Lecture de Juin 2025

 

 L'EXIL

 

Livres présentés : 

Constance 

 "Être français" Omar Youssef SOULEIMANE 

Je vis une nouvelle naissance, j'ai une nouvelle mère, la France. Comment ne pas considérer ainsi la terre qui m'a protégé, qui m'a offert la liberté de m'exprimer, qui m'a sauvé de la tyrannie et qui m'a donné ce cadeau, la citoyenneté ? Du fait de la situation sanitaire, la cérémonie prévue à l'occasion de la remise de la carte d'identité a été annulée. Qu'importe, j'ai fait ma propre cérémonie avec mes amis. Certains sont nés ici, d'autres ailleurs. Nous sommes tous allés manger un couscous, le plat préféré des Français. Nous avons trinqué avec du vin italien, et écouté Rachid Taha et Barbara. Voilà la France que j'aime." Dans ce récit, à la fois politique et poétique, Omar Youssef Souleimane, arrivé de Syrie en 2012 et citoyen français depuis 2022, revient sur son parcours semé d'embûches et de solitude tout en racontant son attachement charnel et littéraire pour son nouveau pays. 

                  

 Frédérique 

"passagers d'exil" 

 

Cette anthologie de poèmes rassemble 62 poètes et écrivains qui nous rappellent que l'hospitalité est une des valeurs phares de l'humanité. 

 

 

 

Cécile 

"Mur méditerranée"   Louis Philippe DALEMBERT

À Sabratha, sur la côte libyenne, les surveillants font irruption dans l’entrepôt des femmes. Parmi celles qu’ils rudoient, Chochana, une Nigériane, et Semhar, une Érythréenne. Les deux se sont rencontrées là après des mois d’errance sur les routes du continent. Depuis qu’elles ont quitté leur terre natale, elles travaillent à réunir la somme qui pourra satisfaire l’avidité des passeurs. Ce soir, elles embarquent enfin pour la traversée.
Un peu plus tôt, à Tripoli, des familles syriennes, habillées avec élégance, se sont installées dans des minibus climatisés. Quatre semaines déjà que Dima, son mari et leurs deux fillettes attendaient d’appareiller pour Lampedusa. Ce 16 juillet 2014, c’est le grand départ.
Ces femmes aux trajectoires si différentes – Dima la bourgeoise voyage sur le pont, Chochana et Semhar dans la cale – ont toutes trois franchi le point de non-retour et se retrouvent à bord du chalutier unies dans le même espoir d’une nouvelle vie en Europe.
Dans son village de la communauté juive ibo, Chochana se rêvait avocate avant que la sécheresse ne la contraigne à l’exode ; enrôlée, comme tous les jeunes Érythréens, pour un service national dont la durée dépend du bon vouloir du dictateur, Semhar a déserté ; quant à Dima, terrée dans les caves de sa ville d’Alep en guerre, elle a vite compris que la douceur et l’aisance de son existence passée étaient perdues à jamais.
Sur le rafiot de fortune, l’énergie et le tempérament des trois protagonistes – que l’écrivain campe avec humour et une manifeste empathie – leur seront un indispensable viatique au cours d’une navigation apocalyptique.
S’inspirant de la tragédie d’un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l’été 2014, Louis-Philippe Dalembert, à travers trois magnifiques portraits de femmes, nous confronte de manière frappante à l’humaine condition, dans une ample fresque de la migration et de l’exil.
 
 

   
Christiane
"La petite fille de Monsieur Linh" Philippe CLAUDEL 
 C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays,celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.
 
    

    
"Salina" Laurent GAUDE 
Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne légende.
Renouant avec la veine mythique et archaïque de La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé écrit la geste douloureuse d’une héroïne lumineuse, puissante et sauvage, qui prit l’amour pour un dû et la vengeance pour une raison de vivre.

Il y a la dernière vertèbre de Sako, son mari violeur, qu'elle été voir mourir sur le champs de bataille et dont elle a gardé une vertèbre après l'avoir dépecé pour qu'il ne puisse pas reposer en paix.
Il y a la traversée du désert de Malika et Salina pour quelle meurt tranquille et qu'il la mène à l'ile cimetière. 
 
      
  "Ru" Kim Thuy 
« Le paradis et l'enfer s'étaient enlacés dans le ventre de notre bateau. Le paradis promettait un tournant dans notre vie, un nouvel avenir, une nouvelle histoire. L'enfer, lui, étalait nos peurs : peur des pirates, peur de mourir de faim, peur de s'intoxiquer avec les biscottes imbibées d'huile à moteur, peur de manquer d'eau, peur de ne plus pouvoir se remettre debout, peur de devoir uriner dans ce pot rouge qui passait d'une main à l'autre, peur que cette tête d'enfant galeuse ne soit contagieuse, peur de ne plus jamais revoir le visage de ses parents assis quelque part dans la pénombre au milieu de ces deux cents personnes. »
Ru est le récit d'une réfugiée vietnamienne, une boat people dont les souvenirs deviennent prétexte tantôt à l'amusement, tantôt au recueillement, oscillant entre le tragique et le comique, entre Saigon et Granby, entre le prosaïque et le spirituel, entre les fausses morts et la vraie vie. 
 
