Le TRAIN
AMERICAN
DIRT Jeannine Cummins
(Paru
en 2020)
Fuite
vers les USA de Lydia, libraire à Acapulco, et de son fils de 10 ans
après avoir vu son mari et le reste de sa famille massacrés par un
puissant cartel de la drogue.
Ils
emprunteront la fameuse BESTIA, chemin de fer de marchandises, qui
traverse le Mexique jusqu'à la frontière. Ce sont des milliers de
migrants du centre de l'Amérique qui s'en servent pour atteindre eux
aussi le nord, avec les énormes difficultés pour voyager dans
telles conditions aléatoires : voyages sur les toits des wagons
si on a la chance de pouvoir y grimper au vol et s'y maintenir....
Poursuite de la police aux arrêts, etc... L'auteure décrit avec
beaucoup d'empathie tout ce milieu de migrants dont une poignée
pourra se retrouver sur le sol américain. Lors de la fuite de notre
héroïne, que de rencontres, d'amitiés, de trahisons.... Des
moments trépidants, d'autres émouvants, de la violence, de la
poésie. Passionnant même si de rare fois c'est un peu longuet, on
ne le lâche pas avant de savoir si Lydia réussira à passer la
frontière. Que de rebondissements jusqu'aux dernières pages !
N'hésitez à l'emprunter, il est à la biblio.
Claude
« Railway
Bazaar » Paul Théroux
Vous
pensez que les voyages en train sont longs, monotones et ennuyeux ?
Que
nenni !
Pour
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Theroux, un auteur américain né en 1941.
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Bazaar » vous emporté vers l’extrême orient à bord de
tortillards et de trains aseptisés.
Et
d’autres récits à découvrir.
Bon
voyage.
Annette
« Train
de nuit pour Lisbonne » par Pascal Mercier
A
Berne, le professeur de lettres classiques, Raimond Gregorius mène
une vie tranquille.
Mais
un matin, en se rendant à son lycée il croise une femme portugaise
désespérée sur un pont. Dans la même journée, dans une
librairie, il tombe en arrêt devant un livre écrit par un poète
portugais. Ces deux rencontres le bouleversent et le soir même, il
prend un trait de nuit pour Lisbonne. Il décide de mener une enquête
auprès de ses proches pour découvrir qui est vraiment Amadeus de
Prado, médecin, écrivain et résistant au régime de Salazar.
Christine
« 06H41 »
Jean-Philippe Blondel
Troyes,
Cécile, contrairement à ses habitudes prend le train du lundi matin
alors que Philippe prend le même train. Le hasard les assoit l’un
à côté de l’autre. Ils furent amant dans leur jeune temps. Se
reconnaissent-ils ? en tous cas ils font « comme si non ».
Mais chacun va revivre cette époque avec les douleurs, les regrets,
les colères. On assiste à 2 monologues intérieurs.
Une
parenthèse, à la fois trop longue et trop brève. Un homme honteux,
Une femme blessée.
Anne
« L’ile
des oubliés » Victoria Hislop
Née
le 8/6/59 à Browley - AngleterreElle est
une écrivaine, journaliste, romancière : 7 oeuvres à son actif. A
pris également la nationalité grecque en 2020. Lors d'un voyage
en Grèce, elle rencontre un ancien lépreux, Manoli ; c'est lui qui
va lui inspirer son récit.
L'île
des oubliés. paru en
2005 ; obtient le prix de la révélation littéraire en Grande
Bretagne. Traduit en 35 langues ; 6 millions d'exemplaires vendus
dans le monde ; adapté à la télévision grecque en une série de
26 épisodes ; version en bande dessinée.
L'île
des oubliés se nomme SPINALONGA. Elle est située en face de
PLAKA, un petit village de Crète.
Spinalonga
recueillit de 1903 à 1957 une colonie de lépreux ; les bateliers
qui accostaient sur l'îlot voyaient tout d'abord une forteresse
vénitienne du XVIIIe siècle aux murs incurvés, puis un tunnel
débouchait sur le village lui-même où demeuraient les lépreux.
C'est
l'histoire d'une famille grecque racontée par l'arrière petite
fille qui va se rendre en Crète, dans un premier temps en voyage
d'amoureux, mais qui voudra découvrir le passé de toute sa famille
car sa mère n'a jamais voulu aborder la question avec elle.
