Exposition: Yan Pei-Ming Eye to Eye

Thaddaeus Ropac Paris Pantin le vendredi 3 octobre



Thaddaeus Ropac Paris Pantin présente une exposition de nouvelles œuvres de Yan Pei-Ming, la première présentation personnelle de l'artiste franco-chinois dans la galerie de Pantin. Dans des formats variant du monumental à l'intime, Yan Pei-Ming peint un éventail de sujets – des lions et des singes ; Pablo Picasso et l'artiste lui-même en tant que pape – entrecoupés d'autoportraits. Alliant l'animal et l'humain, le mythique et le personnel, la tradition et la spontanéité, les œuvres exposées isolent la force de vie partagée que l'artiste cherche à articuler dans sa pratique du portrait.



L'œuvre de Yan Pei-Ming s'inscrit invariablement dans l'histoire de la peinture européenne, mais ces dernières années, il s'est de plus en plus inspiré de son héritage chinois qu'il combine avec des traditions occidentales. Dans l'exposition, il reprend à plusieurs reprises le motif du lion, dont l'importance dans l'histoire de l'art résonne à travers les époques et les cultures. Les deux lions qui se tiennent en sentinelle, flanquant l'entrée de la galerie de Pantin, rappellent la tradition chinoise des lions gardiens : un ornement architectural censé avoir de puissants effets protecteurs lorsqu'il est placé à l'entrée d'un bâtiment.



Le point culminant de l'exposition est une œuvre monumentale en trois parties : Autoportrait en trois personnes (2020), exposée au Palais des Papes à Avignon en 2021. Elle se compose de deux autoportraits qui encadrent un troisième autoportrait central de l'artiste en tant que pape. Bien que Yan Pei-Ming, qui est né et a grandi à Shanghai, n'ait été immergé dans l'iconographie du christianisme, celle-ci exerce un magnétisme de longue date sur l'artiste de par sa place centrale dans l'histoire de l'art, et il a dépeint un pape pour la première fois en 2003. Dans cette œuvre de 2020, par son « hybridation » des thèmes récurrents du portrait du pape et de l'autoportrait, comme l'a décrit le commissaire d'exposition Henri Loyrette, Yan Pei-Ming « prolonge l'introspection de l'autoportrait en auto-fiction, [...] comme si, pour reprendre Rimbaud, il voulait ici-bas épuiser “toutes les vies qui lui sont dues”.


Auto-portrait

L'artiste explique : « Je m'intéresse à l'homme en général, et mon travail peut être considéré comme une sorte de portrait universel. Ce que je peins dans la permanence est au fond une idée de cette humanité. » Sa nouvelle série de portraits incarne cette égalité, voire cette impartialité, dans le traitement des différents sujets : c'est ce que le critique Philippe Dagen a appelé le « désir d'universalité » de Yan Pei-Ming.

Merci à tous