Les auteurs polonais
Les livres présentés :
Christine :
Isaac BASHEVI SINGER
Naftali le conteur et son chevalPrix Nobel de littérature en 1978, Issac B. Singer évoque ici la communauté juive de Pologne à la veille de l'holocauste. Dernier adieu nostalgique à son enfance, illuminée par la présence radieuse de la petite Shosha et menacée déjà des premiers feux de l'apocalypse.
"Soudain, j'eus le sentiment que je voyais tout cela pour la dernière fois. J'essayais de graver dans ma mémoire chaque ruelle, chaque maison, chaque magasin, chaque visage. Je me disais que c'était sans doute ainsi qu'un condamné en route vers l'échafaud regarderait le monde. Je prenais congé de chaque colporteur de chaque portier, de chaque marchand ambulant -même des chevaux des droshkys, dont les grands yeux à la pupille noire semblaient exprimer un mélange d'angoisse et d'acceptation, comme s'ils savaient qu'ils en étaient à leur dernier voyage."
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Varsovie, 1939. Pour la communauté juive de Pologne, le temps des dernières illusions est passé. Le drame qui se prépare va tout emporter, tout détruire. Le jeune Arele Greidinger - qui ressemble comme un frère à Isaac Bashevis Singer à vingt-cinq ans - fait comme tout le monde : il vit " comme si ". Comme si le succès était quelque chose d'important, comme si on pouvait encore tomber amoureux, comme si demain existait... Arele a publié un livre que tout le monde lit à Varsovie. Alors qu'il travaille sur une pièce, sa principale actrice, Betty, qui est américaine, lui propose de l'épouser. Mais Arele a retrouvé Shosha, une petite amie d'enfance qu'il n'avait jamais réussi à oublier. Enfantine, fragile - arriérée, disent certains - Shosha va incarner toute la pureté, la fraîcheur, l'innocence dont il rêvait sous ses allures de jeune Don Juan blasé. On retrouve dans ce roman l'univers familier d'Isaac Bashevis Singer ; peuplé de rabbis miraculeux, de sages et de fous, de savants talmudistes et de jeunes révolutionnaires, il est comme " illuminé de l'intérie
eur ", transfiguré par la présence de la petite Shosha
Christiane./ Olga TOKARCZUC "Les Pérégrins"
Les Pérégrins, sans doute le meilleur livre d’Olga Tokarczuk, n’est pas un « livre de voyage », mais un livre sur le phénomène du voyage. Pour les Bieguny (c’est-à-dire marcheurs ou pérégrins), une secte de l’ancienne Russie, le fait de rester au même endroit rendait l’homme plus vulnérable aux attaques du Mal, tandis qu’un déplacement incessant le mettait sur la voie du Salut. S’ils sont des hommes et des femmes de notre temps, les personnages du livre d’Olga Tokarczuk ont peut-être une motivation similaire. Mais davantage que le Salut, ils semblent poursuivre l’idée qu’ils se font de leur liberté. En une myriade de textes courts, l’auteur compose ici un panorama coloré du nomadisme moderne. À travers les livres et à travers le monde d’aujourd’hui, dans les lieux et les non-lieux de ses voyages, Olga Tokarczuk a ressemblé des histoires, des images et des situations qui nous éclairent sur un monde à la fois connu et absolument mystérieux, mouvant réseau de flux et de correspondances… Une femme qui s’occupe d’un enfant handicapé décide un jour de ne pas rentrer à la maison ; une mère prend son enfant et quitte son mari au cours de vacances en Croatie ; le cœur de Chopin, placé à sa mort dans une jarre de cognac, est transporté jusqu’en Pologne par sa sœur Ludwika ; Anouchka, qui a une famille et une vie sociale, décide soudain d’aller vivre dans le métro de Moscou… Une multiplicité de réflexions, de micro-récits et de choses vues, sur les zones de transit, les hôtels, le hasard des rencontres, le tourisme exotique et la baraques à souvenirs. Avec sa foi dans l’intelligence du lecteur, Olga Tokarczuk ouvre pour nous mille et une pistes d’étonnement et de découvertes.
Wieslaw MYSLIWSKI
"L'art d'écosser les haricots"
Le vieux gardien d'un village de vacances reçoit la visite impromptue d'un inconnu qui souhaite lui acheter des haricots. Pendant qu'ils les écossent ensemble, le maître des lieux déroule, dans une improvisation savante, le fil de sa vie.