Finalement, elle va rencontrer une ancienne amie de sa mère et c'est
elle qui lui livrera tous les secrets enfouis de longue date.
Très
émouvante succession d'évènements pendant lesquels les personnages
sont confrontés à la maladie, la contagion et la mort, la jalousie,
l'amour, le dévouement, l'amitié, la honte, la morale mais aussi la
vulgarité.
Magnifique
plaidoyer contre l'exclusion.
Cécile
« Paris-Briançon »
Philippe Besson
(Ecrivain - Scénariste - Dramaturge)
Né
en 1967 à Barbezieux Saint Hilaire dans les Charentes
Autres
professions : DRH en entreprise - Critique littéraire - Animateur de
télévision
Nombreuses
distinctions et nominations
Œuvres
principales :
-
En l'absence des hommes (évoque les combattants de la guerre de
14/18 et Marcel Proust). Il obtient le prix Emmanuel-Roblès pour ce
livre
-
Arrête avec tes mensonges
-
Un certain Paul Darrigrand – Autobiographies - - Dîner à Montréal
Poitique
: A soutenu Ségolène Royal en 2007 - Admirateur de E. Macron à ses
débuts, le trouve trop à droite.
Paris
Briançon :
Epigraphe
: Titre d'une chanson d'Alain Bashung "La nuit je mens" (Un
homme s'invente une légende pour retenir un amour qui s'en va.)
L'action
se déroule dans un train de nuit. L'écriture est cinématographique
; elle nous donne l'impression d'être dans ce train.
Le
prologue décrit Paris au printemps et le quai de la gare
d'Austerlitz envahi par les voyageurs. L'auteur annonce d'emblée que
certains voyageurs ne survivront pas à ce déplacement.
Vient
ensuite la description des wagons anciens modèles.
Focus
est mis sur une dizaine de voyageurs ; ils vont tisser des liens et
peu à peu échanger leurs secrets les plus intimes. Puis se produit
le terrible évènement annoncé au cours du récit qui bouleversera
la vie des dix personnages et des autres voyageurs.
Cécile
A
PROPOS DE VIRGINIA WOOLF
Née
Adeline Virginia Alexandra Stephen le 25 janvier 1882 à Londres,
décédée
le 28 mars 1841 (59 ans) à Rodmell par suicide (Noyade dans l'Ouse)
Ses
parents, Julia et Leslie Stephen, ont déjà été mariés ; elle
passe son enfance dans une famille recomposée de 7 frères et
soeurs.
A
la mort de sa mère en 1897 et de l'une de ses demi soeurs deux ans
plus tard, elle fait sa première dépression ; lorsque son père
décède en 1904 elle subit un bref internement.
Elle
se marie avec Léonard Woolf en 1912 pour qui elle n'a pas
d'attirance physique ; ils formeront un couple uni malgré ce manque
d'attraction.
Elle
devient l'élément central du ''Bloomsbury Group" qui réunit
des écrivains, artistes, et philosophes anglais.
Avec
son mari, en 1917, ils créent une maison d'édition "Hogarth
Press" qui publie la plupart des oeuvres de Virginia.
Sa
vie amoureuse est orientée vers le sexe féminin ; Christine Orban
l'a très
bien décrit dans son roman : "Virginia et Vita".
Dans
ce livre Christine Orban nous fait vivre la passion tourmentée,
jalouse mais aussi complice de Virginia et Victoria Sackville West ;
elle relate également leurs comportements vis-à-vis de leur mari,
leur condition sociale très différente. De cet amour naîtra, de
la part de Virginia, le personnage d' "Orlando".
Christine
Orban : née
le 3/10/1957 à Casablanca est une écrivaine, critique littéraire,
et dramaturge, Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres ; a écrit
une trentaine de livres.
Victoria
Sackville West :
9/03/1892 - 2/06/1962 à Knole (Nord Ouest du Kent), essayiste,
biographe, traductrice, jardinière. Vie exubérante aristocratique.
Outre Virginia, Victoria aura d'autres liaisons dont Violet
Keppel dite Trefusis
également écrivaine et dont la mère est courtisée par Edouard VII
d'Angleterre.
