucune plutôt que Peter Walsh auquel elle songe avec nostalgie

Tout au long de cette journée, nous faisons connaissance avec plusieurs londoniens et Septimus en particulier, ancien militaire marqué par la guerre, qui ne ressent plus rien et qui va finir pas se suicider et que l’on retrouvera tout au long de cette journée.

Nous passons d’un personnage à  un autre sans transition, souvent dans le même paragraphe présentant leurs sentiments, leurs pensées.

Différents thèmes sont explorés :

La société britanique, « very british » dans l’entre 2 guerres.

La mort est très présente, à travers la guerre, le suicide de Septimus.

L’amour bien sûr, celui de Clarissa envers Peter, Lucy envers Septimus Clarissa envers Sally.

Une journée très londonienne au son de Big Ben et qui nous fait traverser la capitale et son ambiance britannique.

Difficile à lire, il ne se passe rien, et parfois à s’y retrouver dans tous ces personnages amenés sans transition. Mais l’écriture est si belle qu’on a envie de continuer.

Anne

 

 


 « Rome noir » d Chiara Stangalino et Maxim Jakubowski


 A travers 16 nouvelles policières ce livre évoque le passé de Rome (les combats de gladiateurs dans le Colisée, Pasolini assassiné à Ostie,la villa Borghèse),
mais aussi les difficultés de la vie actuelle (pauvreté, saleté, délinquance, immigration sauvage, racisme).   

Hélène

 

"Minuit dans le jardin du bien et du mal" John Berendt 


Une ambiance très particulière et un personnage tout autant dans une ville intemporelle avec une vie comme lui très originale, le temps est comme suspendu dans une époque disparue que l'on aurait vivre...Une histoire vraie !!

                                     Annette

 

 


 «Paris est une fête», Ernest Hemingway

en 1957 alors qu'il est déjà prix Nobel de littérature et fortuné. Il a utilisé des souvenirs de  sa jeunesse insouciante et bohème à Paris où il était arrivé en 1921 comme reporter de 22 ans, avec sa première femme Hadley. Il a adoré la vie parisienne à une époque où l'on pouvait habiter rue du Cardinal Lemoine et aller au Dôme de Montparnasse ou à la « Closerie des Lilas » pour trois fois rien. Il y a fait son apprentissage d'écrivain en côtoyant d'autres Américains expatriés comme lui : Francis Scott Fitzgerald, Gertrude Stein, Ezra Pound, ainsi que l'Irlandais James Joyce. Dans ce livre Hemingway retrace des tranches de vie en les idéalisant. Il les appelle « vignettes parisiennes » Nous restons nostalgique avec lui devant ce Paris bon marché, plein de cafés chaleureux, où les apprentis écrivains pouvaient intégrer les salons des stars littéraires de l'époque. L’auteur adorait Paris et décrit passionnément la ville et son amour pour Hadley. Le livre se termine sur la rupture des époux Hemingway : ils ont quitté Paris en août 1924 pour le Canada. Paris est une fête est finalement paru en 1964, trois ans après le suicide de l'écrivain.

Emmanuelle

« Retour à Reims » Didier Eribon.


Ce dernier, après la mort de son père, peut revenir dans sa ville, voir sa mère, revenir sur sa trajectoire personnelle. Il prend la mesure de la domination de classe que sa famille et lui même ont subi et rééquilibre sa vision de la rupture qu'il a du opérer avec son milieu d'origine pour construire sa vie d'intellectuel et homosexuel.

Mathilde

 

 

 


« La tentation du pardon »  Donna Leon

Née dans le New Jersey, l’auteur vit depuis plus de trente ans à Venise, ville où se situent toutes les intrigues : les enquêtes du Commissaire Brunetti.

La découverte des deux visages de la Sérénissime, celui qu’elle offre aux touristes et celui qu’elle réserve aux intimes. C’est peut-être une vision stéréotypée de la Péninsule italienne, mais les intrigues tournent autour des thèmes de sociétés contemporains et progressistes.

-          La place de la femme,

-          Les atteintes à l’environnement,

-          Les passe-droits que détiennent les classes aisées et que n’ont pas les classes fragiles par rapport aux nombreuses tracasseries administratives (Des amis haut placés).

