Les
Auteurs espagnols
Eduardo
Mendoza nait
à Barcelone en 1943
« La
ville des prodiges »/prix
prestigieux.
Un
jeune garçon quitte sa famille, son village où on meurt de faim,
pour Barcelone, ville en pleine rénovation. Il a 13 ans et est
débrouillard cependant ses débuts dans la ville sont calamiteux. Le
danger est omniprésent, le travail mal payé. Cependant Onofre suit
l’évolution de la ville, comme elle, il s’adapte à la
nouveauté, acquiert des compétences qui vont le mener à une
position inégalable. Ce roman foisonnant qui est comparable à ceux
d’Alexandre Dumas est basé sur l’histoire de la ville, les
moments importants de sa transformation. Il n’est pas non plus
exempt d’humour
Almuneda
Grandes
1960. Madrilène, morte d’un cancer, a reçu de nombreux prix. Elle
débute dans la littérature par des romans érotiques
« Un
cœur glacé »
Elle traite des blessures toujours présentes, causées par la guerre
civile, non encore refermées et qui affectent également les jeunes
gens nés après la guerre. Deux familles aux destins contraires vont
se retrouver par l’intermédiaire d’une jeune femme et d’un
jeune homme. La famille évoluant dans l’entourage proche de Franco
est devenue riche, a été responsable d’actes répréhensibles.
Être héritier de cette famille remplit de culpabilité L’autre
famille républicaine et pauvre, a émigré. Un lien oublié unit les
deux familles. Le roman retrace des pages honteuses de l’histoire,
parle de la transmission, du pardon nécessaire et de l’amour.
Javier
CERCAS né
en 1962 journaliste à : « el Pais »
De
nombreux romans qui traitent des républicains, des fascistes, de la
guerre civile
« Les
soldats de Salamine » « l’imposteur » « le
monarque des oubliés »
Monique
« Les
patients du docteur Garcia »
Almudena
Grandes
Pendant la guerre d'Espagne, un médecin républicain sauve la vie
d'un diplomate grâce à une des premières transfusions sanguines.
Celui-ci lui permettra de se constituer une fausse identité pour
continuer à vivre en Espagne après la victoire de Franco.
En 46, le diplomate revient d'exil avec pour mission d'infiltrer une
organisation d'évasion de criminels nazis dirigée par Clara
Stauffer.
Ces criminels sont dirigés vers l'Argentine de Peron avec la
bienveillante passivité des USA polarisés sur l'ennemi
soviétique.
Ce livre est passionnant mais il aborde trop de sujets pour les
traiter à fond.
Hélène
JORGE
SEMPRUN
Né
le 10 décembre 1923 à Madrid - Décédé le 7 juin 2011 à Paris -
6 frères et soeurs
Ecrivain
- homme politique (en Espagne) Scénariste (a travaillé avec de
nombreux et grands metteurs en scène dont Costa Gavras)
Semprun
a été l'inspirateur de Pablo Daniel Magee, écrivain et journaliste
d'investigations menacé au cours de sa vie pour ses livres
(Opération Condor) et enquêtes consacrées, entre autres, à la
préservation de la mémoire, à l'horreur des dictatures en Amérique
latine.
En
1939, après la défaite des républicains espagnols, les parents de
Semprun s'établissent en France. Il entre en résistance, au parti
communiste en 1942 duquel il sera exclu en 1964. Arrêté par la
gestapo en 1943, il sera interné à la prison d'Auxerre, puis emmené
de Compiègne à Buchenwald. Sa libération interviendra en avril
1945.
« Le
grand voyage »
Roman
autobiographique romancé écrit en 1963, couronné par 2 prix.
Il
rapporte son voyage de 5 jours avec 119 détenus entassés dans un
wagon de marchandises, de Compiègne à Buchenwald.
Il
évoque : sa jeunesse estudiantine à Paris, ses amis et leurs
discussions dans les cafés, la guerre civile espagnole, la
résistance, la libération en 1945 et son retour difficile à la
vie civile. Mais aussi la peur, les fours crématoires, son
internement à Auxerre et en Allemagne-Weimar pendant 2 ans,
l'entraide entre détenus ou le chacun pour soi, les dénonciations.
