Les auteurs qu'on a oublié
Chaque participant a interprété ce thème à sa manière
Christine : Gilbert CESBRON
Gilbert Cesbron : 1913-1979
écrivain, d’inspiration catholique qui a écrit sur des sujets sociaux .
La lecture de ces livres m’a passionné durant mon adolescence, moi
qui habitait un quartier ouvrier où la paroisse Saint-Hipollyte, jouait un
rôle culturel important. Et où les prêtres appartenaient à la Mission de France.
Notre prison est un royaume (1948). L’ouvrage qui lui apporte la célèbrité.
Chiens perdus sans colliers (1954) traite des enfants délinquants et du rôle
du juge pour enfants et des éducateurs de rue.
Les Saints vont en enfer (1952) traite des prêtres ouvriers, devenus solidaires
de leurs collègues et remis en question par leur hiérarchie.
La pièce de théatre, Il est minuit , docteur Schweitzer (1950) sera adapté pour le cinéma. C’est l’histoire d’un médecin alsacien, avant 1914, missionnaire protestant qui lutte contre la malaria dans un pays d’Afrique de l’Ouest qui , remis en cause par un administrateur colonial, devra rentrer chez lui.
Christine
Cécile : "La princesse de Clèves" Madame de Lafayette
Madame de LA FAYETTEnée Marie Madeleine Pioche de la Vergne en 1634 disparue en 1693. Romancière du Grand Siècle (de Louis XIV à Henri IV), épistolière, historienne. Épouse de François Motier, Comte de La Fayette (haute noblesse auvergnate) avec lequel elle a 2 enfants. Dans son roman elle s’inspire de son propre vécu.
L’histoire se déroule entre 1558 et 1559 sous le règne d’Henri II (2ème fils de François 1er) puis François II.
Le début du roman décrit avec minutie : l’univers de la cour, ses mœurs, son faste, ainsi que le libertinage, la galanterie, l’hypocrisie, les faux semblants, les alliances ou les rivalités des nobles dans la cour d’Henry II.
La Princesse de Clèves se place au-dessus de toutes ces intrigues. Elle fait preuve de sagesse et de vertu. Cependant, au cours d’un bal, elle rencontre le Duc de Nemours ; ils tombent amoureux l’un de l’autre au premier regard. Mariée au Prince de Clèves, elle va résister de toutes ses forces à ce penchant.
Par ce modèles de roman psychologique, Madame de La Fayette met en avant :
. la méfiance envers l’amour de la Princesse
. sa souffrance cachée
. la droiture de ses sentiments
Du XVIII siècle à nos jours l’œuvre de Madame de La Fayette a inspiré de nombreux auteurs (Balzac, Radiguet…) et l’Éducation Nationale.
PS : Dans ma lecture récente de "Les confessions d'un enfant du siècle" d'Alfred de Musset, j'ai retrouvé bien des analyses de sentiments décrits par Madame de La Fayette dans La Princesse de Clèves.
Cécile
Christiane : "le lys dans la vallée" BALZAC
"Oui, la première femme que l'on rencontre avec les illusions de la jeunesse est quelque chose de saint et de sacré."
Balzac
en fit l'expérience. Il imagine son roman comme une confession. Félix
de Vandenesse raconte, avant de l'épouser, ses amours passées à la
comtesse de Manerville. Très jeune, au cours d'un bal, il couvre de
baisers les épaules - d'une belle inconnue assise à ses côtés. Mme de
Mortsauf était douce et maternelle. Il l'aima, et ce lys dans une vallée
de Touraine brûla d'amour pour lui. Son mari ne vivait que pour la
défunte monarchie, et Félix quitta la vallée pour une brillante carrière
politique et mondaine à Paris, au bras d'une sensuelle marquise
anglaise. Mme de Mortsauf avait la beauté d'un ange, elle le devint. Le
roman de Balzac est aussi "l'histoire des Cent Jours vue d'un château de
la Loire".
Hélène "l'île au trésor" R.L. STEVENSON
Le jeune Jim Hawkins se lie, plus ou moins de bon gré, avec un vieux marin débarqué et installé un beau jour dans l’auberge de son père, « L’amiral Benbow ».
De mystérieux et menaçants visiteurs se succèdent, jusqu’à la mort brutale du vieux marin pendant l'attaque de l'auberge par une bande de pirates.
Jim et sa mère fouillant le coffre du défunt pour récupérer ce qu’il devait à l’auberge, y découvrent un paquet scellé que le châtelain local, le chevalier Trelawney, et le magistrat, le Dr Livesey, décident d’ouvrir. Ils y découvrent une carte au trésor et décident de frêter un navire et de partir tous les trois pour l’île à la recherche du trésor.
Ils affronteront de dangereux pirates, menés par Long John Silver, pirate à la jambe de bois que craignait tant le vieux marin.
La vie du jeune Jim Hawkins bascule le jour où un marin ivrogne et balafré s'installe dans l'auberge tenue par ses parents. Qui est réellement celui que l'on surnomme le "capitaine" ? Pourquoi se cache t-il ? Une nuit, des pirates attaquent l'auberge. Jim n'a que le temps de s'enfuir, emportant avec lui le secret du vieux forban : la carte d'une île abritant un fabuleux trésor...
Annette : Louis PERGAUD "la guerre des boutons"
Il commença par la blouse, il arracha les agrafes métalliques du col, coupa les boutons des manches ainsi que ceux qui fermaient le devant de la blouse, puis il fendit entièrement les boutonnières, ensuite de quoi Camus fit sauter ce vêtement inutile ; les boutons du tricot et les boutonnières subirent un sort pareil ; les bretelles n'échappèrent point, on fit sauter le tricot.Ce fut ensuite le tour de la chemise : du col au plastron et aux manches, pas un bouton ni une boutonnière n'échappa...