L’intrigue de cet ouvrage mêle les problèmes de drogue et l’arnaque aux médicaments, mais ce qui donne la saveur à l’ouvrage sont les déambulations du Commissaire Brunetti dans sa ville.

«Brunetti estima qu’il en avait assez fait pour la journée et qu’il pouvait partir plus tôt. Sans rien dire à personne, il prit à droite en sortant de la questure, puis franchit le premier pont à gauche et s’éloigna du centre-ville, laissant à ses pieds le soin de décider du chemin, il finit par se retrouver au bacino d’où il pénétra dans Castillo. Il emprunta la via Garibaldi (une des rares rues de Venise à porter le nom de via comme dans les autres villes italiennes. Il fut rassuré de constater que presque tous les gens autour de lui étaient vénitiens. Il n’avait pas besoin de les entendre parler le dialecte, leur manière de s’habiller et leur allure si naturelle lui prouvait bien qu’il s’agissait de locaux.

Il rentra il avait poussé jusqu’à l’Eglise San Pietro di Castillo ou il avait allumé une bougie en souvenir de sa mère. »

«La nuit était submergée de caigo cette humidité toute vénitienne qui noie les poumons, brouille la vue et recouvre le sol d’une pellicule visqueuse et glissante. Brunetti marchait vers le Rialto savourant la sensation subtile d’être dans une ville abandonnée, drapée d’une substance à mi-chemin entre la brume et le brouillard. Il s’arrêta et tendit l’oreille, sans entendre un seul bruit de pas. Il reprit sa route vers le camp Sant Aponal. Il était en chemin vers les vestiges d’une grande violence, mais n’en concevait aucune détresse, rien que le calme engendré par le fait de se retrouver dans sa ville d’autrefois ; une ville de province endormie, aux rues souvent vides, où il ne se passait pas grand-chose. »

On retrouve également ce chauvinisme vénitien :

« A l’instar d’un trilobite du Cambrien, Parra avait faire son trou à la questure de Venise et y était devenu une sorte de fossile vivant. Avec lui, pétrifié dans la même strate, comme lui, un natif de Palerme lui ayant préféré ces nouveaux pâturages. Les commissaires allaient et venaient, 3 différents questeurs s’étaient succédé depuis que Patta était en poste à Venise, même les ordinateurs avaient été remplacés, mais Patta restait, telle une moule accrochée à son rocher, indifférent aux vagues qui le laissaient intact et bien en place avec son fidèle lieutenant à ses côtés.

Et pourtant ni Patta ni Scarpa n’avaient jamais témoigné le moindre enthousiasme ou affection quelconque envers Venise. Si quelqu’un disait que Venise était belle ou se risquait même à la qualifier de plus belle ville du monde, ils échangeaient un regard empli d’une désapprobation tacite, peut être semblaient ils penser tous deux, mais avez-vous déjà vu Palerme ? »

« Elle était napolitaine la vengeance pouvait prendre du temps mais elle serait consommée » 

On retrouve également la place de la femme :

« Quand je suis rentrée dans la police personne n’imaginait interroger une femme. Nos professeurs les pensaient sans doute au foyer, en train de s’occuper des enfants »

« Une tragédie a frappé ma famille … mon fils se marie en juillet, son père est Policier ? oh c’est bien plus grave, elle est Ecossaise !!! »

La nostalgie du passé, comme dans toutes les villes européennes et mondiales :

« Vous vous rappelez le magasin de jouets il avait disparu comme les autres boutiques du même genre remplacées par de la pacotille pour touristes des jouets inutiles pour adultes tous fabriqués en chine et passant pour vénitiens »

« On n’y vend rien pour les vénitiens … »

Martine B

 

 

"Paris ne finit jamais " Enrique Vila Matas 



Enrique Vila Matas est né en 1948 à Barcelone, il écrit "Paris ne finit jamais " en 2003