Cécile
À
propos d’ »American dirt », Dominique apporte sa contribution,
via l’atelier lecture :
https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/09/13/american-dirt-le-roman-polemique-de-jeanine-cummins_6051989_3260.html
« American
Dirt », le roman polémique de Jeanine Cummins
Histoire
d’un livre. Une Mexicaine et son fils fuient la mort qui leur est
promise par les cartels. Écrit par une Américaine, ce roman n’est
pas passé inaperçu en plein débat sur l’appropriation
culturelle.
Par Ariane
Singer(Collaboratrice du « Monde des livres »)
Publié
le 13 septembre 2020
« American
Dirt », de Jeanine Cummins, traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Françoise Adelstain et Christine Auché, Philippe Rey, 544 p.,
23 €, numérique 15 €.
Jamais
Jeanine Cummins n’aurait pu imaginer la tempête qui allait
accompagner la parution, en janvier, de son roman American
Dirt aux
Etats-Unis. « J’étais
une autrice de second rang et je n’avais jamais reçu auparavant
une grosse somme d’argent pour un livre. Mes trois premiers
ouvrages avaient eu un succès modeste. Je pensais que ce roman
serait accueilli de la même façon », raconte
au « Monde
des livres » la romancière, en visioconférence depuis son
domicile de l’État de New York. Comme elle se trompait !
American
Dirt, qui
relate la fuite vers les États-Unis d’une libraire mexicaine,
Lydia, et de son fils Luca, à bord d’un train de marchandises, aux
côtés de centaines d’autres migrants centre-américains cherchant
à échapper à la violence des cartels de la drogue et à la misère,
a suscité l’appétit de neuf maisons d’édition. Au terme des
enchères, l’autrice a signé un contrat « à
sept chiffres » (d’après
le New
York Times)
avec Flatiron Books. Son livre s’est écoulé à 1 million
d’exemplaires en vingt-deux semaines, et a été encensé par
Stephen King comme par Don Winslow, qui a vu en lui « Les
Raisins de la colère de
notre époque ».
La
question de l’immigration latino
Mais
à ce concert de louanges a succédé une avalanche de critiques
assassines. Conspué dès sa sortie, en majorité par des auteurs et
critiques d’origine latino-américaine, American
Dirt a
été accusé de simplifier à outrance la question de l’immigration
latino, et de donner une vision caricaturale du Mexique, présenté
comme un pays uniformément violent et corrompu, dirigé par les
seuls cartels de drogue : un « fantasme
trumpien », a
ainsi fustigé l’écrivaine américano-mexicaine Myriam Gurba, qui
a ouvert le bal des reproches.
Mais
le tort de Jeanine Cummins, aux yeux de ses pourfendeurs, est sans
doute ailleurs : elle se dit « blanche ». C’est
ainsi qu’elle s’est présentée en 2015 dans une
tribune du New
York Times, et
dans la note d’intention insérée à la fin du livre – à la
requête de son éditeur. Elle s’y demande s’« il
n’eût [pas] été
préférable qu’une personne au teint légèrement plus brun que
le [s]ien » s’attaque
à un sujet aussi sensible que la crise migratoire aux États-Unis.
Dans un pays où le débat sur l’appropriation
culturelle n’a
jamais été aussi virulent, cette étiquette n’est pas passée.
Pas plus que la phrase, dans ces mêmes pages, où la romancière
déplore la façon dont les migrants latinos sont vus aux États-Unis : « Au
pire, nous les tenons pour (…) une
masse brunâtre et anonyme de gens pauvres et
impuissants », écrit-elle,
reconnaissant aujourd’hui à quel point ces lignes étaient
maladroites.
Lire
aussi (février 2020) : Article réservé à nos abonnés
Guerre
identitaire dans la littérature américaine
Piqués,
près de 140 écrivains, dont la romancière mexicaine Valeria
Luiselli et l’essayiste féministe Rebecca Solnit, ont adressé fin
janvier une pétition à la célèbre animatrice de télévision
Oprah Winfrey pour qu’elle renonce à recevoir la romancière dans
son « Book Club », diffusé sur Apple TV +. L’émission,
transformée en débat sur le manque de représentativité des
minorités hispaniques dans le monde littéraire aux États-Unis a
bien eu lieu ; mais la grande tournée prévue autour du roman
dans 40 villes américaines a dû être annulée, pour raisons
de « sécurité ».