 
 Hélène : "Americanah"  Chimamanda Ngozi ADICHIE  
  
 « En descendant de l'avion à Lagos, j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire. »
Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l'Amérique qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu'on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.
À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d'ombre, Americanah est une magnifique histoire d'amour, de soi d'abord mais également des autres, ou d'un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d'immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant. 
 
 
      

 
                    Christine : "Au pays" Tahar BEN JELLOUN 
 
 A quelques mois de la retraite, mohamed n'a aucune envie de quitter l'atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu'il est parti du bled.
Afin de chasser le malaise diffus qui l'envahit, il s'interroge sur lui-même avec simplicité et humilité. Il pense à son amour profond pour l'islam, dont il n'aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de son existence.
Un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. Un retour " au pays" qui sera loin de ressembler à ce qu'il imaginait
 
    
        "Le pays natal" Leila SEBBAR 
 
Du Maroc jusqu'à la Turquie, dix-sept auteurs méditerranéens évoquent leur terre natale. Au fil des lignes resurgissent les langues mêlées d'Alger, le café libanais au goût de cardamone, les jardins d'Alexandrie...
autant de souvenirs que le pays d'aujourd'hui n'a su effacer. Quitté, oublié, aimé, mal-aimé, perdu, interdit, le pays natal devient dans l'exil un territoire littéraire reconstruit par la mémoire. Est-il jamais possible de s'en détacher ? Comme le rappelle l'un de ses auteurs, Dieu dit à Abraham : "Va-t'en pour toi". 
 
 

    "Les Émigrants" W G SEBALD 
« Je vois les pièces vidées. Je me vois assis tout au sommet de la carriole, je vois la croupe du cheval, la vaste étendue de terre brune, les oies dans la gadoue des basses-cours et leurs cous tendus, et aussi la salle d'attente de la gare de Grodno avec, au beau milieu, le poêle surchauffé entouré d'une grille et les familles d'émigrants regroupées tout autour. Je vois les fils du télégraphe montant et descendant devant les fenêtres du train, je vois les alignements des maisons de Riga, le bateau dans le port et le recoin sombre du pont où, autant que l'entassement le permettait, nous avions installé notre campement familial. » Entre le document, l'enquête et la fiction, le narrateur, double de l'écrivain, fait sortir de l'ombre des personnages dont la vie a été brisée par les douleurs de la séparation, la mort, le mal du pays. Ce récit de pérégrinations aux quatre coins de la terre apparaît comme le livre de ceux qui ont perdu leur monde, mais aussi le livre du temps retrouvé. 
 
 
Anne : "Le silence des pères" Rachid BENZIN
 Un fils apprend au téléphone le décès de son père. Ils s'étaient éloignés : un malentendu, des drames puis des non-dits, et la distance désormais infranchissable. Maintenant que l'absence a remplacé le silence, le fils revient à Trappes, le quartier de son enfance, pour veiller avec ses soeurs la dépouille du défunt et trier ses affaires. Tandis qu'il débarrasse l'appartement, il découvre une enveloppe épaisse contenant quantité de cassettes audio, chacune datée et portant un nom de lieu.
Il en écoute une et entend la voix de son père qui s'adresse à son propre père resté au Maroc. Il y raconte sa vie en France, année après année. Notre narrateur décide alors de partir sur les traces de ce taiseux dont la voix semble comme resurgir du passé. Le nord de la France, les mines de charbon des Trente Glorieuses, les usines d'Aubervilliers et de Besançon, les maraîchages et les camps de harkis en Camargue : le fils entend l'histoire de son père et le sens de ses silences.  



"Les déracinés" Catherine BARDON  

Almah et Wilhelm se rencontrent dans la Vienne brillante des années 1930. Après l'Anschluss, le climat de plus en plus hostile aux juifs les pousse à quitter leur ville natale avant qu'il ne soit trop tard. Perdus sur les routes de l'exil, ils tirent leur force de l'amour qu'ils se portent : puissant, invincible, ou presque. Ils n'ont d'autre choix que de partir en République dominicaine, où le dictateur promet 100 000 visas aux juifs d'Europe.
Là, tout est à construire et les colons retroussent leurs manches. Pour bâtir, en plein cœur de la jungle hostile, plus qu'une colonie : une famille, un avenir. Quelque chose qui ressemble à la vie, peut-être au bonheur... 


Prochains groupes 
lundi 15 Septembre "les lectures de l'été"
 lundi 13 Octobre "les couleurs"