Un écrivain, à l'occasion d'une conférence sur l'ironie qu'il doit donner à Barcelone, revient sur ses jeunes années bohèmes passées à Paris.
il était alors logé dans une chambre mansardée louée par Marguerite Duras
Il fait alors des études de littérature et est obsédé par l'ombre tutélaire d'E. Hemingway ; il s'inscrit en négatif par rapport à Hemingway et raconte ses déambulations, les circonvolutions dans les rues de la capitale, le doute, l'abîme.
Dans cette période de disette et de déconvenues, l'écrivain n'a pour seule arme que son regard tendre et malicieux
Il s'invente et se réinvente un monde magnifique et met à mal ses convictions, et tente une construction d'un "être soi"
EV Matas interroge la création, la difficulté à inventer encore lorsque tout a été dit ; il décortique l'ambition qui fabrique un artiste ,dans une grande leçon de littérature offerte au détour d'une ruelle
Matas nous raconte avoir voulu imiter et réincarner E. Hemingway pour qui " Paris est une Fête "et pour qui, Paris représentait une période de sa vie, de sa jeunesse où il avait été pauvre et heureux alors que Enrique Vila Matas tout aussi pauvre se vivait malheureux ; Enrique Vila Matas ne s'en sort que grâce à l'ironie et l'autodérision
Mélange subtil d'ironie, de mal de vivre et de références littéraires . 

Christiane

 

 

 

 

Lecture de Janvier

Les auteurs américains

 Romans situés dans leur milieu de vie

 

ZOOM, MEET, WIFI aucune difficulté n'arrête les MéliMélottes pour se retrouver une fois par mois ; elles bravent toutes les difficultés techniques pour pouvoir échanger sur leurs lectures. Espérons que d'autres mauvaises surprises ne nous attendent pas pour le 8 février 2021.

Les lectrices ont manifesté leur enthousiasme pour le sujet de ce début d'année 2021 ; la profusion de livres évoqués le prouve ; malheureusement le temps nous a manqué pour exposer la totalité de nos découvertes. Bravo pour ce foisonnement décrit ci-après.


 

« Brooklyn Follies » par Paul  Auster 

Nathan Glass, frappé par un cancer, décide de s’installer, à sa retraite à Brooklyn, le quartier de New York de sa petite enfance.

Il « cherche un endroit tranquille pour mourir ».

La vie en décide autrement. C’est l’histoire d’une nouvelle naissance que le livre raconte. Nathan retrouve son neveu préféré qu’il avait perdu de vue.

Il se lie avec le patron de celui ci, ancien escroc, vendeur de beaux livres et de livres d’occasions. Sa petite nièce débarque chez lui à l’improviste. Il se trouve pris dans un tourbillon de vie, le tissu familial se répare, apportant joie et sens à la vie. Mais le bonheur est fragile. Pris d’un malaise, Nathan est hospitalisé aux urgences. Quand il en sort, libre et guéri. C’est le 11 septembre !

Le drame collectif vient à l’assaut du bonheur individuel retrouvé !

Christine

 

 


  « Nord Michigan »  Jim Harison

Nous sommes dans le Nord- Michigan, qui donne son titre traduit au roman, région de lacs, d étangs, de bois où Jim Harrison, l’auteur est né de mère suédoise et a en partie, vécu. Sur cette terre, auparavant indienne vit Joseph, quarante trois ans instituteur et aussi petit propriétaire terrien. Comme Jim, il a un handicap et avec lui partage nombreux intérêts. L’école où il enseigne va fermer. Beaucoup de questions se posent a lui, qui n'a jamais réalisé ses rêves. Quel sort pour la belle Rosalee, veuve, qu’il a toujours aimée ? Mais surtout aura-t- il le courage de mettre fin à la relation scandaleuse qu’il entretient avec Catherine, son élève décomplexée de dix-sept ans?

Monique

 

 

« Une part d’ombre » de Ron Rash

Une histoire pleine de poésie et de tendresse dans une contrée américaine de Caroline du Nord, dans un village aux habitants bornés, encore attachés à de nombreux préjugés. Ils ont toujours tenu à distance Laurel, jeune femme avec une tâche de naissance sur une épaule et qu'ils considèrent comme une sorcière.