Simple ouvrier croupissant dans la grisaille de la campagne polonaise, il a découvert un jour, grâce à la musique, qu'un ailleurs existe et son destin s'en est trouvé bouleversé. Au fil d'un récit lui-même porté par une grande musicalité, le narrateur révèle les événements et les personnes qui, au cours du XXe siècle, l'ont façonné. Malgré les tragédies et les impasses historiques dont il fut le témoin, le vieil homme a su parvenir à une délicate lucidité face au monde.
Ce roman philosophique atypique raconte avec humour et émotion rien de moins qu'un demi-siècle d'histoire polonaise et européenne.
Cécile :
"Sur les ossements des morts" Olga TOKARCZUC
Janina Doucheyko vit seule dans un petit hameau au cœur des Sudètes. Ingénieur à la retraite, elle se passionne pour la nature, l'astrologie et l'œuvre de William Blake. Un matin, elle retrouve un de ses voisins mort dans sa cuisine, étouffé par un petit os. C'est le début d'une longue série de crimes mystérieux sur les lieux desquels on retrouve des traces animales. La police enquête. Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s'efforce d'exposer sa théorie sur la question, tout le monde la prend pour une folle... Car comment imaginer qu'il puisse s'agir d'une vengeance des animaux ?
Hélène : "Mon témoignage devant le monde" Hélène : "Mon témoignage devant le monde"
Jan KARSKI
Mon témoignage devant le monde, publié pour la première fois en France en 1948 et introuvable aujourd'hui, est l'œuvre magistrale d'un des grands témoins du siècle, Jan Karski (1914-2000). Ce résistant polonais fut le premier à témoigner de l'extermination des Juifs dans les territoires polonais occupés par les nazis. Mobilisé en septembre 1939, le catholique Karski est fait prisonnier par les Soviétiques, puis remis aux mains des Allemands. En novembre 1939, il réussit à s'évader, arrive à Varsovie et rejoint la Résistance. Dès 1940, il passe en France, pour porter des microfilms au gouvernement polonais en exil à Angers. A son deuxième passage, il se fait arrêter en Slovaquie et torturer par la Gestapo. Il essaie de se suicider mais finit par s'évader de l'hôpital militaire où il est détenu. Puis il se remet au service de la Résistance, structurée en un véritable Etat secret, avec son gouvernement, son parlement et son armée. A l'été 1942, il pénètre clandestinement dans le ghetto de Varsovie puis dans le camp de concentration d'Izbica Lubelska en se faisant passer pour un garde ukrainien. C'est habité de ces effroyables visions que le messager Jan Karski quitte définitivement Varsovie en octobre 1942, traverse l'Europe en guerre, porteur d'un message trop lourd pour un homme seul : le peuple juif est en train de disparaître, exterminé par les nazis. A Londres et Washington, Karski plaide auprès d'Eden et de Roosevelt en faveur d'une action destinée à arrêter la Shoah. Mais devant son récit, la plupart de ses interlocuteurs ont une réaction comparable à celle de Felix Frankfurter, juge de la Cour suprême des Etats-Unis, lui-même juif : " Jeune homme, je ne vous dis pas que vous êtes un menteur, mais je ne vous crois pas. "
Anne : "Sanatorium" Barbara KLIKA
Barbara
Klicka est une représentante de la nouvelle génération d’auteurs polonais nés
avant la chute du mur de Berlin mais ayant commencé à écrire peu après. D’abord
reconnue comme poète (elle a publié plusieurs recueils et notamment remporté
les prix littéraires Gdynia et Silesius), elle est désormais une romancière
reconnue depuis la publication de Sanatorium, qui a connu un grand succès
critique et public. Elle écrit également pour le théâtre et l’une de ses pièces
a été montée en 2017 par Piotr Cieplak au Théâtre National de Varsovie. Elle
construit une œuvre originale qui interroge la frontière entre l’intime et le
public tout en questionnant le désir et la notion de norme.
Son écriture pleine d’un humour mordant et d’une ironie subtile en font l’une
des représentantes les plus douées et singulières de la nouvelle génération
d’auteurs polonais.
Sanatorium
Kama, malade
depuis l'enfance, a passé de longues dans un sanatorium. A 33 ans, elle y
retourne pour « toute la saison », envoyée par une commission de la sécurité
sociale polonaise. Séjour obligatoire. Elle y arrive avec sa lourde valise et
va être reléguée dans une chambre à 3 où son lit est sous la télé comme une
intruse pour les 2 autres occupantes.
Quelques
portraits des curistes
Une
atmosphère étrange
Un ton bien
souvent humoristique
Pas vraiment
d’histoire, plutôt des impressions, des atmosphères
Prochaines rencontres :
Lundi 9 Février : Les autrices francophones
Lundi 9 Mars / Les romans graphiques