- T'as pas de " caleçon ? " non ! repris Lebrac, en vérifiant l'intérieur de la culotte qui dégringolait sur les jarrets.
- Eh bien, maintenant, fous le camp !
Cela fait des générations que les enfants de deux villages voisins se font la guerre. Les uns sont de Longeverne, les autres de Velrans. Face à Lebrac, dit le grand Braque, et ses fidèles lieutenants se dressent l'Aztec des Gués et ses troupes. Le jour où une insulte jusque-là inconnue est lancée par ceux de Longeverne, une guerre aussi terrible qu'inattendue est déclarée : l'impitoyable guerre des boutons.
Cette épopée truculente de Louis Pergaud, devenue un classique, évoque l'amitié, parfois mêlée de cruauté avec une verve réjouissante
"De Goupil à Margot"
De Goupil à Margot est un recueil de poèmes et de nouvelles. Louis
Pergaud se focalise sur les similitudes entre les instincts amoraux des
animaux, et les activités immorales des hommes, une position guidée par
son fervent anti-militarisme.
Au temps jadis, ce qui remonte au XII°
siècle, le grand pilleur de poulaillers plein de ruse et malice
maintenant connu sous le nom de renard, s'appelait un"goupil", terme
dérivé de "vulpecula" diminutif du mot "vulpes" par lequel la langue
latine, principale ancêtre de la nôtre, désignait cet animal, comme
diraient les érudits qu'intéresse l'évolution de notre belle langue; et
il dut d'être ainsi rebaptisé au succés du "roman de renart", satire de
la société féodale où les hommes étaient dépeints sous le masque
d'animaux.
Ce n'est pas dans une intention satirique envers les
hommes de son temps que Louis Pergaud a donné le patronyme de Goupil au
héros de son premier récit, comme celui de Fuselie, de Nyctalette, de
Rana ou de Margot aux héros des récits suivants, mais pour raconter
l'histoire des bêtes qui peuplent nos bois et nos champs ; et si les
gens y font mauvaise figure, la raison en est qu'ils ne s'y montrent pas
à leur avantage. Aveugles comme ceux qui abêtissent Margot la pie, avec
un sourd remords comme le braconnier Lisée, qui est à l'origine de la
tragique aventure de Goupil. Les bêtes ne sont déjà pas tendres entre
elles, le drame du lièvre Roussard le prouve; ainsi le veut la loi du
monde que Louis Pergaud nous fait connaître ici avec un admirable talent
de conteur et de naturaliste.
Constance : Mircea ELIADE "Mademoiselle Christina
L’auteur, de nationalité roumaine, est surtout connu comme un historien des religions et comme mythologue.
Au début de sa carrière il a écrit quelques romans dont fait partie « mademoiselle Christina » ; ils ont eu beaucoup de succès en Roumanie car ils reprennent certains des mythes locaux.
Il est né en 1907 et c’est l’année d’une révolte de paysans causée par la famine, et durement réprimée ; c’est aussi la date de la mort de son personnage principal, cette mort étant liée à cette révolte.
Dans mes souvenirs mademoiselle Christina était une belle jeune fille romantique ; en fait c’est un personnage maléfique aux mœurs très libres. C’est une Strigoï, une défunte qui vient tourmenter jusqu’à la mort ses proches encore vivants, en puisant leur énergie vitale ; comme les vampires elle se nourrit de sang.
Beaucoup d’évènements surnaturels et fantastiques surviennent et ce sont les personnages masculins invités, notamment le plus jeune, qui en sont les témoins. On ne sait pas toujours où se situe la frontière entre les rêves et la réalité.
Pearl Sydenstricker (épouse Buck), connue aussi sous son nom chinois Sai Zhenzhu ( 賽珍珠) , est née en Virginie occidentale en 1892 et morte en mars 1973 dans le Vermont. Elle est une femme de lettres américaine et a obtenu le prix Nobel de littérature en 1938.
Alors qu'elle n'a que 3 mois, ses parents missionnaires presbytériens partent pour la Chine où elle va apprendre le mandarin avant l'anglais. Elle fait ses études universitaires en Virginie, puis retourne en Chine où elle épouse en 1917 John Buck, un ingénieur agronome américain, avec qui elle part à Suzhou, dans l'Est de la Chine. Elle s'établit ensuite à Nankin jusqu'à 1927, puis au Japon et revient en 1933 aux Etats-Unis, où elle divorce en 1935.
Kwei-Lan
vient d'être mariée, sans le connaître, à un homme de sa race mais qui revient
d'Europe. Ce chinois n'est plus un chinois, il a oublié la loi des ancêtres, il
ne reconnait, ne respecte ni les coutumes, ni les rites...
Le frère de Kwei-Lan vient de passer trois ans en Amérique, l'héritier mâle,
dépositaire du nom et des vertus de la race, annonce son mariage avec une
étrangère ; il revient avec elle...
Le roman aborde avec beaucoup de délicatesse la confrontation de l’empire du milieu et de l’occident, des générations, du respect de la culture et de l’ouverture à un autre mode de vie. La confrontation des cultures, de la science et de la médecine, des traditions (pieds bandés par exemple). Le chemin à faire pour les femmes pour accepter d’être l’égale des hommes.
Baignés dans la classe très bourgeoise et surtout très traditionnelle en chine.
Même si le roman est un peu « à l’eau de rose », il est empreint de délicatesse, de tendresse et de respect.
Anne
Prochaines lectures :
Lundi 15 Décembre : Les auteurs polonais
Lundi 12 Janvier 2026 : les femmes écrivaines francophones