Nous sommes en 1918, vers la fin de la guerre qui a vu revenir le frère de Laurel avec l'avant-bas arraché en France dans les tranchées. Ils vivent dans un vallon ombrageux dans la ferme de leurs parents décédés, une vie de dur labeur et assez solitaire. Un jour Laurel découvre dans la forêt, un homme mal en point et l'accueille à la ferme. Il joue merveilleusement de la flûte mais il est muet de naissance. Ils ne savent qui il est, d'où il vient. Il se nomme Walter et une histoire d'amour tout en pudeur va naître entre Laurel et Walter.

Claude

 

« l’écho du temps » de Kevin Powers

Georges, vieil homme noir recherche ses origines.

Le livre nous fait faire des aller-retour entre 3 époques et découvrir des personnages : Levalois, Reid, Emily, Nurse, Rawls, John Talbot, Lottie, … minutieusement décrits, analysés dans cette histoire tragique qui nous mène, sur une plantation de Virginie, de la guerre de sécession à aujourd’hui, sur fond d’esclavage et de guerre

Anne

 

 

« esprit d hiver » de laura kasischke. 

 L auteure est née en 1961 dans le Michigan,  elle a écrit une dizaine de romans

Elle enseigne l art du roman à l l'université.  

Dans ce livre,  l auteure raconte une journée de Noël pas ordinaire dans le Michigan. Holly, la mère se réveille angoissée,  elle se précipite dans la chambre de sa fille adoptive Tatiana âgée de 15 ans. Au fil des heures, sa fille devient irascible, étrange, voire inquiétante. Holly, seule à la maison, continue les préparatifs pour le repas de Noël, les invités annulent ce rendez vous à cause d une tempête de neige terrible, son mari est bloqué à l l'hôpital pour sa mère qui a eu un malaise et Holly s interroge sur sa fille : elle revit les moments de son adoption en Sibérie. 

Mon sentiment sur ce livre : c est un thriller très angoissant mais qui se lit de bout en bout rapidement. Entre Sibérie et Michigan enneigé, on a froid dans le dos. 

Martine L.

 


  « Mississipi solo » Eddy Harris

  Eddy Harris décide à 30 ans de descendre le Mississippi en canoë (4000 km) de sa source jusqu'à La Nouvelle Orléans.
  Il a dormi dans sa tente sur les bords du fleuve, et ne s'est pas fait broyer par les convois de  plusieurs barges chargées
  de céréales poussées par un remorqueur qui soulève des vagues de 3 m.
  Harris  est noir, il redoutait le racisme mais a surtout rencontré des gens bien intentionnés mais souvent plutôt pauvres.
 Ce voyage lui a beaucoup appris sur lui-même et le livre a eu un grand succès.  

 

Hélène L

 

« Le chant de la Tamassee »  Ron Rash né en 1953 en Caroline du Sud.

Drame humain déchirant ; une jeune fille se noie dans une rivière "la Tamassee" située à la limite de la Caroline du Sud et de la Géorgie dans le Comté d'Oconee .

Les journaux  s'emparent de cette nouvelle pour faire un scoop, les politiques s'en mêlent. Sur place sont envoyés deux journalistes. L'une est native de la région ; elle s'en est éloignée fâchée avec son père (raison à découvrir) et a laissé également une histoire d'amour derrière elle. L'autre journaliste a vécu également un drame qui aura une influence sur ses prises de position. De nombreux autres journalistes vont suivre.

La rivière est déclarée "rivière sauvage" et protégée par une association qui empêche d'en modifier le cours et les abords. Ceci va déclencher des batailles rangées entre les partisans de ceux qui souhaitent récupérer le corps de la fillette bloquée sous un rocher en raison d' un ressaut hydraulique (sorte de tourbillon circulaire dans l'eau) quitte à ne pas tenir compte du fait de la "rivière sauvage" et les écologistes plus ou moins "fanatiques".

Très belles descriptions de la faune, de la flore et des traditions culinaires de la région.

Cécile

 

 


   « Moon Palace » Paul Auster

Rien ne saurait étonner un Américain." Telle est l’épigraphe empruntée à Jules Verne par laquelle Paul Auster invite le lecteur à suivre les tribulations de son héros. Marco Stanley Fogg raconte ici les circonstances étranges qui ont marqué le commencement de sa vie, depuis son arrivée à New York en 1965 jusqu’à ce que, sept ans plus tard, il découvre l’identité de son père… à temps pour assister à son enterrement. Et ses amours, ses rencontres, sa misère, ses errances dans les paysages mythiques de l’Amérique rêvée constituent le matériau d’un formidable roman d’aventures en même temps qu’elles apparaissent comme les étapes d’un voyage initiatique aux confins de la solitude et de la déréliction.