Alors
que le train traverse la vallée de la Moselle, le narrateur tente de
s'extraite de la douleur environnante en décrivant la belle nature
contemplée au travers d'une ouverture grillagée. Il entame une
discussion, comme hors de la présente réalité avec son voisin
débrouillard ; certains échanges sont même drôles. Il se récite
des poèmes (Le cimetière marin de P. Valéry), se concentre sur
d'anciennes lectures (Proust) recherche dans sa mémoire des
dialogues avec ses amis et même avec l'un de ses professeurs de
Lycée.
En
fin de livre est décrite l'arrivée au camp alors que son compagnon
de voyage vient de mourir dans ses bras.
Terrible
arrivée montrée et voulue comme une scène martiale dans laquelle
il ne manque que la musique militaire ; pour compléter le tableau
des SS debout au garde à vous, fusil au poing ou en bandoulière,
chiens aboyant et prêts à se lancer sur les détenus épuisés
maintenus en rang par 5 passant entre de hautes colonnes de pierre
surmontées d'aigles aux ailes repliées.
Jorge
Semprun conclut son récit par : "il faut quitter le monde des
vivants"
CARLOS
RUIZ ZAFON
né le 25/09/1964 à Barcelone, décédé le 19/06/2020 à Los
Angeles d'un cancer colorectal (écrivain, scénariste, nouvelliste)
- Il écrit son premier roman de 500 pages à 14 ans. Commence sa
carrière dans la pub.
Son
traducteur privilégié se nomme François Maspero - Traducteur de
nombreux auteurs italiens, espagnols, anglais.
Cycle
des écrits de Carlos Ruiz :
-
Le cycle du cimetière des livres oubliés : 4 livres
-
Le cycle de la brume : 3 livres (dont "l'ombre du vent" qui
a reçu le prix Fémina en 2004 et vendu à plus de 12
millions d'exemplaires).
«
MARINA » (dans
la 4ème de couverture Carlos dit que c'est l'un de ses favoris)
L'amour
de Carlos Ruiz Zafon pour sa ville de Barcelone apparaît dans tout
ce récit. Il ne nous dissimule pas, cependant, les parties sombres
et très pauvres. D'une imagination débordante, il mêle le
diabolique, le fantastique, le réel et l'irréel ; il décrit des
lieux et des paysages magnifiques, des souterrains terrifiants, des
personnages cruels, malfaisants, difformes et d'autres plein de bonté
et de grâce. L'amour indéfectible, la haine, la jalousie, le
courage, l'amitié sont présents de chapitre en chapitre.
En
1980, à Barcelone, un jeune garçon, adolescent de 15 ans, étudie
dans un internat qu'il n'apprécie pas et fait des fugues dès que
possible. Il se promène dans les rues de Barcelone où se trouvent
les anciennes maisons bourgeoises abandonnées ; il entre dans l'une
d'entre elles et l'on plonge immédiatement dans une atmosphère
fantomatique et inquiétante jusqu'au moment où il rencontre Marina
et son père, les occupants de cette demeure ; ils deviennent très
vite amis. Marina va lui faire découvrir un très ancien cimetière
; une femme entièrement voilée vient se recueillir régulièrement
sur une tombe sans nom sur laquelle est gravée un papillon aux ailes
déployées. La curiosité d'abord puis l'intérêt de leurs
découvertes successives vont les conduire à mener leur enquête
jusqu'au bout.
Cécile
« LA
BONNE CHANCE »
Rosa MONTERO
Un
homme dans un train, comportement un peu bizarre. En traversant une
contrée d'Espagne peu amène il aperçoit un panneau appartement à
vendre. Le train stoppe à la gare toute proche, il descend et
l'achète immédiatement sans le visiter. On va apprendre qu'il se
cache, qu'il fuit on ne sait quoi, qu'il vit dans la terreur. On suit
son installation dans cette petite ville, ancienne cité
industrielle, où il fait connaissance avec certains habitants plus
ou moins meurtris par la vie. Amitiés, rumeurs, sauvageries, joies.
Un roman assez loufoque mais qui tient en haleine et qui dégage une
certaine joie de vivre malgré tout. Ce livre me fait penser à un
film d'Almodovar. Style agréable. Bonne lecture de détente.