L’autrice
revendique ses « origines métissées »
L’ironie
de l’histoire tient à ce que Jeanine Cummins, née en 1975 en
Espagne, où son père, militaire, était posté, est elle-même en
partie latino-américaine : fille et petite-fille de
Portoricains, elle revendique ses « origines
métissées ». « Je suis portoricaine, blanche,
américaine, irlandaise », décline-t-elle,
tout en affirmant qu’elle n’aurait « jamais
imaginé devoir aborder publiquement cette question. Ça ne regarde
personne ». C’est
précisément ce mélange et l’histoire de sa famille comme celle
de son mari (un Irlandais resté longtemps sans papiers aux États-Unis) qui l’ont rendue sensible au sort réservé aux
migrants.
Lire
aussi Seth
Greenland : « Aujourd’hui, l’art aux États-Unis doit
servir un but moral ou didactique »
Pour
rédiger ce livre, auquel elle a consacré cinq ans de travail,
Jeanine Cummins a interrogé de nombreux migrants, avocats,
universitaires et responsables d’organisations caritatives et
humanitaires. Elle s’est rendue deux fois à la frontière
mexicaine. A écrit deux premières versions racontant l’histoire
d’un petit garçon, Luca, émigré aux États-Unis. « Mais
ça ne marchait pas. Tous les amis à qui j’ai fait lire le
manuscrit voulaient en savoir plus sur Luca. J’ai donc dû
affronter ma propre lâcheté. » C’est-à-dire
remonter à la source et suivre de bout en bout l’itinéraire de
migrants mexicains depuis leur pays.
S’il
s’agit d’un roman destiné à éveiller les consciences, American
Dirt est
surtout un livre de deuil, très personnel, pour la romancière,
dicté par la mort brutale de son père, en 2016, d’un
infarctus. « J’ai
passé des mois assise sur mon canapé. Quand j’ai commencé à
émerger de la partie la plus profonde du deuil, j’ai senti que je
pouvais m’en sortir par l’écriture. J’ai écrit d’une traite
le premier chapitre. Je savais que je tenais mon livre. Celui dont
mon père aurait été fier. Puis je suis partie m’isoler huit
jours dans le désert d’Arizona. Là, j’ai écrit la moitié du
roman. »
Il
lui a fallu encore huit mois pour l’achever. Face à la violence
des réactions qu’a suscitées son livre, Jeanine Cummins hésite à
reprendre la plume dans l’immédiat. Elle craint, dit-elle, de
devoir s’autocensurer. « Les
voix latinos ont été depuis longtemps sous-représentées et
sous-estimées aux États-Unis. Mais il m’est douloureux que mon
livre agisse comme du sel sur leur blessure. »
Critique
Le
voyage de tous les dangers
Libraire
à Acapulco, Lydia doit quitter précipitamment la ville après
l’assassinat de seize personnes de sa famille, dont son mari,
journaliste, et sa mère, par un redoutable cartel de la drogue.
Unique rescapée du massacre avec son fils Luca, elle décide de fuir
vers les États-Unis en s’embarquant clandestinement à bord d’un
train de marchandises, le sinistre Bestia, aux côtés de centaines
d’autres migrants latino-américains. Après un chapitre liminaire
époustouflant de violence et de maîtrise, dans sa description de la
scène du crime initial, Jeanine Cummins déroule une épopée
poignante entre le Mexique et la frontière vers la terre promise, où
Lydia espère trouver la paix et la sécurité.
Richement
documenté, American
Dirt plonge
au cœur d’un voyage de tous les dangers, pour rendre compte de la
détermination des exilés qui n’ont plus rien à perdre. D’une
écriture fiévreuse mais qui ne tremble pas devant l’horreur de
certaines histoires individuelles, Jeanine Cummins décrit
précisément les risques encourus par les infortunés voyageurs,
comme les mécanismes de solidarité qui se mettent en place,
notamment entre les femmes, les plus vulnérables du périple. La
romancière, autrice d’un précédent récit sur le viol et le
meurtre de ses deux cousines (A
Rip in Heaven, « Une
déchirure au Paradis », non traduit), déploie ce qu’il faut
de pudeur et de colère pour brosser le portrait en creux d’une
Amérique qui refuse de regarder en face la détresse de ses voisins.
Prochaines rencontres :
Lundi 21 Novembre : chacun présente le livre de son choix
Lundi 19 Décembre : Les auteurs du XXI° siècle
Toujours à la maison de quartier du Petit Pantin
210 av. Jean Lolive