Nous sommes en 1969, Neil Armstrong est le premier homme à marcher sur la lune. Sur terre Marco Stanley Fogg suit l’événement. Marco a perdu sa mère très tôt, son oncle Victor s’occupe de lui jusqu’à l’adolescence puis l’envoie à New York poursuivre ses études.

Marco est du genre attentiste, il est persuadé que tout vient à qui sait attendre. Installé dans une chambre sordide parmi les caisses de livres que son oncle lui a offerts, avec pour seul vue le « Moon Palace » un restaurant asiatique. A cours de ressource Marco se retrouve à la rue, vivant de ses trouvailles dans les poubelles de Central Park.

« Marcher dans les rues, tout n’est que corps et commotions et, qu’on le veuille ou non, on ne peut y pénétrer sans adhérer à un protocole rigoureux. Marcher dans une foule signifie ne jamais aller plus vite que les autres, ne jamais traîner la jambe, ne jamais rien faire qui risque de déranger l’allure du flot humain ».

Martine B

 

 

Prochaines rencontres :

 

8 février :un roman dont une ville d’Europe est au centre de l’histoire

 

1 mars : les femmes, la religion, la laïcité 

 

19 avril - 17 mai - 14 juin 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lecture de Décembre


Atelier lecture "ZOOM/ ZOOM" du 14 décembre 2020 :

les auteurs islandais

 

Les mélimélottes ont lu pour elles et pour nous :

- Gunnar Gunnarsson : « Le berger de l'Avent »             

-  Arni Thorarinsson : « Le crime »

- Bergsveinn Birgisson : « La lettre à Helga »

- Steinum Sigurdardottir : « Cent portes battant au vent »

- Arnaldur Indridason : « Les fils de la poussière », « Le Duel », « Hiver arctique »

- Kristin Marja Baldursdottir : « L'art de vivre »

- Audur Ava Olafsdottir : « Le rouge vif de la rhubarbe », « l'Embellie », « Rosa Candida », « Ör », « Miss Islande »

- Jon Kalman Stefansson : « A la mesure de l'Univers », « Lumière d'été puis vient la nuit »  

- Pierre Loti : « Pécheur d’Islande »

 

 

Le crime : Tout le livre se déroule sur une seule journée.  Roman noir, passionnant et perturbant

Miss Islande révèle le régime très patriarcal de l’Islande et la difficulté  de devenir écrivain quand on est une femme. Roman sur la liberté de création

100 portes battantes aux 4 vents : 3 époques de la vie d’une femme. Le roman se passe à Paris vu par une Islandaise comme un paradis très accueillant.

Ör  Grande déconvenue : il se demande comment mettre fin à ses jours. Autant se mettre en route pour un voyage sans retour à destination d'un pays abîmé par la guerre, l’Afghanistan et va trouver un nouveau sens.

Le Berger de l’Avent est un très court récit qui raconte une histoire minimale 
( un homme avec son chien et son bélier part comme tous les ans à la recherche de 
moutons égarés, avant l’hiver).....et en très peu de pages on voit, le tragique de 
l’existence, les solitudes glacées, la solidarité, la foi, la cohérence du vivant, la 
puissance de la nature....on retrouve ce qui fait aimer Jon Kalman Stefanson aussi 
bien que Indridason, ce sentiment du tragique 
de l’existence....pour moi c’est pour tous les arts la marque de ce qui élève. 
Sans cela on est dans le joli, pas dans l’art. Le tragique ce n’est ni le  dramatique ni le 
triste, 
c’est juste la conscience de notre minuscule appartenance au monde......
 