Claude
Agustín
Gómez-Arcos est
un écrivain libertaire espagnol, d'expression espagnole et
française. .
Il
est l'auteur de huit romans écrits en français, parmi lesquels le
sublissime "L'Agneau carnivore", son premier roman,
couronné en 1975 par le prix Hermès, et "Ana non" qui
obtint le prix du livre Inter (1977) le prix Thyde-Monnier "Société
des gens de lettres".
« Ana
Non »
A
soixante quinze ans Ana Non ferme la porte derrière elle pour
entreprendre un fabuleux voyage : elle va ,en marchant, aller
embrasser son fils en prison ; voyage vers le nord de l'Espagne,
voyage d'amour et de mort, d'initiation et de connaissance. Elle
serre sur son cœur une offrande pour
son fils, le petit :
un pain aux amandes, huilé, anisé, fortement sucré- on dirait un
gâteau, dit-elle.
Elle
marche vers la prison où est enfermé, depuis 30 ans, son dernier
fils. le petit… Il doit avoir cinquante ans. La guerre le lui a
pris vivant celui-là, comme elle a pris, et tué, ses trois autres
hommes, son mari et ses deux fils aînés.
On
suit Ana non tout au long de sa traversée de l’Espagne, suivant
les rails du chemin de fer.
Parfois
une chienne galeuse, un aveugle qui chante l'égalité, un cirque
pouilleux partagent sa route. Parfois elle croise aussi les fêtes
barbares de ceux qui ont gagné la guerre- aye, cette terrible guerre
civile espagnole. Fête ostentatoire de la charité, où les riches
s'offrent le luxe d'honorer un jour, un jour seulement, les
misérables qu'ils chassent tous les jours de leurs églises
pavoisées.
La
guerre civile est omniprésente dans ce roman à l’écriture sobre
et émouvante.
Anne
« L’INGENIEUX
DON QUICHOTTE DE LA MANCHE »
Cervantès
Parution
de la première partie en janvier 1605
Parution
de la deuxième partie en 1615, un an avant le décès de Cervantès.
La
première partie a été un « best-seller » et a été
édité 6 fois dès la première année, a été très vite traduit
dans plusieurs langues européennes, dont le français.
Un
« usurpateur » a écrit une seconde partie apocryphe qui
est parue en 1614 ; Cervantès, au lieu de faire un procès, en
joue :
Les
personnages principaux sont :
Don
Quichotte de la Manche (de son vrai nom Alonso Quijano), grand
lecteur de romans de chevalerie, qui décide de devenir chevalier
errant
Son
écuyer Sancho Panza, paysan illettré à qui Don Quichotte promet
un poste de gouverneur d’une île
Teresa,
la femme de Sancho Panza
Dulcinée
du Toboso (de son vrai nom Aldonza Lorenzo) qui est la dame des
pensées de Don Quichotte
Le
curé du village
Le
barbier du village
Le
duc et la duchesse (personnages de la deuxième partie)
Le
bachelier Samson Carrasco (personnage de la deuxième partie)

C’est
un livre « patchwork » ; on y trouve les récits des
aventures diverses de don Quichotte et Sancho, des histoires d’amour,
des récits faits par des personnages rencontrés par les deux héros
(il y en a un à la fin de la première partie qui raconte sa vie qui
ressemble à celle de l’auteur : participation à la bataille
de Lepante, captivité à Alger), du comique de situation, des
dialogues humoristiques ou sérieux entre Don Quichotte et son écuyer
(au début, Sancho est naïf, roublard, peureux et glouton, mais il
évolue et devient capable d’employer un langage soutenu et de
discuter avec son maître, tout en employant force proverbes, ce qui
agace Don Quichotte, mais lui-même finit par citer des proverbes !).
Il y a des passages plus intellectuels (remarques sur la littérature,
le théâtre, la bonne façon de gouverner), un manifeste
« féministe » et une charge humoristique contre le
racisme et l’esclavage.
Comme
nous, les personnes rencontrées par Don Quichotte ne savent pas s’il
est fou ou très intelligent.
Constance
Les prochaines rencontres seront à partir de Septembre 2022
Les dates seront communiquées ultérieurement
Les thèmes choisis :
- Virginia Woolf
- les trains