Lettre à Helga : Au seuil de sa fin de vie Il écrit une lettre à son amour de jeunesse 
déjà morte.  Très attaché à sa terre, il n’a pas voulu la suivre à Reykjavik 
                 

LUMIÈRE D’ÉTÉ PUIS VIENT LA NUIT 

Il s'agit de la chronique d'un petit village de 400 habitants qui n'a rient d'exceptionnel, "ni église, ni cimetière, ni pasteur".  Le récit nous livre la description de quelques villageois qui pourraient être les habitants de n'importe quelle bourgade, mais qui ont un rôle essentiel dans cette petite communauté où chacun se mêle de tout. Beaucoup d'humour,  d'amour parfois en termes grivois, parfois avec tendresse. Sont abordés : l'infidélité mais aussi la félicité, la mort, la solidarité et la solitude, une touche de fantastique, la musique. L'auteur se moque des nouvelles technologies et de notre époque en général ;  il manifeste une nostalgie pour certaines façons d'agir du passé.

QUELQUES INFOS

Les premiers européens ayant découvert l'île, vers l'an 700, sont des moines irlandais. Suivront  les vikings entre 874 et 930. La Norvège et le Danemark auront également des prétentions sur l'île et plus tard les anglais et les américains sur les zones de pêche. 1944 verra l'indépendance de l'île. Vigdis  Finbogadottir sera la 1ère femme élue au suffrage universel en tant que Présidente de l'Islande. A été reconduite 4 fois de 1980 à 1996.  Il y a un parti Alliance des femmes qui recueille régulièrement 10% des voix.

Ile bordée par le mer Irminger (composante du Gulf Stream) au S.O., détroit de Danemark à l'Ouest, mer du Groenland au Nord, à l'est mer de Norvège.

Sol volcanique (130 actifs) - Geysers - Tourbières - Glaciers.

Economie : Pêche, Elevage (moutons) Géothermie (Eau chaude pas chère). Rappel : Eruption en 4/2010 avait perturbé tout le Nord de l'Europe. Climat : Océanique tempéré (Gulf Stream)

Les  aurores boréale, les phoques, les baleines, les macareux moine (oiseaux) attirent les touristes.

 

A VENIR :

Le 18 Janvier : Nouvelle rencontre en vidéo autour des auteurs américains contemporains, sans oublier de les choisir bien campés dans leur environnemental

Au mois de février –date à redéfinir : faut-il prendre en compte les vacances scolaires ? Chacune choisira un roman dont une ville d’Europe est au centre de l’histoire

 

 

 

 

 

Le Marché de Noël solidaire et local

 

au Relais

 

 

 

Le marché de Noël solidaire et local arrive au Relais. Rendez-

 

vous les :

 

19 et 20 décembre de 10h à 18h.

 

 

 

Méli-mélo y tiendra son stand le 

 

samedi  19

 

* Vente de créations couture et bijoux de nos 

 

adhérentes

 

* Vente de friandises de Noël 

 

confectionnées par nos adhérentes

 

 

Nous vous y attendons au 61 rue Victor Hugo


 

Lecture de Novembre

 

 

 GEORGE SAND 

 Atelier  lecture du 16 novembre 2020 avec ZOOM

 


George SAND 1/7/1804 - 8/6/1876 - (Amandine Lucile Aurore Dupin) Romancière, Dramaturge, Epistolière, Critique  littéraire, Journaliste. Ses auteurs préférés : Montaigne pour sa philosophie, Rabelais pour son langage fleuri.

A l'occasion de ses obsèques Victor Hugo dira : "Dans ce siècle qui a pour loi d'achever la Révolution Française et de commencer la Révolution Humaine, l'égalité des sexes faisant partie de l'égalité des hommes, une grande femme était nécessaire."

 

Les méli-mélottes ont lu pour nous : "Les compagnons du tour de France", "Histoire de ma vie", "les Dames vertes", "George Sand à Nohant", "Pauline", "La mare au diable", "Marianne", "La ville noire", "Un hiver à Majorque", "Consuelo", "Lettre de Flaubert" "tu aimes trop la littérature, elle te tuera", "La petite Fadette", "Tévérino", Une lettre : « le droit du peuple » adressée au poète Charles Poncy.

 

TEVERINO

Un jeune marquis (Léonce), très amoureux d'une Lady (Sabina) mariée à un homme qu'elle n'apprécie guère et qui s'ennuie terriblement, lui propose une excursion de 24h afin de lui donner une leçon sentimentale ; elle accepte. 
Feront partie de l'expédition en plus du ,cocher et de servante noire de Sabina, un curé, une jeune fille charmeuse d'oiseaux et Tévérino  comédien italien sans le sou que Léonce fera passer pour un marquis de ses amis. 
Ecrit en quelques semaines en 1848 et publié en feuilleton, G.Sand traite son roman de "fantaisie" "petit roman" ; elle ne croit pas à un succès mais espère qu'il amusera son éditeur.

Il n'en reste pas moins que l'on trouvera dans ce roman beaucoup de références littéraires : 

- Goethe  : "Les années d'apprentissage de Wilheim Meister" 

- Des arguments sur l'art, la vie, la morale, les sentiments, la musique au travers d’œuvres :de Marivaux (les jeux de l'amour et du hasard) Scarron (pour les aspects burlesques) Jules Lesage (pour l'honneur et l'amour) Goldoni (comédie italienne moderne) Rossini (Le Barbier de Séville) André Campra (Tancrède) Le Tasse (La Jérusalem délivrée)

Chacune a pu apprécier la langue si savoureuse, ses analyses sociales, certaines les sont senties très proche de cette femme étonnante de modernisme.

 

 Notes de Cécile

 

 

 

 


Le 14 Décembre nous nous retrouverons autour des auteurs islandais

Le 25 Janvier 2021 nous lirons des auteurs américains contemporains en prêtant attention à leur enracinement dans leur ville, leur région

Lettre à Samuel Paty, par Akli Tadjer

 

Écrivain franco-algérien né en 1954 à Paris, Akli Tadjer a publié plusieurs ouvrages où apparaît son attachement aux valeurs de fraternité et de tolérance. « Le porteur de cartable », publié en 2002, a été particulièrement remarqué et a fait l’objet d’une adaptation télévisuelle. Akli Tadjer intervient souvent dans les écoles, sur les thèmes du racisme et du vivre-ensemble.
L’attentat tragique de Conflans-Sainte-Honorine lui a inspiré cette lettre.

A Samuel Paty

Ils ne vous ont pas laissé le temps d’expliquer à vos élèves combien votre métier est difficile, parfois risqué, mais que vous l’aimiez à en mourir.
Ils ne vous ont pas laissé le temps de leur expliquer que la France leur a offert le bien le plus précieux qui soit : la liberté de penser, de parler, de caricaturer. Ils ne vous ont pas laissé le temps de leur expliquer que la France est un pays composite et forcément complexe. C’est sa faiblesse et sa force.
Ils ne vous ont pas laissé le temps de leur expliquer que des crapules sanguinaires ont franchi, au nom de l’islam, le pas qui sépare l’homme de l’inhumain.
Ils ne vous ont pas laissé le temps de leur expliquer qu’il y a un monde entre le Musulman qui vit sa foi en toute quiétude et l’islamiste fanatisé qui profite de la permissivité de la société pour imposer ses diktats à d’autres Musulmans.
Ils ne vous ont pas laissé le temps de leur expliquer que des imams low cost honnissent l’Occident mais qu’ils raffolent de ses technologies. Que leurs ouailles détestent tout ce qui rappelle le christianisme, mais il ne viendrait à l’idée d’aucune d’elles de rendre la prime de Noël versée par la CAF. Hypocrisie à votre avis ? Ils se disent contre tous les racismes mais la tolérance s’arrête aux portes de leurs mosquées. Contradiction à votre avis ?
Ils ne vous ont pas laissé le temps d’expliquer aux jeunes qui se désespèrent au pied de leurs HLM parce qu’ils n’ont pas le bon nom ou la bonne adresse pour décrocher un travail qu’ils ne trouveront pas le salut en se laissant séduire par les sirènes de l’islamisme fatal. Ils ne vous ont pas laissé le temps de leur dire : « Croyez-en vous ! Luttez ! Étudiez ! Imposez-vous ! Soyez l’élite de ce pays ! Vous n’avez pas d’autre choix parce que vous n’avez pas de pays de rechange. »

Ils ne vous ont pas laissé le temps… alors pour un instant seulement, je me suis permis de poursuivre votre cours, Monsieur le Professeur.

Bien cordialement.

Akli Tadjer